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Tebbutt : Le sang-froid de Denis

29 Mai 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

C’était peut-être sa première visite dans la salle d’entrevues principale de Roland-Garros, mais Denis Shapovalov n’était manifestement pas perturbé lorsqu’il s’est assis pour répondre aux questions. Il a souri et les premiers mots sortis de sa bouche aux 25 ou 30 journalistes devant lui ont été « quoi de neuf ? »

Cela en dit beaucoup sur l’aisance du jeune joueur de 19 ans de Richmond Hill, en Ontario. Son aplomb était également évident sur le terrain dans la façon dont il s’est comporté au début du match du premier tour qu’il a remporté 7-5, 6-4 et 6-2 face à l’Australien John Millman, 59e mondial.

Le match a commencé dans une bruine légère et Shapovalov, après avoir raté trois balles de bris, a concédé son propre service au jeu suivant sur un revers gagnant de Millman pour tirer de l’arrière 3-1.

Lorsque Millman a porté la marque à 4-1, Shapovalov est devenu agité, ennuyé par les conditions de plus en plus inconfortables et s’est exclamé « pourquoi sommes-nous même ici ? »

Il s’est entretenu avec l’arbitre britannique Alison Hughes, mais a rapidement réussi à se calmer. Il a conservé son service et a ensuite à briser son rival à pour faire 5-3 en faveur de l’Australien.

Alors qu’il servait pour la manche, Millman avait le premier acte dans la raquette, mais il a frappé un coup droit à l’extérieur. Deux points plus tard, Shapovalov avait repris le bris et la marque était de 5-4. Shapovalov a remporté son service, a brisé Millman une deuxième fois à 5-5, puis a, à son tour, servi pour la manche avant de l’empocher après 51 minutes de jeu – y compris un arrêt de 10 minutes en raison de la pluie.

À partir de ce moment-là, il n’y avait plus de doute quant au vainqueur, car Shapovalov a bombé le torse et a joué plus librement.

Ce faisant, les spectateurs du Court Suzanne-Lenglen (le fait qu’il était sur le deuxième plus important court – 9 829 sièges – était le témoignage de sa notoriété croissante au tennis) se sont ralliés derrière lui. Ils ont apprécié les coups de tonnerre qui s’échappent régulièrement de sa raquette. Plus tard, il a reconnu leur soutien lors de son entrevue sur le terrain en disant : « C’était des conditions difficiles, mais grâce à vous, j’ai pu m’amuser… alors, merci. »

En matière de statistiques, Shapovalov a commis 41 fautes directes comparativement à 36 pour Millman. Cependant, ce sont les coups gagnants qui ont fait la différence – pour Shapovalov contre 9 pour Millman.

Le joueur de 28 ans, de Brisbane, qui évolue sur le circuit depuis plus de dix ans, a été la victime de l’attaque de Shapovalov… et il a été impressionné.

« Au final, il a produit du meilleur tennis dans les moments importants », commentait Millman. « C’est ce que font les bons joueurs. S’il continue ainsi, il n’y a pas de limite. »

Louis Borfiga, vice-président de l’élite de Tennis Canada, a fait l’éloge de la prestation de Shapovalov en disant : « Commencer un tournoi n’est jamais facile, surtout un Grand Chelem. Je pense qu’il a joué un superbe match parce qu’il ne jouait pas son meilleur tennis. Il est parvenu à gagner trois manches à zéro dans des conditions difficiles pour lui… il pleuvait, le terrain était lourd. Je crois qu’il a acquis beaucoup de maturité. Il ne s’est pas énervé. Il tirait de l’arrière 5-2 (à la première manche) et il a réussi à remonter la pente. Il est jeune, il aurait pu paniquer et perdre contre un joueur contre qui il est censé gagner – et sur la terre battue, en cinq manches, tout peut changer rapidement. Mais il était vraiment dans le match. »

Même s’il a été ennuyé par le temps pluvieux, Shapovalov a été assez malin pour l’utiliser à son avantage lorsqu’il était mené 5-2. « C’était compliqué dans ces conditions difficiles », confiait-il. « C’est un peu ennuyeux, vous savez, quand la pluie tombe dans ton visage et que tu es trempé. »

Après le changement de balles, quand il tirait de l’arrière 5-2, Shapovalov n’a plus perdu un seul jeu de la manche.

