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Tebbutt : Grosse victoire de Bianca

23 Mai 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Jouer contre la favorite des qualifications de Roland-Garros, qui vient de remporter une épreuve ITF sur la terre battue et s’est hissée au 77e rang mondial, est peut-être intimidant, mais Bianca Andreescu ne s’est pas laissée impressionnée en surprenant Vera Lapko, du Belarus, en deux manches de 6-4 et 7-5, mercredi.

« J’essaie de ne pas y prêter attention, car cela me joue dans la tête », a-t-elle dit plus tard en parlant des récents succès de Lapko. « Et je ne gère pas ça très bien. »

La jeune Canadienne de 17 ans (18 le mois prochain), de Mississauga, en Ontario, a pourtant bien géré des situations difficiles pour signer le gain contre Lapko, 19 ans.

Après avoir mené 3-1 à la première manche, elle s’est vite retrouvée à 4-3 alors que la Bélarusse semblait avoir pris les commandes du match. Mais Andreescu a rehaussé son niveau de jeu et est devenue la plus agressive des deux tandis que Lapko commettait des erreurs. À sa troisième balle de manche, Andreescu a conclu sur une faute en coup droit de Lapko.

Au deuxième acte, Andreescu s’est de nouveau retrouvée dans une position risquée, tirant de l’arrière 5-3 et se voyant obligée d’effacer une balle de manche. Mais encore une fois, elle a rebondi et a finalement remporté le duel en s’amenant au filet – finissant par une combinaison et smash et d’une volée haute.

« Elle servait pour la manche », commentait Andreescu, « et j’étais vraiment concentrée comparativement à l’ensemble du match. Je pense que je devrais toujours être aussi concentrée, mais c’est difficile à faire durant tout un match et c’est ce sur quoi je travaille. »

Résumant sa prestation, particulièrement encourageante après une mauvaise défaite de 6-1 et 6-1 face à Alexandra Dulgheru au premier tour des qualifications des Internationaux d’Australie, en janvier, Andreescu a dit à propos de sa capacité à échanger dans les deux manches : « J’ai élevé mon jeu et je me suis concentrée sur moi-même et sur ce que je fais de bien. C’est tout ce que j’ai fait et cela a fonctionné. »

Toutes ses statistiques sont bonnes — elle a produit 26 coups gagnants et seulement 24 fautes directes comparativement à 22 et 31 pour Lapko. Tous les aspects de son jeu étaient solides, y compris le fait de gagner 10 de ses 11 points au filet. La seule exception est peut-être sur sa première balle de service — elle a obtenu un taux d’efficacité de seulement 54 pour cent. Sa deuxième balle était meilleure, en fait, à 56 pour cent, mais ces deux données étaient de loin supérieures à celles de Lapko, qui n’a gagné qu’un maigre 26 pour cent de ses points sur sa deuxième offrande.

Andreescu n’avait aucune idée de qui elle allait rencontrer au deuxième tour, comme elle l’a expliqué au journaliste Ian Chadband (ci-dessus) lors d’un entretien d’après-match. « Non, en fait, je suis superstitieuse », a-t-elle confié. « Je ne regarde pas le tableau avant de jouer. Mon entraîneur me le dira. »

Sa prochaine rivale est la Bulgare Viktorija Tomova, 138e mondiale. La joueuse de 23 ans était classée au 130e rang (mai 2017), mais n’a pris part qu’à un seul tableau principal d’un Grand Chelem — s’inclinant au premier tour des Internationaux d’Australie de cette année. Toutefois, en deux tournois de la WTA et un de l’ITF sur terre battue (tableau principal et qualifications), ainsi qu’à son premier tour de mercredi, Tomova a accumulé une respectable fiche de 8-3.

Le match sera disputé jeudi – troisième affrontement sur le Court 13 à compter de 10 h (4 h HE).

Il n’y a pas eu de pluie mercredi après que les averses de la veille aient écourté l’horaire des matchs. En parlant des conditions de mercredi sur le Court 14, Andreescu a mentionné : « Il y a eu de mauvais bonds ici et là. Comme il a plu hier, les terrains étaient un peu plus lourds et les balles aussi. Mais j’aime beaucoup la terre battue — Roland-Garros est mon Grand Chelem préféré, je suis donc très heureuse. »

Dommage qu’Eugenie Bouchard n’était pas en meilleure forme pour son premier match de qualification à Roland-Garros cette année parce qu’elle a évolué sur le tout nouveau Court 18 — une petite arène fort sympathique à l’extrémité ouest du site pouvant accueillir 2 158 spectateurs.

