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Tebbutt : La splendeur du tirage

24 Mai 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Les cérémonies du tirage des tableaux principaux de Roland-Garros se sont déroulées jeudi soir dans l’Orangerie, un magnifique édifice centenaire du Jardin botanique situé juste à côté de Roland-Garros.

Comme le veut la récente tradition, les noms des joueurs non classés ont été générés au hasard par ordinateur et affichés sur un grand écran (voir ci-dessus).

Ensuite, les médaillés d’argent français en danse sur glace des récents Jeux olympiques de Pyeongchang, Gabriela Papadakis et Guillaume Cizeron, ont eu l’honneur de piger les noms des têtes de série qui lutteront pour leur trophée respectif — la Coupe Suzanne Lenglen pour les femmes et la Coupe des Mousquetaires pour les hommes. Ils ont terminé deuxièmes derrière les médaillés d’or canadiens Tessa Virtue et Scott Moir.

Papadakis (ci-dessus) a pigé les noms des hommes, y compris celui de Denis Shapovalov, après que Cizeron ait fait de même avec ceux des femmes.

Au premier tour, Shapovalov affrontera l’Australien John Millman, 58e mondial. Le joueur de Richmond Hill, en Ontario, occupe actuellement le 26e échelon mondial et sera la 24e tête d’affiche (évitant ainsi de se mesurer à l’une des huit premières têtes de série au troisième tour) après les retraits de Roger Federer (2e) et de Hyeon Chung (20e).

Shapovalov participe à son premier Roland-Garros et Millman son troisième — il avait perdu au premier tour contre Roberto Bautista-Agut, l’an dernier, ainsi que contre John Isner, en 2016. L’Australien de 28 ans n’a pas réussi à se qualifier à deux reprises. Il s’amène à Paris après avoir conquis le titre du Challenger d’Aix-en-Provence, en France, il y a deux semaines, ayant vaincu son compatriote Bernard Tomic en finale. Toutefois, il s’est retiré d’un tournoi cette semaine en raison d’un malaise physique.

Si Shapovalov franchit cette première étape, il affronterait l’Américain Ryan Harrison ou l’Allemand Maximillian Marterer et possiblement Jack Sock (14e) au troisième tour. En huitième de finale, le pire cauchemar de tous les joueurs sur la terre battue pourrait l’attendre, soit Rafael Nadal, dix fois champion à la porte d’Auteuil.

Le bâtiment où s’est déroulé le tirage se trouve à gauche sur la photo ci-dessus et le passage ici (sans le tapis rouge) sera, en 2019, un chemin pittoresque vers le nouveau Court Simone Mathieu de 5 000 places situé dans une section rénovée du Jardin botanique. Tout cela fait partie des rénovations importantes en cours à Roland-Garros.

Pour un Canadien, c’était étrange d’assister au tirage alors qu’il n’y a aucune joueuse du Canada dans le tableau principal cette année — bien qu’il y ait encore des espoirs que Bianca Andreescu puisse gagner son dernier match de qualification vendredi pour prendre part à son deuxième grand tableau d’un Grand Chelem après celui de Wimbledon en 2017.

Il y a un autre représentant canadien dans le tableau masculin, soit Vasek Pospisil, 88e mondial. Il a participé cinq fois au tableau principal de Roland-Garros — en se qualifiant en 2013 —, mais n’a pas encore réussi à franchir le premier tour.

Son premier adversaire sera Marton Fucsovics (60e). Le Hongrois de 26 ans, surprenant quart de finaliste des Internationaux d’Australie cette année, a dû participer aux qualifications au cours des quatre dernières années sans dépasser le deuxième tour.

Ce sera le premier affrontement entre les deux joueurs.

À une victoire

Peter Polansky et Bianca Andreescu disputeront leur match respectif du troisième tour des qualifications vendredi et les vainqueurs seront récompensés par une place au tableau principal.

Jeudi, ils ont tous les deux signé des victoires convaincantes, ce qui devrait leur permettre d’économiser de l’énergie à l’approche de leur duel de vendredi — Polansky contre le Slovaque Josef Kovalik (147e) et Andreescu contre la Néerlandaise Richel Hogenkamp (134e).

