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TC125 : Les tournois

02 Déc 2015
written by: Tennis Canada
written by: Tennis Canada

Tennis Canada célèbre son 125e anniversaire cette année en tant qu’artisan du tennis au pays. Au cours des prochaines semaines, nous honorerons la riche histoire du tennis au Canada ainsi que les nombreuses personnes et les moments qui ont joué un rôle important dans la toile du tennis canadien. Voici donc la deuxième partie d’une série de cinq.

La mission de Tennis Canada est d’assurer la croissance du tennis au pays, mais la réalisation de cette mission serait impossible sans nos deux tournois phares, piliers du tennis estival. Les Internationaux du Canada (maintenant connus sous le nom de Coupe Rogers présentée par Banque Nationale) ont toujours été la fondation de l’organisation. Le tournoi, qui était à l’époque une vitrine pour les joueurs canadiens, est devenu l’un des plus respectés et des plus visités de tout le calendrier du tennis. Qui plus est, toutes les recettes des épreuves de Toronto et de Montréal sont directement réinvesties dans le développement du tennis au Canada pour, notamment, accroître la participation chez les enfants, construire des installations de classe mondiale et développer de futurs champions. Regardons ensemble l’évolution du tournoi canadien.

Emplacement, emplacement, emplacement

Croyez-le ou non, la première édition des Internationaux du Canada a eu lieu en 1881 après qu’Isidore Hellmuth (en quelque sorte le pionnier du tennis au pays) eut pris la responsabilité de l’organiser au Toronto Lawn Tennis Club. Les Internationaux du Canada sont ainsi le troisième plus ancien tournoi du monde après les Internationaux des États-Unis et Wimbledon. C’est d’ailleurs Hellmuth qui a remporté le tournoi inaugural et il sera finaliste à trois reprises en simple en plus de conquérir les grands honneurs du double une fois durant les premières années au Toronto Lawn.

Constituée en personne morale en 1890, la Canadian Lawn Tennis Association (précurseur de Tennis Canada) a commencé à songer à des façons de faire grandir le tournoi. La première étape était la création d’un championnat féminin qui a vu le jour en 1892. Peu de temps après, le besoin d’un plus grand site c’est fait sentir et le tournoi a déménagé à Niagara-on-the-Lake, en Ontario.

C’est ici, à l’hôtel Queen’s Royal, que le tournoi a vraiment pris son envol. Les Internationaux du Canada, qui attiraient les meilleurs joueurs et joueuses de l’Amérique du Nord ainsi qu’un nombre inégalé de spectateurs et beaucoup d’attention médiatique, ont atteint de nouveaux sommets. Le tournoi a été disputé 14 fois à Niagara-on-the-Lake au cours des 20 premières années. Cependant, en 1915, la Première Guerre mondiale a forcé l’annulation du tournoi durant quatre ans et il n’est jamais revenu dans cette ville pittoresque.

The rich would host the players at there homes

Après la guerre, dans un effort pour faire revivre les championnats du Canada, le tournoi a été présenté à divers endroits. En effet, il a eu lieu à Winnipeg, Vancouver, Victoria, Toronto, Montréal et ailleurs, se promenant d’un océan à l’autre dans les années 1930 sans toutefois retrouvé la magie de ses années à Niagara. La Deuxième Guerre mondiale provoquera par la suite un autre arrêt des activités de 1940 à 1945.

Ce n’est qu’en 1968, au début de l’ère ouverte, que le tournoi s’installera en permanence à Toronto où il sera disputé en alternance au Toronto Lawn Tennis Club et au Toronto Cricket, Skating and Curling Club. Néanmoins, après cinq ans de cette formule, il est devenu évident que le tournoi était à l’étroit et que l’on devait lui trouver un nouveau site.

En 1975, Ken Sinclair, Klaus Bindhardt et Lawrie Strong ont conclu une entente avec l’université York pour y présenter la compétition. C’est en 1976, de peine et de misère, qu’ils ont organisé les Internationaux du Canada au Centre national de tennis dont le strict nécessaire avait alors été construit.

