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Centre national d’entraînement : des résultats sans équivoque après 10 ans

07 Août 2017
written by: Emna Achour
written by: Emna Achour

Il y a 10 ans, André Boisclair était le chef du Parti québécois, les trois stations du métro de Laval étaient inaugurées et l’iPhone entrait dans nos vies.

Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis, mais c’est aussi il y a 10 ans, en septembre 2007, que s’ouvrait le Centre national d’entraînement (CNE) de Tennis Canada au STADE IGA, une initiative qui continue de multiplier les répercussions positives aujourd’hui.

Sous l’égide de l’entraîneur de renommée mondiale Louis Borfiga, qui avait plus de 20 ans d’expérience au sein de la Fédération française de tennis, des joueurs de partout au Canada se sont succédé depuis une décennie, certains sortant un peu plus du lot.

On pense tout de suite à Milos Raonic, 10e raquette au monde, qui a joint les rangs du CNE à ses débuts et qui a été l’un des premiers « produits » de cette nouvelle expérience.

« Ce qui m’attirait le plus, c’était que les dirigeants de Tennis Canada avaient réussi à attirer des experts qui arrivaient de l’extérieur du Canada », a évoqué Raonic, lundi, lors d’une conférence de presse qui soulignait le 10e anniversaire du CNE. « C’est dommage à dire, mais le calibre du tennis au pays à l’époque était extrêmement loin de ce qu’il est aujourd’hui. Michael [Downey, chef de la direction de l’organisation] est allé chercher des gens comme Louis pour remplir ce vide qu’il y avait au sein du tennis canadien. »

En parlant de vide, Raonic faisait référence au fait que le Canada comptait de très bons joueurs de partout au pays, mais qu’ils ne s’étaient jamais retrouvés au même endroit en dehors des compétitions nationales. Borfiga en a fait un de ses objectifs principaux à son arrivée au CNE.

« Je voulais absolument réunir au même endroit les meilleurs jeunes du pays. Une compétition saine est toujours importante, a-t-il déclaré. Ensuite, il fallait recruter de bons entraîneurs, et que ceux-ci puissent suivre les joueurs en voyage. Au-delà de tout ça, il y avait un accord entre les dirigeants de Tennis Canada et moi ; on voulait surtout mettre l’accent sur l’éducation. Quand j’étais en France, notre mission c’était toujours de former des hommes, des femmes, des champions quelques fois. Ce qui se passe à côté du tennis est presque plus important que le reste. Les études, l’encadrement, les familles d’accueil aident à donner l’élan qui mène à des résultats. C’est un travail collectif. »

En plus de Raonic, on compte notamment Eugenie Bouchard, Françoise Abanda, Bianca Andreescu, Vasek Pospisil et Félix Auger-Aliassime parmi les joueurs ayant connu du succès à la suite de leur passage au CNE. Auger-Aliassime, l’athlète de 16 ans qui était autrefois dirigé par son père, admet qu’il ne serait probablement pas où il est aujourd’hui sans le CNE. Et il n’aurait probablement pas adhéré au CNE si les Raonic, Pospisil et Bouchard de ce monde ne l’avaient pas fait avant lui.

« J’avais une détermination et des ambitions à l’intérieur de moi qui faisaient que je n’ai pas eu besoin de beaucoup de modèles pour savoir que c’était possible, mais je pense que ce qu’ont fait Milos, Vasek et Eugenie a aidé beaucoup de jeunes à y croire, a-t-il dit. Je pense que la différence, c’est qu’il y a maintenant beaucoup plus de jeunes qui se disent “pourquoi pas”. Quand je commençais, à mon club à Québec, quand je disais aux autres jeunes que je voulais devenir un joueur professionnel de tennis, ils me disaient que ça ne serait sûrement pas possible. Mais je leur répondais qu’il y avait de plus en plus de joueurs [canadiens] qui le faisaient, alors pourquoi pas moi. »

« Nous avons démontré que ce format fonctionnait et ça rend la tâche un peu moins ardue pour les nouveaux, a ajouté Raonic. Quand tu vois que d’autres l’ont fait avant toi, tu adhères au projet plus facilement. »

Borfiga et Martin Laurendeau, entraîneur au CNE et ancien joueur professionnel, ont avoué se faire sans cesse lancer des fleurs par leurs homologues des autres pays pour la qualité du tennis au Canada.

« Plusieurs entraîneurs viennent me voir depuis quelques jours et reconnaissent notre présence sur la scène internationale, a mentionné Laurendeau. Je continue à croire que nous avons le meilleur programme junior au monde et les résultats le prouvent. Quand on jette un coup d’œil à notre évolution au cours des huit ou 10 dernières années, notre prorata de succès est incroyable. C’est ça qui est reconnu. Tout le monde sait que nous ne sommes pas les Américains ou la France, que nous n’avons pas 20 000 joueurs juniors qui tentent d’atteindre les rangs professionnels. Nous n’en avons que quelques-uns, et les quelques-uns qui s’y mettent y parviennent. »

Avec cinq joueurs canadiens au tableau principal à la Coupe Rogers 2017, ce serait un euphémisme de dire que le tennis se porte bien au pays et que le futur est prometteur. Borfiga a tout de même tenu à le souligner de nouveau et a fait part de ses souhaits les plus chers pour les années à venir.

« Quand on pense que maintenant on peut jouer au tennis plus longtemps qu’avant, ça veut dire que les Milos, Vasek et autres ont encore de belles années devant eux, a-t-il évoqué. Et pour la nouvelle génération avec Félix, Denis [Shapovalov], Bianca — il y en a tellement que j’en oublie ! – ça peut faire quelque chose d’incroyable en quatre ou cinq ans. Le rêve, ce serait d’avoir une finale de Grand Chelem avec deux Canadiens ou deux Canadiennes. Mon rêve ultime, c’est vraiment qu’un Canadien gagne un Grand Chelem. »