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Tebbutt: Comme prévu… en quelque sorte

01 Fév 2019
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

La logique du tennis voulait que le Canada et la Slovaquie soient à égalité 1 à 1 après la première journée de la rencontre de qualification de la Coupe Davis, à Bratislava. Cela signifiait que les numéros un de chaque pays — Denis Shapovalov et Martin Klizan — remportaient leur duel respectif.

Et c’est ce qui s’est réellement passé, alors que Shapovalov a vaincu Filip Horansky 6-4 et 7-5 et que Klizan a eu raison de Félix Auger-Aliassime en des comptes de 7-5 et 6-3.

Photo: Mauricio Paiz

Pour les amateurs canadiens, la partie la plus décevante est qu’Auger-Aliassime était sur le point d’empocher la manche initiale, menant 5-2 et 0-30 sur le service du Slovaque de 29 ans.

Toutefois, trois fautes directes du coup droit et Klizan avait une balle de jeu qu’il a gagnée sur un ace.

Ce ne serait pas à première fois qu’un match de tennis connaissait un revirement spectaculaire ou qu’un joueur plus âgé et aguerri utilisait son savoir-faire pour surmonter un départ difficile et reprendre le contrôle.

Après la victoire de Shapovalov en lever de rideau et Auger-Aliassime qui semblait avoir la mainmise sur Klizan, la foule au Centre national de tennis était silencieuse et déstabilisée. Cependant, le soudain changement de momentum lui a redonné de l’énergie et Klizan s’en est servi pour remporter 20 des 23 derniers points de la manche.

Photo: Mauricio Paiz

Auger-Aliasime avait connu un départ idéal à son tout premier duel de la Coupe Davis — un bris au deuxième jeu du match. Il frappait la balle avec précision et profondément alors que Klizan semblait nerveux.

« Je n’aurais pu demander un meilleur départ pour le début de ma carrière à la Coupe Davis », commentait Auger-Aliassime. « Je crois qu’il est parvenu à trouver son rythme et a commencé à appliquer plus de pression en retour de service et au service et en jouant avec la hauteur de la balle. Puis il a pris le dessus sur moi à la fin de la première manche. Après ça, c’était plus difficile de trouver mon rythme. Il jouait de mieux en mieux. Somme toute, je suis contente de ma première expérience. L’ambiance était fantastique et j’espère gagner mon premier match ce week-end. »

Cela pourrait survenir samedi en double alors qu’il sera jumelé à Shapovalov pour affronter les Slovaques Igor Zelenay et Filip Polasek, ou dans un éventuel cinquième match décisif contre Horansky — bien que tous ces affrontements soient sujets aux changements pouvant être apportés par les capitaines. Le capitaine slovaque, Dominik Hrbaty, a d’ailleurs laissé entendre qu’il soupçonnait son homologue, Frank Dancevic, de vouloir faire des changements pour le double.

Photo: Mauricio Paiz

« Aujourd’hui, Félix a disputé son premier match de la Coupe Davis et il a très bien géré ses émotions et tout le reste », confiait Dancevic à la fin de la journée. « Il a fait tout ce qu’on lui a demandé de faire — il a joué son jeu. Martin est un joueur aguerri. Il évolue sur le circuit professionnel depuis de nombreuses années et n’en est pas à ses premières armes à la Coupe Davis. Cela a été une bonne expérience d’apprentissage pour Félix et cela lui servira pour demain. La première journée s’est déroulée comme nous nous y attendions. La journée est maintenant terminée et nous nous préparons pour le double de demain. »

Klizan, 38e au classement et dont la fiche est maintenant de 26-9 à la Coupe Davis, a commenté son match avec l’aide d’un traducteur. « Félix m’a surpris par son jeu agressif et son agilité et méritait de prendre les devants tôt dans le match. Nous avons réussi à nous adapter et j’ai commencé à jouer comme il se doit sur la terre battue. Tout d’un coup, j’étais de retour dans la manche et j’avais le vent en poupe. »

Il était 19 h 30 lorsqu’Auger-Aliassime a terminé sa dernière entrevue, vendredi, ce qui ne lui laisse que 15 heures et demie avant le coup d’envoi du double de samedi.

Dancevic a dit qu’il prévoit s’en tenir au plan et envoyer Shapovalov et Auger-Aliassime au front. Mais, comme les intrigues font partie de la Coupe Davis, certains pensent que Klizan pourrait remplacer Polasek.

