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Tebbutt : Qui est prêt pour RG ?

15 Mai 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

La saison 2018 sur terre battue s’est rapidement écoulée et nous en sommes à la dernière grande épreuve avant Roland-Garros — l’Open d’Italie de cette semaine, également connu sous le nom d’Internazionali BNL d’Italia.

Chez les hommes, malgré sa défaite en quart de finale la semaine dernière à Madrid, Rafael Nadal a été et demeure la figure dominante. Toutefois, les choses ne sont pas aussi évidentes du côté féminin.

Sur les neuf tournois de catégorie Premier de la WTA, huit joueuses ont été couronnées championnes, seule Petra Kvitova – Doha t Madrid – a réussi à conquérir plus d’un titre.

Son trophée de dimanche à l’Open de Madrid est son troisième dans la capitale espagnole, mais ce tournoi (disputé à une altitude de 667 mètres) n’est pas considéré comme le meilleur indicateur pour ce qui pourrait survenir sur la terre battue du 16e arrondissement parisien.

Kvitova a récolté quatre titres depuis le début de l’année et amorcera Roland-Garros avec une séquence victorieuse de 11 matchs après ses triomphes à Prague et à Madrid.

@Petra_Kvitova

La puissante Tchèque possède une fiche de 21-9 à Roland-Garros et a atteint la demi-finale en 2012 et le quatrième tour en 2011 et en 2015. Cependant, elle n’est que l’une des nombreuses joueuses qui seront de sérieuses prétendantes au titre. Ce groupe comprend les anciennes championnes Garbine Muguruza (2016) et Maria Sharapova (2012, 2014) et même la championne en titre Jelena Ostapenko. La jeune Lettonne de 20 ans ne compte qu’une victoire et deux défaites sur l’argile cette année, mais possède une fougue qui suggère qu’elle pourrait être capable de raviver la magie de l’an dernier.

Il ne fait aucun doute que la favorite sentimentale sera Simona Halep, finaliste de 2017. L’an dernier, la numéro un mondiale actuelle avait plié l’échine face à Ostapenko après avoir mené 6-4, 3-0 avec trois balles de bris pour faire 4-0. Elle avait également subi la défaite en des comptes de 7-6(2), 3-6 et 6-4 après avoir été à égalité 4-4 à la manche ultime contre Caroline Wozniacki en finale des Internationaux d’Australie.

À Roland-Garros, Wozniacki n’a que deux quarts de finale en dix participations, mais son premier titre de Grand Chelem, à Melbourne en janvier, a donné une nouvelle stature à la Danoise de 27 ans.

La liste des prétendantes comprend aussi la puissante Karolina Pliskova, demi-finaliste à Madrid et gagnante du tournoi de Stuttgart, le mois dernier.

Il y a également Kiki Bertens, championne sur la terre battue de Charleston et finaliste à Madrid, Elina Svitolina, 4e mondiale et championne en titre de Rome, les Américaines Venus Williams, Sloane Stephens et Coco Vandeweghe ainsi que Caroline Garcia, Elise Mertens et peut-être même Angelique Kerber.

Serena Williams — gagnante en 2002, 2013 et 2015 — pourrait jouer à Roland-Garros, mais il est difficile d’imaginer que la joueuse de 36 ans, qui occupe le 454e rang, retrouve sa meilleure forme — avec sept matchs à disputer — après tout ce qu’elle a traversé au cours de la dernière année et sans un seul match préparatoire sur la terre battue.

Victoria Azarenka, maintenant 84e, mais en meilleure forme, aurait pu être une possibilité, mais elle a été battue 6-3 et 6-0 par Naomi Osaka au premier tour de Rome, lundi. La Japonaise pourrait-elle causer des surprises comme elle l’a fait avec son triomphe à Indian Wells ?

Un précédent a été établi pour un résultat-choc — il a à peine 12 mois, Ostapenko, qui occupait le 47e rang, est venue de nulle part pour brandir la Coupe Suzanne Lenglen.

Au sujet des « Coupes », il a un an, la Fédération française de tennis a offert une réplique de la Coupe des Mousquetaires à oncle Toni Nadal, entraîneur de longue date de Rafa.

