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Tebbutt : Des nouvelles de Rebecca

24 Avr 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Rebecca Marino a fait de Montréal sa base d’entraînement depuis qu’elle a amorcé son retour au jeu plus tôt cette année. Dimanche, elle était au Stade IGA pour appuyer l’équipe canadienne de la Fed Cup qui disputait une rencontre de barrage pour le Groupe mondial II contre l’Ukraine. Le capitaine de l’équipe, Sylvain Bruneau, a insisté pour qu’elle porte l’uniforme de l’équipe et elle était avec les autres joueuses et les membres du personnel lorsque Bianca Andreescu et Gabriela Dabrowski ont conclu l’affrontement en remportant le double décisif.

Sur la photo ci-dessus, une femme lui avait demandé, peu après le dernier match de dimanche, de poser avec ses deux enfants.

Tom Tebbutt s’est entretenu avec Marino, qui est âgée de 27 ans, à la fin de la rencontre de la Fed Cup. Lundi, après un hiatus de cinq ans et n’avoir pris part qu’à sept tournois d’entrée de gamme depuis janvier, elle s’est hissée au Top 500 de la WTA au 440e rang.

Voici un compte-rendu de notre séance de questions et réponses avec l’ancienne 38e mondiale (2011).

Q : Lorsque tu as joué ton premier match compétitif en janvier, à Antalya, en Turquie, quel a été ton sentiment le plus étrange ?

RM: En fait, j’étais surprise d’être très nerveuse pour chaque match et je n’avais pas ressenti cela depuis un bon moment. C’était étrange, mais je me suis débarrassé de cette sensation après les deux derniers matchs.

Q : Dans quelle mesure était-il important de gagner ton premier match (6-0, 6-1 contre la Belge Emilia Dejonckheere, 17 ans, en qualification) et de sentir que tu pouvais jouer à nouveau à un niveau professionnel — même si c’est contre des joueuses pas très bien classées ?

RM: C’était important pour moi, car je ne voulais pas revenir au jeu et frapper un mur, pour ainsi dire. Honnêtement, c’est lorsque j’ai obtenu mes premiers points (WTA) après quelques matchs — environ trois ou quatre — que j’ai pris une grande respiration et que je me suis détendue. C’était comme si j’avais fait mon travail.

Q : Qu’as-tu retiré de ces trois premiers tournois ITF en Turquie, étais-tu surprise de les gagner (17 victires consecutives) ?

RM: J’étais vraiment surprise. Je ne m’attendais pas à remporter trois épreuves d’affilée. Honnêtement, je voulais simplement obtenir un classement — un minimum de dix points ou trois tournois. Rien de plus. Mais j’étais heureuse et surprise.

Q: Qu’en était-il de ton jeu — on soupçonne que le service était encore bon, mais y avait-il autre chose qui t’inquiétait ?

RM: J’avais peur d’avoir perdu mon service, mais non. J’avais aussi peur de ne pas ressentir la même chose au coup droit et de ne pas bien me déplacer sur le terrain. Toutes ces inquiétudes sont disparues après la première semaine — c’était bien.

Q: Avais-tu l’impression d’être la vieille dame (à 27 ans), même s’il y a des joueuses de ton âge et même plus vieilles que toi ?

RM: Pour moi, le plus étrange était d’être un peu plus vieille et de devoir recommencer tout le processus. C’est ce que j’ai fait à 15 ou 16 ans. J’ai dû me rafraîchir la mémoire sur la façon de faire. Heureusement, il y a encore des joueuses de mon âge, si elles ne sont pas dans la trentaine. Donc, je peux au moins sentir que je ne suis pas la seule dans cette situation.

Q: Quelle était la différence entre la Turquie et les trois autres tournois de 25 000 $ au Japon, en mars — de toute évidence, le calibre des joueuses était plus élevé ?

RM: Il y avait beaucoup plus de joueuses mieux classées — il y avait des joueuses du Top 100 ou tout près. J’ai eu des matchs de meilleure qualité et j’ai affronté quelques-unes de ces filles du Top 100. C’était un bon tet pour voir où en était mon niveau et j’ai été agréablement surprise.

Q: Tu as perdu contre la Thaïlandaise Luksika Kumkhum (101e) 7-5, 2-6 et 7-5 en quart de finale, à Kofu. Qu’est-ce que tu te dis quand tu perds contre une bonne joueuse comme ça — était-ce frustrant ou étais-tu simplement heureuse de pouvoir rivaliser avec elle ?

