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Coupe Davis : Martin Laurendeau… ou l’art de (très bien) passer le flambeau

01 Fév 2018
written by: Mario Brisebois
written by: Mario Brisebois

Frank (Dancevic) aurait-il dû se nommer joueur-capitaine en cas de blessure d’un de ses joueurs ? Devrait-on utiliser Vasek (Pospisil) pour le double et un cinquième et ultime match en simple si nécessaire ? Que faire afin de ramener Milos dans le giron ?

À ces questions et à bien d’autres en prévision de l’affrontement du Canada en Croatie à la Coupe Davis, de vendredi à dimanche, ne vous fiez pas cette fois à Martin Laurendeau pour des réponses, quoiqu’il les possède toutes avec des explications en tout temps bien réfléchies et articulées.

« Comme tous les amateurs de tennis, je vais dorénavant regarder la Coupe avec ma bière et mon popcorn », me dit Martin en esquissant le large sourire lors d’un récent entretien dans le Vieux-Montréal.

Photo : Kyle Clapham

Détrompez-vous, Martin ne boude aucunement. Il est beaucoup trop gentilhomme pour s’abaisser de la sorte.

C’est plutôt qu’après 34 années de participation à ces rencontres internationales, ce qui lui vaudrait une médaille d’honneur, il cède sa place à tous les égards.

Pas question de jouer les belles-mères comme on les appelle en politique.

Parce qu’il faut faire des choix et dans son cas c’est Denis Shapovalov qui prend tout son temps et plus encore ayant amené le « kid » du 250e au 48e rang mondial en un an, Martin a dû démissionner de ses fonctions, ce qui a entraîné la nomination de Frank Dancevic, qui fera son baptême contre la Croatie, cinquième meilleure nation.

« Il faut comprendre son rôle et dans mon cas, c’est de laisser tout l’espace à Frank et les amis en place », de déclarer sagement Martin, qui demeure à l’emploi de Tennis Canada malgré la réorientation de ses fonctions.

LA TROUILLE D’EDMONTON ET LE NOUNOURS DE FRED

Personne n’a eu la Coupe Davis autant tatouée sur le cœur que Martin Laurendeau. On peut se fier au directeur canadien Jack Graham pour que la Fédération internationale l’honore éventuellement.

Assis récemment dans un café, Martin est revenu sur ses années avec l’équipe canadienne.

Un moment très fort a été cette demi-finale en 2013 contre la Serbie et son joueur étoile Djoko au sommet de sa gloire. Mais il en a vécu d’autres, plus stressants.

Photo : Kyle Clapham

« Je peux vous dire que l’affrontement contre l’Inde à Edmonton l’automne dernier n’a pas été commode. La pression était immense. Vasek était blessé au dos. Merci à Daniel (Nestor) qui a joué un de ses matchs les plus inspirés et à Vasek qui gagné. Sinon… », soupire-t-il.

Une défaite aurait signifié un retour aux compétitions de zone.

Parle, parle jase, jase, Matin nous ramène aussi à la Coupe de 2004, au Mexique. Dans l’alignement, il y avait Simon Larose et Frédéric Niemeyer. Sylvain Bruneau était entraineur avant ses années à la Fed Cup.

« La pression est considérable. Fred est poussé à la cinquième manche et il est un peu en fusil, car il s’est fait remonter après avoir pris l’avance 2-0. Il prend une fixation sur la mascotte des Mexicains qui faisait tout pour le déconcentrer. Cet &$#@&b de nounours là, il m’énerve, répète-t-il, tellement qu’à un moment donné, je dois brasser Fred en le prenant par les deux épaules pour lui faire comprendre : “Écoute-moi bien-là, mon homme, un, la mascotte, n’est pas un ours, mais un gorille et deux, tu retournes sur le terrain dès maintenant pour gagner, mais pas pour chialer”, se remémore Martin absolument crampé en rappelant l’anecdote.

PAS QUESTION DE S’IMPOSER….

Durant la conversation, Martin Laurendeau fouille dans son parka. Il sort son cellulaire et l’appareil déborde de messages. Un de ceux-ci provient d’Arash Madani.

Monsieur tennis chez Sportsnet, qui est aussi un ancien de l’Université Bishop à Sherbrooke, veut des infos sur la Coupe Davis. Il n’en aura pas.

Cet entretien que vous lisez sera le seul.

“Arash est un vrai professionnel (de l’information). Il est aussi un ami avec qui je vais communiquer, c’est sûr. Mais les entrevues, ce sera non merci cette fois. Que l’on me comprenne bien : j’apprécie ce que les médias font. Non seulement je ne veux pas m’ingérer par courtoisie, mais mon tour est passé et la place est maintenant celle de Frank et de son monde”, affirme-t-il.

Bravo à Martin Laurendeau de savoir si élégamment passer le flambeau et avant tout, un bien gros merci pour toutes ces années de participation et d’émotions à la Coupe Davis

LE FINALISTE DE MELBOURNE NE JOUERA PAS VENDREDI

Photo : Kyle Clapham

Souvent une formalité protocolaire, le tirage au sort aura été cela, mais tellement davantage, jeudi.

Finaliste à Melbourne et nouveau numéro trois de l’ATP, Marin Cilic ne jouera pas en raison de la fatigue. Du moins, pas vendredi alors qu’il sera remplacé par le 181e Viktor Galovic.

Gagnant du Challenger de Rennes sur surface synthétique dimanche dernier et 85e mondial, Vasek Pospisil ne sera pas non plus en action vendredi sur la terre battue croate. Frank Dancevic veut ménager son dos souvent fragile pour le double (avec Daniel Nestor) samedi et le simple dimanche. Il sera remplacé le 141e Peter Polansky.

Les matchs sont donc :

Peter Polansky contre Borna Coric (47e)

Denis Shapovalov (48e) contreViktor Galovic

Sportsnet retransmettra les matchs tout au long de la fin de semaine, cela à compter de 8 h, vendredi.

Bonne Coupe !

 

Photo en vedette : Kyle Clapham