Pour Polansky, ce sera l’occasion d’éviter une réalisation plutôt douteuse — comme il l’a expliqué après sa victoire de 6-4 et 6-2 en 77 minutes face au Serbe Pedja Krstin, jeudi. « C’est la quatrième fois de suite que j’accède au dernier tour des qualifications d’un Grand Chelem », disait-il. « Je l’ai fait à Wimbledon, aux Internationaux des États-Unis, aux Internationaux d’Australie et maintenant ici, nous verrons bien. Je crois que j’ai établi le record du plus grand nombre de défaites au dernier tour des qualifications. Peut-être qu’on changera ça demain. »

Au cours de cette période, il a pris part à un tableau principal, ayant été repêché à Melbourne, en janvier, avant de tomber aux mains de Karen Khachanov.

Contre Krstin, le moment marquant a peut-être été lors d’un long échange de plus de 30 coups au quatrième jeu alors que Polansky tirait de l’arrière 2-1. Le point s’est terminé sur une faute directe de Krstin au coup droit et le Serbe de 23 ans n’a jamais été tout à fait le même après. « J’ai remarqué qu’après cela, il a recommencé à commettre des erreurs et cela m’a aidé », commentait Polansky. « Je me sentais plutôt bien sur le terrain. J’étais prêt à me battre plus longtemps s’il le fallait. »

Les statistiques de Polansky affiche un ratio coups gagnants et fautes directes de 21/16, tandis que Krstin a été un peu moins impressionnant avec 15/30.

Au sujet de l’état de son jeu, le joueur de 29 ans de Thornhill, en Ontario, confiait : « Je me sens bien. Je n’aurais probablement pas dû gagner mon match de l’autre jour [une victoire de 2-6, 7-6(3) et 6-2 aux dépens du Slovaque Norbert Gombos, 169e]. Il m’a totalement dominé jusqu’à 6-2, 4-4. Je réussissais à peine à m’accrocher, puis il a été tendu durant quelques points et m’a laissé revenir et je suis parvenu à tirer mon épingle du jeu. Je l’ai en quelque sort mérité, mais je n’avais vraiment rien à faire là. Mais aujourd’hui, j’ai eu un peu plus de temps parce que Gombos frappait vraiment fort. Aujourd’hui, c’était juste une question de jouer avec un autre gars. »

En ce qui concerne son adversaire de vendredi, Polansky mentionnait : « Je ne connais pas très bien Kovalik. Je sais que son style de jeu est un peu bizarre. Je ne l’ai vu jouer que quelques fois et il a l’air d’un robot. »

Si Polansky n’a pas mis de temps à se départir de son rival, Andreescu a été encore plus rapide — éliminant la 139e mondiale Victorija Tomova par 6-1 et 6-3 en 64 minutes. Andreescu était simplement trop puissante dès le début de la rencontre et a très bien réussi à submerger la Bulgare de 23 ans. Elle a été presque parfaite jusqu’à 6-1, 3-0 — terminant avec 26 coups gagnants et 20 fautes directes comparativement à 11 et 13 pour Tomova.

« Je crois que j’ai joué un de mes meilleurs matchs aujourd’hui jusqu’à 6-1, 4-1 », mentionnait Andreescu, dont le classement est de 194e après deux tours de qualification à Paris. « Ensuite, j’ai l’impression que je me suis un peu détendue et qu’elle a rehaussé son niveau de jeu. Mais je ne peux pas me plaindre. Je suis au dernier tour des qualifications et j’en suis fort heureuse. »

Quand on lui demande comment elle pense s’être améliorée au cours de la dernière année, la jeune joueuse de 17 ans de Mississauga, en Ontario, répond : « J’ai acquis beaucoup d’expérience, je sais que participer aux épreuves de qualification d’un Grand Chelem est très éprouvant pour moi, mais je commence à m’y faire. »

Que fera-t-elle jeudi soir pour se préparer à ce premier duel contre Hogenkamp ? Andreescu sourit et répond : « récupérer, relaxer, manger une bonne bouffe (des pâtes) et regarder une émission sur Netflix. »

Sylvain Bruneau, capitaine de l’équipe canadienne de la Fed Cup, était un observateur très intéressé par la performance d’Andreescu et mentionnait par la suite : « Bianca a disputé un très bon match jusqu’à 6-1, 3-0… c’était vraiment exceptionnel. Son adversaire était très différente de celle d’hier (la favorite des qualifications Vera Lapko, du Belarus). Aujourd’hui, elle a affronté une joueuse qui remettait beaucoup

de balles en jeu et était très régulière. Bianca était combative et y allait pour ses coups. J’ai aussi aimé son attitude, elle était totalement là pour chaque coup. C’est ce que nous essayons de lui faire faire.

