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Tebbutt : Le bulletin de la Next-Gen

08 Mai 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Au tennis, comme dans la plupart des sports, faire des prédictions est un effort assez futile, car personne n’aime se tromper.

Au cours des dernières décennies, les meilleurs journalistes de tennis ont été le groupe dévoué et bien informé de L’Équipe, le quotidien sportif français. En 2013, pendant Roland-Garros, ils se sont réunis et ont produit une projection de ce à quoi le Top 10 ressemblerait en 2018.

Nous y sommes maintenant et voici le classement qu’ils avaient établi — avec le classement actuel de chaque joueur entre parenthèses :

  1. Grigor Dimitrov (4)
  2. Benoît Paire (50)
  3. Andy Murray (39)
  4. Milos Raonic (24)
  5. Novak Djokovic (12)
  6. Kei Nishikori (20)
  7. Bernard Tomic (243)
  8. Ernests Gulbis (191)
  9. Jerzy Janowicz (184)
  10. Jack Sock (15)

À l’époque, L’Équipe avait aussi effectué un sondage auprès des lecteurs avec la mention ce n’est qu’un jeu, nous le répétons, ce n’est qu’un jeu ». Ils ont obtenu 7 016 réponses et voici ce que cela avait donné, avec les pourcentages pour chaque joueur entre parenthèses : 1. Novak Djokovic (20 %) 2. Grigor Dimitrov (18 %) 3. Benoît Paire (14 %) 4. Andy Murray (13 %) 5. Milos Raonic (8%) 6. (égalité) Ernests Gulbis, Jerzy Janowicz and Kei Nishikori (6%) 9. Jack Sock (5 %) et 10. Bernard Tomic (4 %).

Il y a une conclusion évidente à tirer de ces chiffres – personne ne s’attendait à ce que les numéros un et deux mondiaux, Rafael Nadal et Roger Federer, alors âgés de 26 et 31 ans, soient encore dans la course cinq ans plus tard. Il va sans dire que c’était une erreur monumentale.

Avec la mise en garde que tenter de deviner l’avenir des joueurs de tennis est imprudent, sinon complètement ridicule, voici un regard sur les joueurs les plus prometteurs dans le monde d’aujourd’hui et les chances qu’ils feront leurs marques en termes de conquête de Grands Chelems, et peut-être même de devenir des joueurs dominants.

À l’ère des médias sociaux et l’obsession sur des joueurs de plus en plus jeunes, il est douteux que la génération émergente actuelle produise des champions de Grands Chelems comme Federer (20), Nadal (16), Djokovic (12) et Serena Williams (23) qui

seront assez bons, assez constants et assez endurants pour remporter autant de titres majeurs.

Ceci étant dit, voici une liste de huit femmes et huit hommes de la jeune génération — 24 ans et moins — qui possèdent les meilleures chances de réaliser de grandes choses au cours de leur carrière.

À côté de chaque joueur se trouvent son âge, son classement actuel, le meilleur classement de sa carrière et une note de A à C évaluant ses chances de succès.

FEMMES

Garbine Muguruza : 24 / 3 / 1. Elle semble la plus susceptible de devenir une joueuse dominante parce qu’elle a déjà remporté deux titres de Grands Chelems. Même si l’Espagnole de 6 pieds (ci-dessus avec Novak Djokovic à Roland-Garros en 2017) est une bonne athlète et possède tous les coups, il y a quelque chose dans son tempérament qui suggère qu’elle ne mettra pas la main sur un nombre de titres à deux chiffres en Grands Chelems : B+

Marta Kostyuk : 15 / 133 / 133. L’Ukrainienne, qui célèbrera son 16e anniversaire le 28 juin, est « la » joueuse du moment. En janvier, elle est devenue la plus jeune joueuse depuis Martina Hingis en 1996 à gagner un match au tableau principal des Internationaux d’Australie. Depuis le début de 2018, elle a été couronnée championne d’un tournoi de l’ITF à Burnie (Australie), a vaincu deux joueuses du Top 30 et a accumulé une fiche de 24-7 dans les épreuves de l’ITF, de la WTA et du Grand Chelem : A —

Photo : Mauricio Paiz

Jelena Ostapenko : 20 / 5 / 5. À l’instar de Muguruza, elle a déjà connu du succès en Grands Chelems, mais contrairement à l’Espagnole, elle semble avoir une soif plus insatiable. Elle est loin d’avoir conquis des dizaines de titres de Grands Chelems, mais elle possède l’énergie et le temps d’en accumuler encore un peu plus : A—

(Statistiques farfelues — bien qu’elle n’ait joint Twitter qu’en Javier, la Lettonne a 8 100 adeptes comparativement à 1,7 million pour Eugenie Bouchard.)

