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Immense merci, Aleksandra

21 Déc 2018
written by: Mario Brisebois
written by: Mario Brisebois

Durant toute sa carrière de joueuse, Aleksandra Wozniak se sera fait une spécialité de multiplier et de réussir ses premières.

Avant Eugenie Bouchard, Aleks a été la première Québécoise à s’adjuger un titre de la WTA (Stanford 2008), à se tailler une place au Top 20 (21e), à participer aux Jeux olympiques. De plus, elle possède la plus belle fiche au pays à la Fed Cup grâce à 40 victoires et 12 défaites. Cette semaine, elle a ajouté une autre première.

Il n’est pas surprenant que les amateurs de sport prêtent toujours attention à la Blainvilloise et lui vouent une affection particulière.

Comme si un moment comme celui de l’annonce de sa retraite n’exigeait pas de canaliser toute son énergie avec la surcharge d’émotions, imaginez qu’elle avait pensé à apporter des boîtes de beignes polonais pour offrir aux journalistes qui ont suivi sa carrière.

« Aleks a toujours été d’une très belle générosité. De fait, elle a toujours dit oui pour nous aider », mentionnait Jean-François Manibal, directeur général de Tennis Québec, qui connaît Aleksandra depuis ses débuts chez les juniors.

« De fait, Aleks est d’une grande authenticité, ce qui est tout à son honneur lorsqu’on voit comment tout fonctionne (au niveau des valeurs) dans le sport aujourd’hui », de renchérir André Barrette, le gérant-coordonnateur de l’équipe canadienne de la Fed Cup à laquelle Aleks a tant contribué.

UNE PIONNIÈRE DÉLAISSÉE PAR LA SANTÉ

Dans les hommages, Louis Borfiga, vice-président du développement de l’élite de Tennis Canada, qualifie avec justesse Aleksandra Wozniak de « pionnière ».

Il faut savoir qu’elle a appris son tennis à la création du Centre national.

« Je demandais à mon père (Tony) de venir me faire frapper des balles », se rappelle-t-elle pour ses débuts avec des moyens modestes qui ne l’ont néanmoins pas empêché de joindre les plus grandes.

Quitter la compétition à 31 ans est relativement précoce, quand on voit de plus en plus de trentenaires exceller, comme Roger Federer, Rafa, Djoko ainsi que les sœurs Williams, mais force est d’admettre qu’Aleks a passé tellement plus de temps à l’infirmerie que sur les courts ces sept ou huit dernières années.

« C’est lors d’un voyage en Pologne à l’automne, avec mes parents, pour y visiter ma grand-mère (94 ans) que la décision a été prise. Cela fait 28 ans que je joue au tennis. Le corps ne voulait plus suivre avec la façon dont je joue », reconnaît celle qui a cumulé une fiche de 363-242 sur le circuit professionnel.

RÉTROSPECTIVE ET PROJET D’AVENIR

Dans la nostalgie, Aleksandra Wozniak a néanmoins eu un sourire de satisfaction légitime en faisant le bilan, à commencer par ses débuts à trois ans pour imiter sa sœur aînée (Dorota) qui a été championne canadienne, son 3e rang mondial chez les juniors aux mêmes années que Caroline Wozniacki et Victoria Azarenka, ainsi que ses huit victoires en neuf jours notamment contre Serena et Marion Bartoli pour être couronnée à Stanford. Et comment oublier son quart de finale à la Coupe Rogers devant son monde à Montréal en 2012.

Aleks renonce à la compétition, mais pas au tennis. Elle veut rester impliquée.

Dans la bonne humeur, Valérie Tétreault, son ex-coéquipière qui va très bien dans sa deuxième carrière à titre de numéro un des communications à Tennis Canada, a passé le message à son ancienne chef de file qu’il existait une deuxième vie après celle de joueuse.

Dès le début en 2019, elle fera la visite de 50 écoles dans le cadre du programme scolaire de Tennis Québec.

Elle désire travailler auprès des jeunes.

Avis aux clubs : « J’aimerais lancer mon académie », souhaite-t-elle.

D’ici là, d’immenses mercis, madame Wozniak, pour les beignes… les résultats, les souvenirs et l’inspiration.

 

*Photo en vedette : Roger Lauzon