RM: J’étais heureuse de pouvoir jouer contre elle, mais j’étais aussi frustrée parce que j’étais en avance d’un bris dans la troisième manche et je n’ai pas été capable de calmer mes nerfs. C’était un bon moyen d’apprendre comment rester calme sous la pression.

Q: La deuxième semaine, tu as perdu en qualification, à Kashiwa – 7-6(5) et 7-6(10) face à Zhang Liang, 28 ans et 334e, de Hong Kong. Quelles sont tes impressions sur ce match ?

RM: J’ai perdu 7-6, 7-6 et j’ai eu des balles de manche dans chaque manche. Je ne jouais pas tellement bien et il ventait beaucoup. Je n’ai pas profité des occasions. C’était une façon de rebondir et de repartir pour la semaine suivante… et cela a fonctionné.

Q: En finale du troisième tournoi à Osaka, l’Australienne Destanee Aiava (17 ans et 226e) t’a battue 6-3 et 7-6(2). Elle a affronté Simona Halep au premier tour des Internationaux d’Australie, en janvier, et a montré qu’elle pouvait frapper très fort. Commençais-tu à être au bout de ton rouleau à ce moment-là ?

RM: Rendue là, je commençais à être une peu fatigue et j’étais un peu ennuyée par une légère blessure — j’avais hâte de revenir à la maison pour la faire soigner, car je la ressentais depuis quelques mois. C’était irritant, mais pour être honnête, c’est une joueuse exceptionnelle et tout fonctionnait pour elle. Nous allons la voir beaucoup plus souvent à l’avenir, c’est sûr. Elle est vraiment bonne.

Q: Comment c’était d’avoir Bianca Andreescu (17 ans) avoir toi pendant les deux premières semaines a Japon – une joueuse de dix ans ta cadette ?

RM: C’était vraiment bien — nous nous entendons très bien et j’étais avec elle pour le Challenger Tevlin (à Toronto, en octobre) et à Saguenay (le Challenger Banque Nationale, également en octobre) même si je ne jouais pas. Apprendre à la connaître est génial. Voir quelqu’un que je connais un peu plus à ces tournois et voyager avec elle est agréable. Ça rend les choses un peu plus amusantes.

Photo credit: Pascal Ratthé/Tennis Canada

Q: Quels sont tes plans pour les prochains mois ?

RM: Mon objectif pour les prochains mois est de rester en Amérique du Nord et de joueur quelques tournois de 25 000 $ en Floride et ailleurs aux États-Unis, puis le circuit estival au Canada.

Q: Tu ne penses pas à demander un laissez-passer pour les qualifications de Wimbledon, ou quelque chose comme ça ?

RM : (rires) Je ne pense pas être assez connue pour participer aux tournois du Grand Chelem ou même aux grands tournois. Il est probablement préférable d’en demander un au Canada.

Q: Jusqu’à quel point es-tu obsédée par le calcul des classements — ou laisses-tu simplement aller les choses ?

RM: Je laisse aller, je ne peux pas trop me concentrer là-dessus ou comparer, car je ne fais que commencer. Pour moi, je pense que je suis tout simplement heureuse — lundi, je vais me hisser au Top 500. C’est un début. J’ai toute une année devant moi. Je ne peux pas être trop excitée.

Q: Y a-t-il quelqu’un qui t’encourage durant ton retour au jeu qui t’a surprise — quelqu’un avec qui tu as joué il y a longtemps ou des entraîneurs ?

RM: J’ai reçu beaucoup d’encouragement de la part de beaucoup de gens. C’était vraiment agréable d’avoir des nouvelles de Vasek (Pospisil) – il m’a envoyé une notre très gentille. Et bien sûr, je reste en contact avec toutes les joueuses du Canada. Elles sont toutes d’un grand soutien. C’est agréable de voir les gens m’approcher, être gentils et m’accueillir ainsi.

Q: Est-ce que cela te surprend de savoir qu’il y a autant de gens qui te soutiennent ?

RM: Cela me rend heureuse — j’essaie de ne pas trop prêter attention à qui regarde et qui écoute. Le soutien que je reçois me rend vraiment heureuse parce que je me sens un peu comme une joueuse négligée maintenant et j’espère que peux rendre tout le monde fier de moi.