Caroline Garcia : 24 / 7 / 7. Garcia a amélioré son classement chaque année depuis neuf ans, passant du 681e rang en 2009 au 8e en 2017. Elle a terminé la saison dernière en beauté en remportant les trophées à Wuhan et à Pékin, puis en accédant au carré d’as (Venus Williams) des Finales de la WTA. Bien qu’elle ait dû composer avec des problèmes de dos, son tennis est toujours sur une tendance ascendante : B

Madison Keys : 23 / 14 / 7. La puissante Américaine est une énigme. Le talent y est et elle aurait peut-être gagné la finale des Internationaux des États-Unis de l’an dernier si elle n’avait pas été blessée à la cuisse. Mais, outre les blessures qui ont marqué sa carrière, elle n’a pas toujours eu une détermination et un engagement à la hauteur de son talent. Cependant, les joueuses mûrissent plus tard aujourd’hui et elle pourrait assurément être l’une d’entre elles : B—

Marketa Vondrousova : 18 / 68 / 50. Vondrousova, dont la date de naissance est aussi le 28 juin, est de trois ans l’aînée de Kostyuk, mais possède déjà un titre de la WTA — Bienne (Suisse), en avril 2017. À 5 pieds 6 pouces, c’est une vraie bombe qui a battu deux numéros 11 mondiales en 2018 — Julia Goerges et Johanna Konta. Si on compte les qualifications de la WTA, la gauchère possède une fiche de 13-9 depuis le début de l’année : B —

Photo credit: Mauricio Paiz

Amanda Anisimova : 16 / 156 / 126 Une Américaine au nom à consonance russe, les parents d’Anisimova sont nés à Moscou, mais elle est originaire du New Jersey. À 5 pieds 11, elle a une forte présence sur le terrain et a surpris Petra Kvitova, 9e mondiale, à Indian Wells. Depuis le début de 2018, elle a une fiche de 10-3 dans les tournois de l’ITF et de la WTA. Anisimova n’a pas joué depuis son forfait pour blessure au pied au deuxième tour de l’Open de Miami, en mars, contre Muguruza : B

Naomi Osaka : 20 / 21 / 21 : La Japonaise de 5 pieds 11, qui a grandi en Floride, est une joueuse puissante. Elle a montré à quel point elle peut être bonne lors de ses sept victoires à Indian Wells, notamment contre Maria Sharapova (41), Agnieszka Radwanska (32), Karolina Pliskova (5), Simona Halep (1) et Daria Kasatkina (19). Parfois un peu trop émotive, peut-elle trouver la magie nécessaire pour gagner un ou des Grands Chelems ? : B—

Photo credit: Pascal Ratthé/Tennis Canada

Bianca Andreescu : 17 / 207 /143. La Canadienne, qui aura 18 ans le 16 juin, frappe très bien la balle et est une joueuse avisée. Elle peut rivaliser avec les meilleures et cette année, à la Fed Cup, elle a poussé Irina-Camelia Begu, 37e, à la limite de trois manches, en février, et menait 6-4 et 3-1 contre Lesia Tsurenko, 41e, avant que des crampes aux jambes ne la forcent à abandonner son match le mois dernier, à Montréal. En avril, elle a également participé à deux finales de l’ITF, au Japon. Il y a peut-être un préjugé en raison de son pays d’origine, mais l’esprit et la détermination d’Andreescu peuvent la mener loin : C+

Beaucoup de joueuses ne sont pas mentionnées ici, comme Svitolina, Bouchard, Kasatkina, Barty, Dolehide, Bencic, Aiava, Vekic, Blinkova, Sabalenka, Pera et Kontaveit, qui pourraient, à long terme, remporter autant de titres de Grands Chelems. Mais rappelez-vous, comme cela a été écrit dans L’Équipe, « ce n’est qu’un jeu. »

HOMMES

Photo : Open de Miami présenté par Itau

Sascha Zverev : 21 / 3 / 3. Il est surprenant de constater que la meilleure prestation de Zverev dans un Grand Chelem est une huitième de finale en 11 participations. Son coup droit peut le laisser tomber dans les moments cruciaux et il devra combler cette carence s’il veut franchir les dernières étapes. Pourtant, à 6 pieds 6 et bourré de talent, il devrait logiquement être le premier à percer, même si ce n’est pas toujours ainsi que les choses se déroulent : A—

Dominic Thiem : 24 / 7 / 4. Le plus vieux de ce groupe, l’Autrichien ne compte que deux demi-finales en Grands Chelems — à Roland-Garros en 2016 et en 2017.