Photo: Mauricio Paiz

Quant au saignement de nez d’Auger-Aliassime à la première manche, il a dit : « J’ai saigné un peu, mais je me sens bien. Cela n’arrive pas souvent, mais c’est déjà arrivé chez les juniors. Ce n’est rien de grave. »

En ce qui concerne sa condition physique générale, il mentionnait : « Je me sens bien. Évidemment, personne n’a dit que ce serait facile. Ce sont des matchs difficiles sur la terre battue, c’est physiquement exigeant. Mais je pense que je suis prêt pour le défi de demain (samedi). J’ai déjà joué en simple et en double la même journée. Nous devons produire notre meilleur tennis. »

Photo: Mauricio Paiz

En regardant la deuxième manche du match d’Auger-Aliassime, on aurait pu penser qu’il serait contre-productif pour le jeune Montréalais de 18 ans de se battre pour remonter la pente, surtout en cas de défaite. En fait, il n’a passé qu’une heure et 25 minutes sur le terrain – et moins de 40 minutes dans la deuxième manche. Cela ne devrait pas être trop éprouvant pour le double et possiblement le simple.

Photo: Mauricio Paiz

Le duel de Shapovalov a duré une heure et demie et le Canadien a dû se battre pour venir à bout de Horansky, qui disputait son tout premier match de la Coupe Davis.

Le joueur numéro un du Canada a gagné la manche initiale grâce à un bris de service à 3-3. Le Slovaque de 26 ans a été en mesure de rester nez à nez avec le Canadien dans les six premiers jeux du match, mais cela lui a demandé beaucoup d’efforts, ce qui se voyait dans sa respiration et son teint pâle après les longs échanges.

Shapovalov a ensuite conservé son service à deux reprises pour remporter la manche en 38 minutes. Shapovalov a tiré profit d’une de ses trois balles de bris, tandis que Horansky a fait chou blanc trois fois sur trois.

Le deuxième acte a été semblable au premier — beaucoup de beaux échanges, mais Shapovalov semblait toujours être le meilleur joueur des deux. Il a survécu à une balle de bris et est passé à l’attaque à 5-5 pour signer le bris fatal.

Photo: Mauricio Paiz

« J’ai simplement essayé de jouer mon jeu, de rester agressif », confiait Shapovalov à propos du défi que représentait le lointain 219e mondial Horansky. « Je crois que j’ai une autre vitesse. J’aurais pu être un peu plus agressif. J’aurais pu être plus audacieux, mais en même temps, il réussissait bien à dicter le jeu en fond de terrain. J’ai donc essayé d’être un peu plus intelligent et de lui envoyer des balles hautes sur son revers lors des points importants. Je pense que cela m’a beaucoup aidé. »

Photo: Mauricio Paiz

La terre battue rouge n’est pas un obstacle aussi grand que l’auraient souhaité les Slovaques. « C’est encore assez rapide, on peut vraiment transpercer le terrain », analysait Shapovalov. « Je pense que cela sied bien à mon jeu. Je peux encore produire de gros services. La balle glisse bien, elle ne perd pas trop de vitesse. »

Un journaliste slovaque a posé une question plutôt directe à Shapovalov : « Qu’est-ce que cela te fait d’être si jeune et d’avoir autant de pression sur les épaules ? »

Après un petit rire, Shapovalov a répondu : « Pour moi, représenter mon pays et faire partie de l’équipe est très plaisant — c’est un rêve devenu réalité. Un jour, un ami m’a dit que la pression était un privilège et j’essaie de la voir de cette façon. Être sur le terrain en tant que joueur numéro un du Canada est un privilège. C’était vraiment amusant de faire partie d’un tel scénario avec Fiip qui jouait si bien. Chaque fois que j’ai un match comme celui-là, c’est du pur plaisir. »

Photo: Mauricio Paiz

Vers la fin de sa conférence de presse, on lui a posé des questions sur le double de samedi et quand un journaliste a laissé entendre que même s’il avait connu du succès en double chez les juniors, sa fiche chez les professionnels n’était pas très reluisante, Shapovalov a souri avant de répondre : « Mince… je ne me suis assurément pas trop concentré sur le double chez les pros, mais je suis assez confiant dans mon jeu et je pense que je peux bien jouer — surtout avec Félix. Nous avons eu beaucoup de succès. J’ai confiance quand je joue avec lui. »

Shapovalov et Auger-Aliassime tenteront de devenir les premiers adolescents à remporter un match de double de la Coupe Davis depuis les Suédois Anders Jarryd et Hans Simonsson en 1981.

Photo: Mauricio Paiz

Il y a eu beaucoup de bavardages dans les médias sociaux au sujet du compte Twitter de Shapovalov et ce dernier a remis les pendules à l’heure. « Il a été désactivé pendant un certain temps, il y a eu quelques complications avec ma date de naissance. Mais tout est réglé maintenant. »

CARTE POSTALE DE BRATISLAVA

Ceci est une photo de l’intérieur du centre commercial qui se trouve près du site de la Coupe Davis et qui a redonné vie au quartier du Centre national d’entraînement.

Photo : Mauricio Paiz