« Le terrain devenait très lourd, mais surtout les balles, elles devenaient duveteuses et lourdes », a-t-il expliqué. « C’était difficile de jouer un gars comme John sur le terrain lent. »

« Mais en même temps, j’avais l’impression d’avoir très bien joué. J’ai bien profité des nouvelles balles, j’ai vraiment essayé de dicter les deux premiers jeux. J’ai utilisé les nouvelles balles pour m’aider à me ressaisir. »

Il a réussi et il est rapidement devenu évident qu’il était d’un calibre supérieur à Millman, un solide adversaire et un bon combattant qui n’avait tout simplement pas la puissance pour menacer Shapovalov. »

« Même à la première manche, j’avais l’impression d’être le meilleur des deux, même s’il m’avait brisé », analysait Shapovalov. « Ma confiance sur la terre battue s’est peut-être aussi accrue. Dans les moments difficiles, je crois maintenant que je peux remonter la pente. »

Il y a un an, il n’avait pas gagné un seul match sur la terre battue, mais tout cela a changé et il a maintenant une fiche de 7-4 après cinq tournois extérieurs sur la terre battue européenne en 2018.

« Dès le début de la saison, j’ai dit à mon équipe que je voulais disputer beaucoup de tournois sur la terre battue », mentionnait-il. « Peu importe les résultats. Vous savez, perdre au premier tour… Je vais retourner sur le terrain le lendemain et continuer de travailler fort. Ce n’est pas pour cette saison. Ce n’est pas pour la prochaine saison. »

« C’est vraiment un objectif à long terme. Pour moi, gagner Roland-Garros, c’est un rêve. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. »

Jeudi, au deuxième tour, il se mesurera à Maximilian Marterer, lui aussi gaucher. Mardi, l’Allemand de 22 ans qui occupe le 70e rang mondial a éliminé l’Américain Ryan Harrison (56e) en trois manches de 6-1, 6-3 et 7-5.

Photo credit: Peter Figura

Si on regarde plus loin, la première tête de série que Shapovalov, 24e tête d’affiche, aurait pu affronter était l’Américain Jack Sock (14e), au troisième tour. Toutefois, Sock a été surpris par Jurgen Zopp, un joueur repêché des qualifications. L’Estonien de 30 ans, qui siège au 136e échelon du classement, est venu à bout de l’Américain par 6-7 (4), 6-2, 4-6, 7-6 (5) et 6-3. Au prochain tour, Zopp croisera le fer avec un autre joueur repêché, soit le Belge Ruben Bemelmans.

Vers la fin de son entrevue, Shapovalov a été interrogé sur le niveau de son français.

« Mon français ? », a-t-il répondu. « C’est correct. Mais je ne me sens pas très à l’aise de parler français, surtout dans une salle d’entrevue remplie de journalistes qui vont me juger. »

Puis, en français, il a dit tout à fait couramment : « Oui, je peux parler un peu. J’ai étudié le français à l’école quand j’étais très jeune. »

Il a poursuivi en anglais : « et je pratique le français. Quand je lis le menu (dans les restaurants), j’essaie de pratiquer avec mon équipe. Parler couramment est assurément un de mes objectifs, mais cela va prendre un peu de temps. J’apprends un peu d’italien, un peu de français, un peu de tout. »

Et tout cela commence par la maîtrise de l’anglais et du russe.

Vasek Pospisil a disputé son premier match mardi, sur le Court 12, situé de l’autre côté du Court Suzanne-Lenglen. C’est l’un des plus petits terrains de Roland-Garros, avec seulement 342 places assises.

C’est Pospisil, au premier plan de la photo, au début de la deuxième manche. Le premier acte a été un désastre, car il a rapidement tiré de l’arrière 5-0 contre le Hongrois Marton Fucsovics, qui était en forme après avoir mis la main sur le trophée du tournoi de Genève, samedi.