Après avoir remporté deux victoires à la Fed Cup contre l’Ukraine, à Montréal, Bouchard a dû se retirer d’un tournoi ITF à Cagnes-sur-Mer, en France, et d’un autre à Trnava, en Slovaquie, à cause d’une blessure à l’abdomen.

Elle a déjà eu ce problème à quelques reprises, notamment en 2015 lorsqu’elle a participé à Wimbledon avec une déchirure abdominale de niveau 2. C’était l’année après qu’elle ait atteint la finale et elle était déterminée à jouer même si elle n’était pas vraiment à la hauteur. Elle avait perdu dès le premier tour contre la Chinoise Duan Yinying, alors 117e mondiale.

Sa défaite par 6-0, 2-1 abandon, mercredi, face à la Slovène Dalila Jakupovic (121e) est doublement décevante, car il y a un an, elle se trouvait dans une situation similaire à la suite d’une blessure à la cheville deux semaines avant Roland-Garros. Elle avait alors joué et trouvé le

moyen de gagner un match (Risa Ozaki) avant de s’incliner aux mans d’Anastasija Sevastova. Pousser ainsi la note à Roland-Garros avait ensuite affecté sa capacité à performer dans certains de ses tournois suivants.

Mercredi, elle a commis une panoplie d’erreurs dès le début de la rencontre contre une adversaire qui se débrouillait bien. Tirant de l’arrière 2-1 à la deuxième manche, Bouchard est sortie du terrain pour recevoir un traitement et est revenue cinq minutes plus tard pour serrer la main de Jakupovic et indiquer qu’elle ne pouvait pas poursuivre le match.

En espérant que Bouchard pourra s’en remettre, mais la perte de 70 points (deuxième tour l’an dernier) lui fera subir une autre chute libre dans les classements. Elle occupe actuellement e 167e rang et pourrait se retrouver au 195e échelon.

Au moins, elle a su trouver un sourire alors qu’elle expliquait à Jakupovic la nature de sa blessure.

C’était agréable de voir à quel point Francesca Schiavone, championne de Roland-Garros en 2010 dont le classement est maintenant un lointain 265e rang, était heureuse après sa victoire de 6-4, 3-6 et 6-3 aux dépens de la Canadienne Carol Zhao. Malheureusement, Zhao était la perdante alors qu’elle aurait très bien pu gagner si le match n’avait pas été interrompu la veille à une manche partout à cause de la pluie. Zhao venait de remporter la deuxième manche et l’Italienne de 37 ans semblait vraiment fatiguée.

Cependant, après une nuit pour récupérer, Schiavone est revenue sur le terrain et a joué comme elle l’avait fait à la première manche. Elle a été la plus dominante et a pris l’initiative plus que Zhao. La joueuse de 22 ans, de Richmond Hill, en Ontario, s’est rapidement retrouvée en déficit de 2-0 et n’a jamais réussi à profiter des erreurs de sa rivale qui n’avait pas gagné un seul match à ses six tournois précédents.

Ce fut une défaite amère pour Zhao parce qu’il y a eu des moments dans le match où il semblait qu’elle allait réussir à tirer son épingle du jeu. Mais si cela peut la consoler, elle devrait devenir la meilleure Canadienne au classement après Roland-Garros (voir plus loin dans ce carnet).

Les déceptions se sont accumulées pour les joueurs canadiens lorsque Félix Auger-Aliassme s’est présenté sur le terrain un peu plus tard dans la journée pour y affronter Jaume Munar (155e). Depuis le début de la saison sur terre battue, l’Espagnol de 21 ans possédait une fiche de 9-7, y compris un gain de 7-6(4), 4-6 et 7-5 contre Auger-Aliassime au Challenger de Barletta (Italie), le mois dernier.

Mercredi, sur le Court 5, qui est en fait à l’extérieur de la zone de tous les autres terrains des qualifications et inaccessible à la plupart des gens, Auger-Aliassime a très mal amorcé chacune des deux manches. Il a concédé son service dès le premier jeu de la manche initiale et a fait la même chose au deuxième acte.