On a l’impression qu’il a stagné et qu’il ne sera pas un champion de plusieurs Grands Chelems, surtout tant que Nadal bloque la porte sur sa surface préférée — la terre battue. Mais Thiem a certainement une chance d’en gagner un : B

Nick Kyrgios : 23 / 23 / 13. S’ils distribuaient des titres de Grands Chelems selon le talent brut, l’Australien de 6 pieds 4 serait en tête de liste. Il crée de la magie sur le terrain et c’est frustrant de constater qu’il n’a pas encore trouvé le moyen de le faire plus régulièrement. Alors que son corps — coude, genou, hanche,

doc, etc. — le trahit fréquemment, son avenir reste aussi nuageux qu’un jour de pluie à Canberra. C+

Borna Coric : 21 / 35 / 28. « Ce n’est pas la taille du chien dans la bagarre, mais bien la taille de la bagarre dans le chien qui compte. » Ces mots célèbres de Mark Twain décrivent l’ambitieux Croate. Un compétiteur tenace capable de couvrir beaucoup de terrain, il semble parfois être submergé — comme lors de sa défaite de 6-4 et 6-4 contre Zverez, à Miami. Mais sa volonté de se battre pourrait lui permettre d’obtenir un jour un trophée du Grand Chelem : C—

Denis Shapovalov : 19 / 43 /42. Le jeu brillant du gaucher canadien peut parfois sembler trop beau pour être vrai. Il possède tous les coups — y compris cet époustouflant revers à une main — pour lui permettre d’accéder au sommet du sport. Toutefois, le chemin vers la gloire en Grand Chelem est semé d’adversité et il devra assurément surmonter quelques défis avant d’atteindre ses objectifs ultimes : A

Stefanos Tsitsipas : 19 / 40 / 40. Huit mois plus âgé, le Grec, élégant et légèrement dégingandé, semblait vulnérable lorsqu’il a perdu 6-1, 6-3 et 7-6(5) contre Shapovalov au premier tour des Internationaux d’Australie. Ses récents succès sur la terre battue européenne — notamment une victoire de 6-3 et 6-4 aux dépens de Shapovalov à Monte-Carlo — ont démontré qu’il est une force émergente. Les deux joueurs ont un charisme assuré – un énorme plus pour le tennis : A —

Frances Tiafoe : 20 / 56 / 56. Doté d’un coup droit bouclé puissant et d’un revers qui peut être un handicap, l’Américain tout en muscles possède un style qui pourrait lui permettre d’avoir du succès. Ses récentes prestations sur la terre battue suggèrent qu’il pourrait être capable d’atteindre le sommet avec des résultats étalés sur toute l’année. En ce moment, il est le meilleur pari parmi les Américains pour remporter le trophée d’un Grand Chelem : C—

Photo credit: Mauricio Paiz

Félix Auger-Aliassime : 17 / 189 / 153. Ami de Shapovalov, il y a un débat en cours dans les cercles du tennis sur lequel des deux sera finalement le meilleur joueur. Auger-Aliassime, qui mesure près de 6 pieds 4, a

l’avantage de la hauteur sur Shapovalov. Mais ce dernier est gaucher et a l’avantage de posséder un jeu plus en finesse. Toutefois, Auger-Aliassime a bien le temps pour rattraper son compatriote : B+

Comme pour les femmes, plusieurs autres joueurs auraient pu être mentionnés ici, notamment Pouille, Chung, Rublev, Medevedev et Khachanov.

Shapovalov poursuit

Mardi, Denis Shapovalov a vaincu Benoit Paire 7-6(5), 4-6 et 6-4 pour accéder au troisième tour de l’Open de Madrid et un affrontement avec son compatriote Milos Raonic ou Grigor Dimitrov, troisième tête de série du tournoi.

Grâce à ce gain face au Français, Shapovalov devrait se hisser au 38e rang mondial.

Cela signifie qu’il surpasse Greg Rusedski — 41e en juillet 1994 — et qu’il sera le troisième Canadien le mieux classé en 45 ans d’histoire du classement de l’ATP. Il se trouve derrière Raonic, 3e en novembre 2016, et Vasek Pospisil, 25e en janvier 2014.

Cela signifie également qu’il a une chance, avec une ou deux autres victoires à Madrid ou la semaine prochaine à Rome, de faire partie des 32 têtes de série de Roland-Garros à compter du 27 mai.

« Joltin » Eugenie Bouchard

Les athlètes sont souvent bons à plus d’un sport. Voici Eugenie Bouchard qui frappe d’un côté et de l’autre du marbre.