Tennis Canada - Toronto old site centre court

Après les succès des cinq premières années à l’université York, Tennis Canada a répondu à la demande du commanditaire Imperial Tobacco de présenter le tournoi à Montréal et c’est alors que le stade du parc Jarry a été aménagé pour y recevoir du tennis. Afin de ne pas donner le monopole à l’une ou l’autre des villes, il a été entendu qu’à compter de 1981, les volets masculin et féminin de la compétition seraient disputés en alternance entre Montréal et Toronto. C’est ainsi qu’est né le modèle unique qui tient toujours.

Un seul autre changement concernant le site a été nécessaire pour permettre aux tournois de s’épanouir. Lorsqu’il est devenu évident que le stade de York avait besoin d’importantes rénovations, une nouvelle entente accordant un plus grand terrain sur le campus a été signée. Sous la direction d’Harold Milavsky, Derek Strang et Stacey Allaster, le Centre Aviva (anciennement le Centre Rexall) a ouvert ses portes en 2004 et accueille encore aujourd’hui l’épreuve de Toronto.

Du progrès au prestige

L’emplacement ne constitue pas la seule raison pour laquelle les tournois font aujourd’hui partie de l’élite mondiale. Au fil des ans, les Internationaux du Canada ont acquis une réputation d’excellence qui les place dans une catégorie à part.

Un des premiers pas de ce progrès a été effectué en 1890 alors que Charles Hyman et la Canadian Lawn Tennis Association décidaient d’adopter les règlements de l’All England Lawn Tennis Club et de Wimbledon, ce qui a eu pour effet de placer le tournoi au niveau des championnats internationaux. En 1961, il a été décidé que les matchs du volet masculin seraient disputés au meilleur de cinq manches comme dans les Grands Chelems.

La présentation du tournoi à Niagara durant de nombreuses années avait prouvé que la voie à suivre était de conserver l’épreuve dans une ville pour ainsi assurer sa croissance et sa longévité. L’arrivée de l’ère ouverte a apporté de réels changements et c’est ainsi que les derniers championnats amateurs au Canada ont eu lieu en 1967.

Les administrateurs de la Canadian Lawn Tennis Association, y compris Don Fontana et le président Klaus Bindhardt, ont joué un rôle clé dans la professionnalisation du tournoi. Un facteur important était de choisir la bonne semaine du calendrier. Ils se sont approprié une période de temps à deux semaines des Internationaux des États-Unis, sachant fort bien que ce serait une semaine parfait pour les joueurs arrivant en Amérique du Nord en préparation pour l’un des plus importants tournois de la saison.

Le prestige du tournoi a grandi lentement, mais sûrement. L’assistance est passée de 1 500 spectateurs en 1968 à plus de 50 000 en 1979 et en 1985, elle était de plus de 100 000 personnes. Aujourd’hui, ce sont environ 150 000 à 200 000 amateurs qui franchissent les tourniquets durant les neuf jours de compétition des deux épreuves.

Centre Court

La télévision a également participé au rayonnement des tournois. En 1973, la première finale des Internationaux du Canada a été diffuse sur les ondes de CBC et à la fin des années 1980, l’équipe des télédiffuseurs comprenait aussi le réseau américain ESPN. Le tournoi avait officiellement obtenu son statut d’élite internationale et aujourd’hui, il est diffusé dans plus de 190 pays, rejoignant un auditoire de plus de 50 millions de téléspectateurs.

Il fallait également s’assurer que les bourses offertes respectaient les normes de l’ATP et de la WTA afin de maintenir les épreuves canadiennes dans les échelons supérieurs de la hiérarchie du tennis. Aujourd’hui, le tournoi fait partie du Circuit Masters 1000 de l’ATP et du Circuit Premier 5 de la WTA – niveau qui arrive immédiatement après les Grands Chelems.