Munar était essentiellement le meilleur joueur et le plus expérimenté sur la terre battue. Il frappait fort et profond, a bien utilisé les angles et s’est amené au filet à quelques occasions (9/11 sur ses approches au filet comparativement à 7/13 pour Félix) et a effectué efficacement ses enchaînements service-volée, produisant d’incroyables amortis sortis de nulle part.

Les rivaux avaient un nombre comparable de coups gagnants — 19 pour Munar et 18 pour Auger-Aliassime, mais le Montréalais avait plus de deux fois le nombre de fautes directes — 31 contre 15. Il a également éprouvé des difficultés au service, commettant six doubles fautes tout en ne réussissant qu’à gagner 41 pour cent de ses points sur la deuxième offrande comparativement à 61 pour cent pour Munar.

« Il est assez évident de déterminer qui a disputé le meilleur match et qui était le meilleur joueur », mentionnait Guillaume Marx, de Tennis Canada, l’entraîneur d’Auger-Aliassime. « Félix a tiré de l’arrière dès les premiers moments du match. Après avoir perdu son service, l’autre gars a profité de cet élan de confiance. Il a été solide et Félix a dû essayer d’en mettre plus pour revenir dans le match et cela lui a parfois fait perdre son jeu. »

Interrogé sur ce qu’Auger-Aliassime aurait pu faire pour revenir dans le match, Marx a répondu : « On peut revenir en servant bien. Quand tu sers bien, tu te donnes une chance de mettre un peu de pression sur ton adversaire et d’arriver à 3-3, 4-4. Mais Félix n’a pas réussi à le faire. »

Les gens ne cessent de comparer Auger-Aliassime à Denis Shapovalov — oubliant souvent qu’il est plus jeune de 16 mois et qu’il n’aura pas 18 ans avant l’anniversaire qu’il partage avec Roger

Federer, le 8 août. Il se développera à son propre rythme et pourrait bien effectuer une percée soudaine comme l’a fait Shapovalov l’été dernier à la Coupe Rogers et aux Internationaux des États-Unis.

Nouvelles canadiennes

Voici Denis Shapovalov au premier plan qui frappe un smash sur le Court 1, mercredi — cette charmante enceinte sera démolie après le tournoi de cette année.

Mercredi, Shapovalov s’est entraîné avec Richard Gasquet. Le Français semblait frustré par la puissance des coups de Shapovalov — à un certain moment, il a même envoyé une balle à l’extérieur du stade en signe de colère.

Le tirage des tableaux du simple de Roland-Garros aura lieu jeudi, à 19 h (13 h HE) dans l’Orangerie du jardin botanique adjacent au site du tournoi. Pour la première fois, Shapovalov fera partie des 32 têtes de série alors qu’il ne dispute que son quatrième Grand Chelem.

Par ailleurs, Daniel Nestor a reçu un laissez-passer pour l’épreuve du double masculin. Il évoluera aux côtés du Français Jérémy Chardy. Nestor, 45 ans et à sa dernière année sur le circuit, a été couronné champion de Roland-Garros à quatre reprises — 2007 (Mark Knowles), 2010 (Nenad Zimonjic), 2011 et 2012 (Max Mirnyi).

CORRECTION : Dans le carnet d’hier, il a été dit qu’à cause de sa défaite au premier tour des qualifications, mardi, Françoise Abanda passerait du 125e au 195e rang. Il y a une erreur dans le site Web de la WTA — il indique que ses points de qualification et du premier tour à Roland-Garros l’an dernier comme 220. En fait, cela devrait être 40 points pour les qualifications et 70 pour avoir gagné un match au tableau principal, pour un total de 110. Abanda ne chutera donc que cers le 153e échelon. Toutefois, cela, combiné à la défaite de mercredi d’Eugenie Bouchard, garantit que l’actuelle numéro 153 Carol Zhao grimpera au sommet du classement canadien le 11 juin prochain, après la conclusion de Roland-Garros, à moins que Bianca Andreescu, qui occupe la 201e place mondiale, ne franchisse plusieurs étapes à Paris.

Carte postale de Paris

La Citroën 2 CV (signifiant « deux chevaux ») était une automobile populaire, mais rudimentaire, produite en France entre 1948 et 1990. De nos jours, elle est devenue un objet de collection.

Un collègue allemand à Roland-Garros a dit que dans son pays, on appelait la Citroën 2 CV « le canard ». Il explique qu’elle était à Citroën ce qu’était la « Beetle » était à Volkswagen.

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