SUCCÈS DE LA FED CUP À MONTRÉAL

Eugenie Bouchard, Bianca Andreescu et Gabriela Dabrowski ont toutes contribué à la victoire de 3-2 du Canada contre l’Ukraine, à la Fed Cup, le week-end dernier, à Montréal – un triomphe qui permet au Canada de conserver sa place au Groupe mondial II pour 2019.

Bouchard a remporté ses deux matchs de simple — contre Kateryna Bondarenko, samedi, et contre Lesia Tsurenko, dimanche (4-6, 6-2, 7-6[5]) après une bataille de deux heures et 39 minutes.

Bouchard avait perdu la première manche et menait 2-0 dans la deuxième avant que Tsurenko parvienne à créer l’égalité à 2-2. À ce moment-là, elle avait l’air un peu fatiguée (photo).

Plus tard, elle confiait : « au milieu de la deuxième manche, je me suis dit que j’étais fatiguée, puis une heure plus tard, je me disais que ça faisait une heure que j’étais fatiguée. C’était tellement long. Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. »

Ce qui est arrivé, c’est qu’elle s’est accrochée, qu’elle a continué de se battre et qu’elle a été récompensée par une grande victoire.

Il est impossible de savoir comment cela affectera son avenir, mais la ténacité et l’engagement dont elle a fait preuve pour obtenir le gain ne peuvent qu’être un signe positif.

Quant à Andreescu, elle menait 6-4, 3-1 contre la 41e mondiale Tsurenko lors du premier match de samedi et était visiblement la plus dominante sur le terrain. Son agressivité débridée sur le terrain a surpris l’Ukrainienne de 28 ans et elle semblait vouloir s’envoler avec la victoire. Malheureusement, elle a eu des crampes aux jambes — peut-être liées au fait qu’elle était une remplaçante de dernière minute pour Françoise Abanda, blessée, ou à un entraînement trop difficile la veille parce qu’elle ne pensait pas jouer samedi.

À 17 ans, Andreescu a déjà la puissance pour menacer n’importe qui — et son classement actuel de 201e devrait progresser rapidement si elle reste en bonne santé.

Dans la victoire en double de dimanche contre Bondarenko et Olga Savchuk, elle a été aidée par Dabrowski, 10e mondiale de la spécialité et championne du double mixte de Roland-Garros et des Internationaux d’Australie au cours des 10 derniers mois.

Dabrowski, 25 ans, possède le service et l’ensemble des compétences pour être une joueuse de double dominante et est destinée à donner à l’équipe canadienne l’assurance qu’elle peut bien faire avec n’importe quelle partenaire lorsque les rencontres de la Fed Cup se décident sur le cinquième match.

Sylvain Bruneau, capitaine de l’équipe canadienne, mérite des félicitations pour avoir dirigé son navire dans des eaux très agitées et inhabituelles au cours du week-end.

Quand tout a été terminé, il était soulagé et ravi du résultat. Il est parvenu à prendre du recul et à faire des observations sincères sur tout ce qui s’est passé samedi et dimanche.

« Honnêtement, je ne pourrais pas être plus fier de l’équipe, de la façon dont les filles se sont battues », commentait-il. « Elles ont tout laissé sur le terrain dans chacun des matchs — et je dois dire que c’est aussi ce qu’a fait l’Ukraine. »

KATERYNA ET KARINA

Photo credit: Pascal Ratthé/Tennis Canada

Certaines joueuses de tennis sont plus photogéniques que d’autres. Kateryna Bondarenko, 31 ans, qui représentait l’Ukraine à la Fed Cup à Montréal, semble être l’une d’entre elles.

Pendant que Bondarenko disputait son match de simple, samedi, sa fille était assise avec le médecin de l’équipe ukrainienne. Karina, qui aura cinq ans le mois prochain, ne semblait pas trop s’intéresser au match de sa mère, mais elle s’est tout de même bien comportée.

CARTE POSTALE DE MONTRÉAL

Cette murale se trouve sur un bâtiment situé dans la petite rue Sainte-Élisabeth, juste à côté de la rue Sainte-Catherine, près de l’Université du Québec à Montréal. Juste à côté se trouve le Pub Ste-Elisabeth, un établissement de style anglais au milieu de l’un des quartiers les plus francophones de la ville.