Mettre en vedette les meilleurs du monde

Avec l’arrivée de l’ère ouverte et l’augmentation régulière de la bourse, le tournoi a commencé à attirer la crème de la crème. Ainsi, Rod Laver, Roy Emerson, Margaret Court et Evonne Goolagong ont évolué au Canada dans les années 1960 et 1970. Au milieu des années 1970, Bjorn Borg, Guillermo Vilas, Ilie Nastase, Martina Navratilova, Billie Jean King et Chris Evert étaient également du nombre. À l’exception de King, ils ont tous soulevé le trophée canadien au moins une fois.

Dans les années 1980, aucun autre tournoi de la planète, à part les Grands Chelems, n’a su attirer autant de bons joueurs et de bonnes joueuses. On pouvait y voir Jimmy Connors, John McEnroe, Boris Becker, Tracy Austin, Pam Shriver et Gabriela Sabatini. Au cours des années 1990, les amateurs ont aussi été choyés par la présence d’Andre Agassi, Pete Sampras, Monica Seles et Steffi Graf.

Monica Seles2

On aurait du mal à trouver un grand nom qui n’aurait pas pris part aux tournois de Toronto et de Montréal au cours des 50 dernières années. Récemment, ces vedettes comprenant les « 4 grands » du tennis masculin. Federer (2), Djokovic (3), Murray (3) et Nadal (2) ont tous été couronnés plus de deux fois. Au cours de sa carrière, Serena Williams a récolté le trophée à trois reprises.

Le nombre de duels mémorables est trop grand pour vous les présenter ici, mais la présence régulière des meilleurs joueurs permet encore au Canada d’être le centre de la planète tennis une semaine par année.

On est jamais aussi bien que chez soi

Un des nombreux charmes des Internationaux du Canada est de présenter des talents de chez nous sur le Court central pour le plus grand plaisir des amateurs passionnés. Non seulement les amateurs sont-ils heureux de suivre les succès des joueurs canadiens, mais cela représente une occasion unique pour nos représentants de jouer devant leurs partisans.

De nombreux moments mémorables sont survenus au fil des ans, à commencer par la conquête d’Hellmuth lors de la toute première édition du tournoi. Par la suite, les Canadiens ont régulièrement décroché la couronne jusqu’à 1958 alors que Bob Bédard devenait le dernier joueur du pays à réaliser l’exploit. Chez les femmes, Faye Urban est la dernière à remporter les grands honneurs et la seule à mettre la main sur le trophée après le début de l’ère ouverte en 1969.

En 1968, première année du statut professionnel du tournoi, Mike Belkin, qui a occupé le sommet du classement canadien durant une grande partie des années 1960, a atteint la demi-finale. Il faudra atteindre plusieurs décennies avant de voir un autre Canadien se rendre aussi loin dans le tableau. En effet, ce n’est qu’en 1985 que la jeune Carling Bassett accédera aux quarts de finale. Helen Kelesi a fait de même en 1987, tandis que Grant Connell et Andrew Sznajder l’imitaient en 1989. Patricia Hy (1992) et Aleksandra Wozniak (2012) sont les deux seules autres femmes à participer à cette étape du tournoi alors que Frank Dancevic atteignait les quarts de finale masculins en 2007.

Thank the fans

C’est en 2013 qu’une étape de plus a été franchie en simple et cela par deux joueurs plutôt qu’un seul. Ainsi, Milos Raonic et Vasek Pospisil ont connu des parcours de rêve jusqu’en demi-finale pour s’affronter dans ce qui fut un tournant important de l’histoire du tennis canadien. Raonic a vaincu son compatriote pour atteindre la finale, devenant par le fait même le premier Canadien à réussir cet exploit depuis Bédard en 1958.

En double, Daniel Nestor continue de régner, ayant remporté le titre canadien à deux reprises, dont une fois avec son compatriote Sébastien Lareau.

Chaque année, ces joueurs attirent les foules à Toronto et à Montréal tout autant que les grandes vedettes internationales, car rien n’éclipse le sentiment de fierté nationale.

