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Tebbutt: Dernière finale de la Coupe Davis

20 Nov 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Après que les Français auront accueilli les Croates pour la finale de la Coupe Davis à Lille, à compter de vendredi, on peut dire que sans se tromper que cette compétition ne sera jamais plus la même.

La finale de cette année, qui fait suite à trois tours de compétition dans le Groupe mondial des 16 meilleurs pays, sera remplacée par un tournoi mettant en vedette 18 pays et qui aura lieu en novembre prochain, à Madrid.

Il y aura un tour de qualification en février 2019 au cours duquel le protocole traditionnel du Groupe mondial sera respecté, mais ce sera à peu près le seul aspect de la Coupe Davis qui subsistera après 119 ans de compétition internationale – exception faite de quatre ans de hiatus pendant la Première Guerre mondiale et sept ans entre 1939 et 1945 durant la Deuxième Guerre mondiale.

À compter de l’an prochain, il n’y aura plus de format habituel de rencontres de trois jours proposant deux matchs de simple le premier jour, un double le deuxième jour et deux autres duels de simple le troisième et dernier jour.

Dorénavant, les rencontres entre pays se dérouleront le vendredi et le samedi ou le samedi et le dimanche. L’affrontement de qualification entre le Canada et la Slovaquie aura lieu le vendredi 1er et le samedi 2 février 2019. En novembre, la finale de la Coupe Davis comportera des rencontres d’une journée avec deux matchs et simple et un de double.

Tout comme les balles blanches et les raquettes en bois, les matchs disputés au meilleur de cinq ans seront remisés aux oubliettes. En effet, tous les matchs seront joués au meilleur de trois manches avec jeu décisif à la dernière manche. Pour les tours de qualification et les compétitions de zone, il y aura deux matchs de simple le premier jour, puis un double suivi de deux duels de simple si nécessaire.

Beaucoup de traditions de la Coupe Davis résident dans les matchs disputés au meilleur de cinq manches sans jeu décisif jusqu’à leur introduction en 1989 pour toutes les manches, sauf la cinquième. En 2016, les jeux décisifs ont été instaurés pour toutes les manches. C’est donc dire que les records établis jusqu’en 2016 ne seront jamais battus.

Les Canadiens ont participé à deux des records les plus importants. En 1975, lors d’une rencontre de la zone des Amériques remportée 3-0 par le Canada, à Montréal, le Torontois Dale Power avait eu raison du Colombien Alvaro Betancur 6-4, 22-24, 2-6, 6-3 et 7-5. Cette deuxième manche était la plus longue de l’histoire de la Coupe Davis et le restera même si, en 1987, Andrei Chesnokov, de l’Union soviétique, l’a égalée en battant le Néerlandais Michiel Schapers en des comptes de 24-22, 1-6, 6-2 et 6-2.

Un autre Canadien, Harry Fritz, qui possédait aussi la nationalité américaine et qui travaille maintenant à Palm Desert, en Californie, détiendra à jamais — à moins d’un changement de règlement — le record du plus long match en termes de nombre de jeux. Fritz, qui est l’once du joueur américain Taylor Fritz, a eu besoin de 100 jeux pour venir à bout du Vénézuélien Jorge Andrew par 16-14, 11-9, 9-11, 4-6 et 11-9 lors d’une rencontre de la zone des Amériques de 1982 remportée 3-1 par le Canada, à Caracas.

La finale de ce week-end, sur la terre battue rouge du stade Pierre-Mauroy d’une capacité de 26 429 spectateurs, est fascinante, car les visiteurs, menés par Marin Cilic (7e) et Borna Coric (12e), sont nettement plus fort sur papier que la France avec possiblement Lucas Pouille (32e), Jérémy Chardy (40e) et Jo-Wilfried Tsonga (259e) en simple.

Pouille, meilleur joueur de l’équipe française, n’a pas connu une bonne année. Il a amorcé la saison au 15e rang et occupe maintenant le 32e échelon. Depuis Stuttgart en juin, il n’a pas remporté plus d’un match dans un tournoi. À ses deux derniers duels, il s’est incliné 4-6, 6-0 et 6-4 face à Coric, à Vienne, puis 6-3 et 6-4 devant son compatriote Gilles Simon, à Paris.

Chardy est plus un joueur de surface rapide et Tsonga, historiquement le meilleur joueur français, a été sur le carreau (opération au cartilage du genou gauche en avril) entre février et septembre. Depuis son retour au jeu, sa fiche est d’une victoire et quatre défaites en quatre tournois.

Les trois Français les mieux classés — Richard Gasquet (26e), Gaël Monfils (29e) et Simon (30e) — ne font pas partie de l’équipe. Gasquet et Monfils sont blessés, mais Simon, qui a gagné le tournoi de Metz et dont la fiche est de 10-5 cet automne, n’a pas été choisi par le capitaine Yannick Noah, champion de Roland-Garros en 1983.

« Il y a deux raisons », explique Noah à propos de Simon. « La première est que Gilles a une façon de travailler qui est très différente de la mienne. Nous en avons parlé avant et après la sélection. La deuxième est que je pense que Gilles est bien meilleur sur surface dure que sur la terre battue. »

La décision de Noah a surpris les Croates, Cilic mentionnant qu’il s’attendait à ce que Simon fasse partie de l’équipe. Le raisonnement de Noah est discutable parce que dans 243 matchs sur terre battue, le pourcentage de victoire de Simon est de 0,572, ce qui est semblable à son 0,592 en 453 duels sur surface dure.

Et il est vraiment le seul joueur « en forme » à la disposition de Noah et il aurait incontestablement été le meilleur sur l’argile à Lille pour prolonger les matchs et épuiser les adversaires.

