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Bianca… si proche et si loin à la fois

08 Jan 2019
written by: Mario Brisebois
written by: Mario Brisebois

Après qu’Eugenie Bouchard eut enlevé le titre du double et que Bianca Andreescu ait pris l’avance à la deuxième manche de la finale du simple — alors qu’elle ne participait qu’à son quatrième tableau principal d’un tournoi de la WTA —, le tennis canadien a commencé à penser, dimanche, au doublé simple-double à la Classique ASB d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, dotée d’une bourse de 250 000 $.

Pourquoi pas ?

Bianca, qui a continué de produire le jeu époustouflant qui lui avait permis de se départir de l’ex-numéro un Caroline Wozniacki et de la légendaire Venus Williams, a empoché la première manche 6-2 devant Julia Goerges, solide 14e mondiale, complètement déstabilisée par ce début canon.

Bianca a même ravi le service (deux fois) de la reine des aces de la WTA l’an dernier pour rapidement prendre les devants 4-0.

Bien connue au Québec, étant souvent passée à Granby, à Gatineau (qu’elle a déjà remporté) et à Saguenay lors de son apprentissage sur le Circuit Challenger Banque Nationale, l’Ontarienne de Mississauga a continué d’être à son affaire et s’est même trouvée à un jeu de triompher de l’Allemande en menant 5-4 au deuxième acte.

Jamais une qualifiée n’avait gagné ni même atteint la finale chez les « Kiwis » depuis 1997.

LÀ OÙ TOUT S’EST DÉCIDÉ

C’est le onzième jeu de ce duel d’une heure et 45 minutes qui a incontestablement été le fait tournant.

« Lorsque la victoire était à ma portée, j’ai eu de la difficulté à rester dans le moment présent », a reconnu Bianca en entrevue au journal The Herald News de la Nouvelle-Zélande.

La vieille et toujours aussi juste expression « si proche et si loin à la fois » prend ici tout son sens.

Profitant du bris pour faire 6-5 et niveler le pointage à 1-1 dans les manches, Goerges a utilisé l’expérience de ses 30 ans et d’une quinzième de finales de la WTA pour forcer sa jeune rivale à commettre des erreurs avant d’arracher la manche décisive 6-1 et conséquemment défendre avec succès le titre qu’elle avait conquis l’an dernier.

La fatigue n’a sûrement pas aidé. Bianca avait demandé la présence du soigneur après la première manche, ce qui ne surprend pas pour une fille au dos historiquement fragile qui disputait son huitième match de la semaine (19 manches et 14 heures de tennis), soit le double de sa rivale.

Kinésiologue au Centre national de Montréal, Virginie Tremblay a effectué le voyage en compagnie de Bianca afin de voir à la préparation physique. Disons qu’elle n’a pas chômé.

DES HOMMAGES UNANIMES

Lors des cérémonies de clôture sur le court central, Bianca a eu droit à une réaction particulièrement chaleureuse de la foule reconnaissante de ses immenses réalisations. On peut évoquer le dépassement avec trois victoires aux dépens de joueuses du Top 30.

Sachez que les hommages sont parvenus des gradins comme du terrain.

« Bianca m’a rendu ça très compliqué. Elle a joué un tennis fantastique et à la fois différent des autres. Je suis sure qu’on va beaucoup entendre parler d’elle dans l’avenir », ont été les gentils mots de la gagnante. Elle a d’ailleurs eu un rude tournoi avec les Canadiennes, ayant dû combler un retard d’une manche et un bris de service avant d’éliminer Eugenie Bouchard en quart de finale.

ELLE COGNE À LA PORTE DU TOP 100

En plus de gagner l’admiration du public, Bianca Andreescu a empoché 21 400 $ et 180 points WTA, ce qui lui permet de bondir du 152e au 107e rang mondial.

C’est en remplissant ses valises que Bianca Andreescu a fait le bilan. La vie n’arrête pas et elle n’a surtout pas de temps à perdre. C’est direction Melbourne pour se joindre à son entraîneur Sylvain Bruneau et au contingent canadien, notamment Félix Auger-Aliassime, en prévision des disqualifications des Internationaux d’Australie.

UNE PREMIÈRE POUR EUGENIE

La journée des finales de dimanche en Nouvelle-Zélande avait une saveur très canadienne.

Avant le match de championnat de Bianca, Eugenie Bouchard a donné le ton en s’adjugeant la palme du double en compagnie de Sofia Kenin.

Les comptes ont été de 1-6 et 6-1 avant qu’Eugenie et sa partenaire américaine s’emparent du super jeu décisif 10-7 devant la Néo-Zélandaise Paige Mary Hourigan et Taylor Townsend, des États-Unis.

Il s’agissait d’un premier titre de double de la WTA pour Eugenie, qui évolue peu dans cette spécialité comme le montre son 295e rang.

Puisqu’elle est déjà au tableau principal des Internationaux d’Australie en vertu de sa 87e place en simple — elle a grimpé au 79e échelon à la suite de son quart de finale à Auckland —, Eugenie fera un détour par Adélaïde avant Melbourne. Elle est une invitée de la 11e heure au World Tennis Challenge. Lundi, elle a plié l’échine 6-2, 4-6 et 10-8 contre l’ex-numéro un Victoria Azarenka, mais aura une chance de se reprendre face à la Bélarusse mardi. Le quatrième mondial Alexander Zverev est aussi sur les rangs.

AU TOUR DE SHAPO À AUCKLAND

Après les filles, ce sont les gars qui disputent la Classique ASB.

Denis Shapovalov y amorçait son année 2019 en tant que septième tête de série.

Dans la nuit de dimanche à lundi, il a cependant plié l’échine 4-6, 6-4 et 6-4 face au Portugais Joäo Sousa, 44e mondial, à son premier match officiel depuis l’automne.

 

*Photo en vedette : Canadian Press