Le soutien des entreprises, pierre angulaire du succès

À certains moments de l’histoire, l’avenir du tournoi a semblé très incertain et il doit sa survie à l’appui des entreprises par le biais de commandites.

À sa première année en tant que tournoi professionnel, la bourse totale était de 2 000 $. Ce montant était assez élevé pour convaincre les meilleurs joueurs de participer une fois, mais pas au-delà. En 1969, Rothman’s a fait acte de foi et a été le premier à s’associer à l’organisation, permettant ainsi d’augmenter la bourse de 20 000 $. Rothman’s est resté dans la partie jusqu’en 1978 et avait alors aidé à faire passer la bourse à 210 000 $ – la cinquième plus importante du circuit. Cela assurait donc l’attraction des joueurs envers le tournoi.

Alors que les inquiétudes de ne pouvoir remplacer un tel soutien devenaient de plus en plus grandes, Paul Paré et Imperial Tobacco ont sauvé la mise. C’est ainsi que les Internationaux Player’s ont vu le jour en 1979. Imperial Tobacco était bien plus qu’un commanditaire en titre, il était aussi un partenaire dans la croissance du sport au pays, une qualité que nous recherchons encore aujourd’hui lorsque nous sollicitons de nouvelles entreprises.

Paul Pare (middle)

Pendant ce temps, la bourse ne cessait d’augmenter. En 1986, elle était d’un demi-million de dollars et de plus de 1,5 million en 1990. Imperial Tobacco a maintenu son partenariat durant plus de 20 ans. Même si le nom du tournoi a été les Internationaux Player’s, et l’Omnium Du Maurier, il a toujours été soutenu par monsieur Paré et son successeur Wilmat Tennyson.

L’année 2001 marque l’arrivée d’un nouveau commanditaire en titre alors que l’entreprise de télécommunications Rogers prenait la relève et qu’était présentée la première édition de la Coupe Rogers AT&T. Bien que Rogers soit devenu un géant du monde des affaires et un important conglomérat de médias, il n’a jamais abandonné le tennis. Qui plus est, Rogers vient de reconduire son partenariat jusqu’en 2020.

En 2015, la bourse était de 4,1 millions pour le volet masculin et de 2,6 millions pour le volet féminin. Le statut du tournoi reste le même et sa réputation est reconnue à travers le monde. Sans l’appui des commanditaires en titre et de plusieurs autres partenaires, notamment la Banque Nationale en tant que commanditaire présentateur, les Internationaux du Canada ne seraient pas aussi prestigieux qu’ils le sont aujourd’hui.

Il n’y a qu’une façon d’avancer… et c’est vers le haut

Vous vous demandez peut-être quelle est la prochaine étape. Comment Tennis Canada peut-il continuer de se surpasser? La réponse est à la fois simple et complexe. Être meilleur. Être les meilleurs. Innover tout en apprenant des autres. Ne pas s’asseoir sur nos lauriers, car la compétition est féroce.

Aviva Centre Arial

Nous concentrerons nos efforts pour améliorer l’expérience des amateurs, rendre le tournoi le plus intime possible afin de rapprocher les spectateurs de leurs joueurs préférés, offrir aux joueurs des services et un accueil de la plus haute qualité et devenir la destination privilégiée des amateurs de sport du Canada et du monde entier.

Comment y parviendrons-nous? Vous devrez le constater de vos propres yeux. L’édition 2016 de la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale se déroulera du 23 au 31 juillet alors que les hommes seront à Toronto et les femmes à Montréal.

Nous en avons fait du chemin depuis le Toronto Lawn. Monsieur Hellmuth serait très fier.

La troisième partie de Tennis Canada 125 célèbrera les nombreuses réalisations des joueurs canadiens, posant un regard sur les moments symboliques produits par les joueurs et les équipes qui sont devenus des modèles pour les futures générations.

Pour voir d’autres moments forts du tennis canadien, consultez notre microsite du 125e anniversaire et  fêter avec nous!