La France, championne en titre après avoir eu raison de la Belgique il y a un an à Lille, vise 11e Coupe Davis, dont trois triomphes avec le charismatique capitaine Noah – en 1991 à Lyon contre les États-Unis (menés par Pete Sampras et Agassi), en 1996 à Malmö contre la Suède et l’an dernier contre les Belges.

En tant que groupe, les joueurs français, et Noah, sont fermement opposés au nouveau format de la Coupe Davis, mais ce n’est pas la raison pour laquelle Noah tire sa révérence après la finale de cette année. « J’ai pris ma décision au début de l’année », mentionnait le capitaine de 58 ans qui s’est fait connaître en France en tant que chanteur pop. « Je dois aller dans une autre vie où il y a moins de stress. Je retourne à ma musique. Mais même si je suis prêt à partir maintenant, je ne m’attendais pas à éprouver autant de plaisir après une absence de 20 ans. »

La Croatie a remporté un Salader d’argent – en 2005 alors qu’Ivan Ljubicic s’était illustré en participant à 11 des 12 victoires de son équipe. Il y a eu une grosse déception lors de la finale de 2016, à Zagreb. La Croatie menait 2-1, mais Cilic a laissé filer une avance de deux manches face à l’Argentin Juan Martin del Potro – 6-7 (4), 2-6, 7-5, 6-4 et 6-3 – au quatrième match, puis Ivo Karlovic s’est incliné en trois manches contre Federico Delbonis lors du cinquième match décisif.

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Le Canada a joué un rôle dans la progression vers la finale de cette année après avoir perdu 3-1 contre la Croatie, à Osijek, au premier tour du Groupe mondial, en février. Si Milos Raonic avait été en forme et capable de jouer, le résultat aurait pu être différent, car Cilic n’avait eu que trois jours de repos après sa finale des Internationaux d’Australie et souffrait du décalage horaire. Mais il n’a eu qu’à disputer un seul match – faisant équipe avec Ivan Dodig pour combler un écart de deux manches et un déficit de 4-1 au troisième acte pour venir à bout de Daniel Nestor et de Vasek Pospisil en double.

Le double pourrait être crucial le week-end prochain avec le tandem français composé de Nicolas Mahut et de Pierre-Hugues Herbert, finaliste face à Mike Bryan et Jack Sock à la Finale de l’ATP de Londres, dimanche, possiblement opposé à Mate Pavic (3e) et à Dodig (35e), qui est encore solide malgré ses 33 ans.

Ce sera la dernière fois que le double sera la grande vedette de la deuxième journée de la Coupe Davis.

Il y aura assurément beaucoup de nostalgie autour de cette dernière finale de la Coupe Davis – une dernière chance de se délecter des vieilles habitudes avant que le nouveau format soit en vigueur dans 12 mois, à Madrid.

NOTE : Au Canada, la finale de la Coupe Davis ne sera pas retransmise par Sportsnet, TSN ou RDS, mais DavisCup.com propose une webdiffusion (moyennant des frais).

LA MAGNIFIQUE FIN DE SAISON D’ANDREESCU

Bianca Andreescu a connu son lot de difficultés cet été et à l’automne à cause d’une blessure au dos, mais elle a terminé 2018 avec éclat – remportant 18 de ses 21 matchs en plus de deux titres.

Dimanche, l’athlète de 18 ans de Mississauga, en Ontario, a terminé son impressionnant parcours en signant un gain de 6-1 et 6-0 aux dépens de la Colombienne Maria Camila Osorio Serrano, 721e, en finale du tournoi ITF de Norman, en Oklahoma.

Au cours des cinq dernières semaines, Andreescu a été couronnée championne à Florence, en Caroline du Sud, a participé aux carrés d’as du Challenger Banque Nationale de Saguenay et du Challenger Tevlin Challenger de Toronto, a atteint le troisième tour de l’épreuve ITF de Lawrence, au Kansas, avant de triompher en Oklahoma.

Après avoir occupé e 243e rang le 22 octobre dernier, elle devrait finir la saison autour du 156e échelon. Compte tenu de toutes les blessures qu’elle a subies cette année, ce n’est pas une mauvaise progression par rapport à son 175e rang à la fin de la saison 2017. Cela devrait être un bon tremplin pour 2019.

LES MULTIPLES FACETTES DE FÉLIX

Félix Auger-Aliassime a célébré son 18e anniversaire de naissance de 8 août et a connu une bonne saison sur le circuit de l’ATP. Il a remporté son premier match du circuit en battant Vasek Pospisil au premier tour d’Indian Wells en mars, a défendu avec succès son titre du Challenger de Lyon en juin, a atteint le deuxième tour de la Coupe Rogers à Toronto grâce à un gain aux dépens de Lucas Pouille (18e) en août, a pris part aux quarts de finale du tournoi du Circuit 250 de l’ATP de Chengdu (Chine) en septembre et a mis la main sur son quatrième trophée du Circuit Challenger à Tachkent en octobre.

Au cours de l’année, il est passé du 162e au 108e rang mondial.

Il a maintenant une plus grande visibilité et a mis en valeur d’autres talents que le tennis dans cette récente séance photo.

VLOGS PRÉFÉRÉS – ÉTÉ 2018

Le Dog & Fox, le pub e plus connu de Wimbledon Village, est situé à la jonction de Church Road et Wimbledon High Street. Au cours des années, de nombreux joueurs et amateurs de tennis ont visité cet établissement et c’est un endroit très populaire pendant la quinzaine des Championnats.

Alors que la Coupe du monde de soccer se déroulait en même temps, nous sommes au Dog & Fox le premier dimanche de Wimbledon — on a même pris une gorgée de Pimms — pour voir la clientèle, qui comprenait « Matt de Denver », un bon ami du vlog.