Le protégé d’oncle Toni venait de remporter un incroyable 10e titre de Roland-Garros et reste le favori pour mettre la main sur son 11e le 10 juin prochain. Sa défaite de 7-5 et 6-3 aux mains de Dominic Thiem en quart de finale à Madrid est plus un contretemps qu’un signe avant-coureur. L’an dernier, Thiem avait vaincu Nadal en quart de finale à Rome avant que le Majorquin ne se venge par 6-3, 6-4 et 6-0 au carré d’as à Paris.

« Il y a trois semaines, je l’ai battu 6-0 et 6-3 (en fait 6-0 et 6-2) », a commenté Nadal après sa défaite à Madrid en faisant référence à son gain aux dépens de l’Autrichien en quart de finale de Monte-Carlo. « Il a simplement été meilleur que moi aujourd’hui, comme j’ai été meilleur que lui il y a quelques semaines. »

« Cette semaine, il a été l’adversaire le plus coriace. Il n’y a pas de doute là-dessus. Cela fait partie de notre réalité. S’il me bat trois fois de suite, on pourra peut-être dire qu’il sait bien lire mon jeu et qu’il peut me battre. Aujourd’hui, il était meilleur que moi, et c’est tout. »

Ce pourrait être une défaite stratégique pour Nadal afin d’éliminer une partie de la pression après son record de 50 manches consécutives gagnées sur la terre battue à l’approche de Roland-Garros. Le poids des attentes peut même atteindre les plus grands — comme cela s’est produit en 2011 lorsque Novak Djokovic est arrivé à Paris avec une fiche parfaite de 41 gains, mais qu’il a été surpris par Roger Federer en demi-finale. C’était d’ailleurs sa seule défaite aux mains de Nadal (6-0) ou de Federer (4-1) cette année-là.

À l’époque, Ivan Lendl, champion en 1984, 1986 et 1987, semblait toujours avoir une défaite dans un tournoi préparatoire en vue de Roland-Garros qui servait à l’enflammer et à éliminer toute tendance à la complaisance.

La défaite de Nadal à Madrid, et surtout la façon dont il a permis à Sascha Zverev, l’éventuel vainqueur, et au finaliste Thiem de mettre en valeur leur pedigree sur la terre battue rouge, a mis un peu de piquant à la veille de Roland-Garros. Les couronnements du roi Rafa sont très bien, mais pas si tout le monde ne sert que de figurant.

Denis, Milos et Eugenie Genie

Denis Shapovalov a été une révélation sur la terre battue de Madrid en atteignant le carré d’as après avoir notamment éliminé le 22e mondial Kyle Edmund et le 24e Milos Raonic.

Au tour initial, il a signé sa première victoire de l’ATP sur la terre battue en indiquant la sortie à Tennys Sandgren, puis a paru de plus en plus à l’aise sur cette surface.

« Cela a été une semaine extraordinaire », résumait-il après savoir perdu 6-4 et 6-1 en demi-finale face à Sascha Zverev. « Obtenir ma première victoire sur l’argile, accéder au carré d’as d’un tournoi d’une telle envergure, je n’aurais jamais imaginé réussir cela.

« Je suis très heureux. Cela me donne énormément confiance. »

Il a admis qu’il était déçu de son niveau de concentration pendant sa défaite contre Zverev, laissant entendre que c’était peut-être à cause de la longue attente pendant la finale féminine et l’effet cumulatif d’une longue semaine.

Photo : Mauricio Paiz

Milos Raonic a remporté sa meilleure victoire de l’année au deuxième tour à Madrid en s’imposant 7-5, 3-6 et 6-3 face à Grigor Dimitrov. Il n’a pas connu sa meilleure journée contre Shapovalov au tour suivant, mais son compatriote de 19 ans était un derviche tourbillonnant de tirs phénoménaux. De plus, Raonic n’était peut-être pas au sommet de sa forme physiquement, car par la suite, il s’est retiré de l’épreuve de Rome en raison d’un problème récurrent au genou droit (ménisque) qui l’ennuie depuis le mois de novembre.