« Elle a fait beaucoup de progrès en 2018, mais malheureusement, à cause des règlements de la WTA (âge), elle ne peut pas disputer beaucoup de tournois. Cela peut donc ralentir sa progression au classement. André Labelle (Tennis Canada) a effectué du bon travail avec elle à Toronto et j’ai aussi essayé de l’aider. Nous sommes heureux de la façon dont elle progresse. Elle a un jeu agressif, mais un jeu complet aussi, il faut donc mettre tout cela ensemble. Elle n’a que 17 ans. »

Bruneau y est aussi allé de commentaires sur les trois autres Canadiennes aux qualifications – Eugenie Bouchard, qui a dû abandonner à la deuxième manche de son duel contre la Slovène Dalila Jakupovic, Carol Zhao, qui a subi un revers en trois manches face à l’Italienne Francesca Schiavone et Françoise Abanda, qui a perdu en trois manches aux mains de l’Italienne Martina Trevisan.

Bouchard : « Il n’y a pas grand-chose à dire sur Eugenie. Elle est arrivée en Europe pour participer à deux tournois avant Roland-Garros, mais elle s’est tout de suite blessée aux abdominaux. Elle n’a joué ni l’un ni l’autre des tournois. Elle a subi quelques tests ici et elle n’est pas complètement guérie, mais c’est beaucoup mieux qu’il y a deux semaines, il faut toutefois faire attention. Tu peux peut-être jouer, mais il faut arrêter quand tu commences à ressentir quelque chose. Elle est arrivée sur le terrain et l’a ressenti — ce n’est pas comme à l’entraînement. Tu peux être prudente à l’entraînement, mais c’est différent dans un match. On pouvait voir tout de suite qu’elle n’était pas là mentalement parce qu’elle pensait à sa blessure et ne voulait pas que les choses traînent et que cela dure pour trois ou quatre autres tournois. Elle n’aurait peut-être même pas dû jouer. »

« Elle devait disputer un tournoi à Bol (en Croatie), sur terre battue, la deuxième semaine de Roland-Garros. Elle n’a pas à décider maintenant, mais c’est dans 10 jours, ça peut donc être un peu serré. Puis, elle est censée prendre part à des épreuves sur le gazon avant Wimbledon. »

Zhao : « le match de Caroll était contre une joueuse aguerrie sur terre battue. Il est évident que Schiavone ne joue pas au même niveau qu’il y a huit ou dix ans. C’était une bonne bataille — beaucoup de bons points. Carol aurait pu remporter ce match, mais affronter Schiavone n’est jamais facile, car elle met beaucoup de balles en jeu et brosse beaucoup. Je crois que Carol aurait dû avancer un peu et ainsi mettre de la pression sur son adversaire. Mais c’est difficile, car les balles de Schiavone sont compliquées.

« Carol a fait beaucoup de progrès depuis qu’elle évolue sur le circuit. Son classement ne cesse de s’améliorer et nous espérons qu’elle continue ainsi pour accéder au Top 100. »

En ce qui concerne le problème de coude de Zhao, Bruneau ajoute : « honnêtement, cela était un facteur, car elle a manqué un tournoi et si on regarde le match, on remarque qu’elle ne faisait que mettre sa première balle en jeu. Pour sa taille, Carol a une bonne première balle de service. Elle peut obtenir des retours courts sur son premier service, mais ce n’était pas le cas. »

Abanda : « Ce n’est pas pour trouver des excuses, mais tout le monde est arrivé ici un peu amoché, sauf Bianca. Depuis la Fed Cup (21-22 avril, à Montréal, où elle est tombée et a souffert d’une entorse cervicale et montrait des signes de contusion), Françoise ne s’est entraînée qu’environ trois heures en deux semaines avant de partir pour l’Europe. En arrivant ici, elle était vraiment malade — congestion de la gorge et des oreilles — et je ne sais vraiment pas comment elle a réussi à gagner un match contre une bonne joueuse (Yanina Wickmayer, à Trnava, en Slovaquie). Elle n’était donc pas bien préparée. J’espère qu’elle est guérie pour qu’elle puisse bien s’entraîner pour la saison sur le gazon. »

Carte postale de Paris

Le Monde est le journal intellectuel en France et sa une de jeudi a démontré le respect que le pays a toujours eu pour les artistes et les écrivains — qu’ils soient les siens ou ceux d’autres pays comme les États-Unis. Pour marquer le décès de Philip Roth, auteur américain lauréat d’un Pulitzer – Portnoy’s Complaint, Goodbye Columbus et American Pastoral – Le Monde a laissé une très grande place à Roth. Il est difficile d’imaginer qu’un journal américain lui offre le même traitement.