Les choses se sont améliorées par la suite pour Pospisil alors qu’il parvenait à combler l’écart un peu pour faire 5-3, mais Fucsovics lui a fermé la porte en 36 minutes avant de gagner la deuxième manche en 37 minutes. Le troisième acte a fait place à une chaude lutte, mais ce fut trop peu trop tard pour Pospisil qui s’est incliné 6-3, 6-3 et 7-6 (5).

Photo : Peter Figura

À 2-2 du jeu décisif, Pospisil a effectué une course désespérée et futile pour un coup qui l’avait dépassé et il a chuté (voir ci-dessus) sur la terre battue. Il a réussi à niveler à marque à 3-3, mais a rapidement fait face à trois balles de match. Il en a effacé une grâce à un coup droit improvisé entre les jambes, puis une deuxième grâce à un service gagnant. Toutefois, la troisième était de trop et le Canadien a jeté sa raquette sur le court avec dégoût après avoir raté un coup droit.

Pospisil et Fucsovics ont tous les deux produit 30 coups gagnants, mais les fautes directes – 53 comparativement à 27 pour le Hongrois – lui ont coûté très cher.

Pospisil a toujours éprouvé de la difficulté à jouer contre un adversaire accompli sur la terre battue. Il a facilement reconnu plus tard à quel point Fucsovics avait bien joué, mais il avait un regret. « J’aurais aimé être un peu plus agressif en début de match. Mon début de match n’était pas bon. J’avais l’impression d’être trop hésitant, de réagir et d’attendre de voir comment il allait jouer. J’aurais pu être un peu plus rapide et essayer de prendre l’initiative plus tôt. Je commençais à mieux jouer vers la fin, mais tu as déjà perdu beaucoup de momentum quand tu tires de l’arrière par deux manches et mentalement, c’est plus difficile, surtout contre un rival aussi solide et confiant. »

Quant à Fucsovics, 45e, il a résumé sa victoire ainsi : « J’ai essayé de jouer du tennis style terre battue, ce qu’il (Pospisil) n’a pas beaucoup aimé. Il a tenté d’être plus agressif, de monter au filet, de faire service-volée. Je pense donc que j’ai utilisé la bonne tactique aujourd’hui. »

La fiche de Pospisil est maintenant de 0-6 au tableau principal de Roland-Garros, mais il ne croit pas que la surface excuse ses résultats. « Lorsque vous regardez un peu plus attentivement mes résultats sur terre battue, j’ai été blessé lors de 90 pour cent de mes matchs », expliquait-il. « C’est mon premier Roland-Garros depuis 2013 où je ne suis pas blessé – au dos, à la cheville ou ailleurs. Il y a donc un élément de malchance combiné aux problèmes physiques. Il n’y a aucune raison de ne pas bien jouer sur la terre battue. J’avais un adversaire de taille aujourd’hui. Il (Fucsovics) a extrêmement bien joué. Je ne vois aucune raison de ne pas obtenir de bons résultats à l’avenir. »

« Si j’avais adopté une approche différente les années précédentes, je n’aurais simplement pas joué. Mais j’ai essayé de jouer dans la douleur. »

Heureusement, Pospisil est en pleine forme en ce moment et il était positif lorsqu’on lui a posé des questions à ce sujet. « Oui, oui, c’est un miracle », a-t-il répondu en riant. « Mais j’ai été en bonne santé physique cette année. »

Il participera au double avec Ryan Harrison – premier match mercredi contre l’Argentin Federico Delbonis et le Français Benoît Paire – puis amorcera sa saison sur le gazon à Bois-le-Duc, aux Pays-Bas, à compter du 11 juin.

« Nous verrons bien comment se déroule le double », mentionnait-il. « Mais je vais simplement commencer à faire du conditionnement physique, faire des choses spécifiques au gazon et me concentrer davantage sur la saison sur gazon. Je pense que pour les deux prochaines semaines, je dois mettre la priorité sur le travail dans le gym. »

Peter Polansky aura dû attendre jusqu’à 19 h pour commencer son match de premier tour contre le Français Pierre-Hugues Herbert. Comme l’obscurité tombait et qu’il y avait menace de pluie, la fin de son duel a été reportée à mercredi après que Herbert ait empoché la première manche 6-3 et que Polansky ait pris la deuxième 6-4.

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