Après sa défaite de 6-4 et 6-4 aux mains de Shapovalov, Raonic a été la cible de quelques attaques étranges de la part d’un chroniqueur du Globe and Mail. Le journaliste a commencé son article hyperbolique par ce paragraphe : « Bien qu’il ne soit âgé que de 27 ans, Milos Raonic a atteint le stade des Rolling Stones à 60 ans. Les problèmes de santé interrompent souvent son parcours. Il ne sait pas qui appartient à son groupie de soutien. Les vieux succès ne frappent plus aussi fort. »

Les tirs faciles et bon marché se sont poursuivis alors qu’il ajoutait : « Il ne peut encore couvrir que la largeur (considérable) de ses bras, tandis que le sport se dirige vers des hommes plus petits et plus rapides. »

Tout d’abord, n’oublions pas que, la veille, il avait éliminé le 4e mondial Dimitrov — ce qui n’est pas une mince affaire. Deuxièmement, si « le sport se dirige vers des hommes plus petits et plus rapides », comment se fait-il qu’il n’y ait jamais eu un Top 10 plus grand (voir ci-dessous) dans l’histoire du tennis, y compris cinq joueurs qui mesurent au moins 6 pieds 6 pouces ?

Voici les membres actuels du Top 10 et leur taille :

1er Roger Federer – 6 pieds 1

2e Rafael Nadal – 6 pieds 1

3e Grigor Dimitrov – 6 pieds 3

4e Sascha Zverev – 6 pieds 6

5e Marin Cilic – 6 pieds 6

6e Juan Martin del Potro – 6 pieds 6

7e Kevin Anderson – 6 pieds 8

8e Dominic Thiem – 6 pieds 1

9e John Isner – 6 pieds 11

10e David Goffin – 5 pieds 11

Photo credit: Mauricio Paiz

La semaine dernière a été difficile pour Eugenie Bouchard — elle n’a même pas eu la chance de sauter sur le terrain, car une douleur abdominale l’a forcée à déclarer forfait avant son match de premier tour contre Andrea Petkovic au tournoi ITF de Cagnes-sur-Mer, en France.

Il y a presque un an, un autre malheur l’a fait dérailler alors qu’elle était sur une pente ascendante après avoir atteint les quarts de finale à Madrid, où elle avait notamment signé une victoire mémorable et inspirée face à Maria Sharapova. La semaine suivante, elle s’est foulé la cheville, a dû se retirer de l’épreuve de Nuremberg, où elle avait remporté le titre en 2014. Le joint la dérangeait encore quand elle a décidé, à mauvais escient, de participer à Roland-Garros (même si elle a franchi un tour) et a ruiné tout l’élan qu’elle avait créé à Madrid.

Ce dernier contretemps l’a privée d’une chance d’obtenir des points de classement à Cagnes-sur-Mer et a entraîné une chute au 169e rang. En espérant qu’elle pourra prendre part aux qualifications de Roland-Garros la semaine prochaine. Si elle ne peut pas et ne défend pas les 70 points qu’elle a récoltés en atteignant le deuxième tour à Paris, elle pourrait dégringoler jusqu’au 200e échelon.

Bouchard a fait preuve de beaucoup de détermination pour revenir là où son talent et ses capacités devraient l’emporter. À l’âge de 27 ans, Andre Agassi avait chuté au 141e rang (novembre 1997) avant de remonter jusqu’au sommet du classement de l’ATP en 20 mois. Il pourrait être une source d’inspiration pour Bouchard, 24 ans, alors qu’elle fait face au plus grand défi de sa jeune carrière.

Maria s’endurcit

Maria Sharapova, détentrice de cinq titres de Grands Chelems, s’est brièvement entraînée avec Rafael Nadal, à Rome, et semblait satisfaite de ses performances.

Les couples du tennis

Ce GIF (qui n’est plus publié dans le site Web de l’Open Mutua de Madrid), de Dominic Thiem et de sa copine Kristina Mladenovic s’embrassant après la victoire face à Rafael Nadal vendredi dernier, m’a fait réfléchir sur les couples du tennis.

Les plus célèbres des dernières décennies ont probablement été ces trois couples — chacun d’entre eux ayant atteint le premier rang du classement : Chris Evert et Jimmy Connors, Steffi Graf et Andre Agassi, Kim Clijsters et Lleyton Hewitt.

Parmi les amoureux actuels, les plus en vue sont Thiem et Mladenovic, Ajla Tomljanovic et Nick Kyrgios, Donna Vekic et Stan Wawrinka, Madison Keys et Bjorn Fratangelo — ce dernier, qui occupe le 109e rang, est le seul joueur qui ne figure pas dans le Top 70.

N. B. Le prochain carnet de Tebbutt (en fin de journée) proviendra des qualifications de Roland-Garros — au revoir.