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Tebbutt : Rafa contre Bjorn

01 Mai 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Au cours des 50 dernières années, deux joueurs se sont démarqués d’entre tous à Roland-Garros : Rafael Nadal et Bjorn Borg. Seuls trois autres joueurs sont parvenus à remporter le titre sur la terre battue parisienne — Mats Wilander, Ivan Lendl et Gustavo Kuerten — alors que Nadal en a conquis dix et Borg six.

Il y a plusieurs ressemblances singulières entre Nadal et Borg dès le début — ils sont nés au mois de juin à 30 ans d’intervalle. L’anniversaire de l’Espagnol est le 3 juin 1986 alors que celui du Suédois est le 6 juin 1956.

Tous les deux étaient incontestablement les meilleurs joueurs de leur génération sur terre battue — les plus physiques avec une endurance et une détermination presque surhumaine. Ils ont également partagé une maîtrise de l’effet brossé — Borg marchant dans les traces de champions comme Rod Laver, puis Nadal le portant à un tout autre niveau avec des rotations de balle au coup droit pouvant aller jusqu’à 5 000 par minute. La taille pourrait être en partie responsable de cela — Nadal fait 6 pieds 1 et 188 livres, tandis que Borg faisait 5 pieds 11 et 150 livres.

Ils n’ont tous les deux subi que deux défaites à Roland-Garros — Borg (49-2) a perdu deux fois contre Adriano Panatta (1973 et 1976, mais a battu l’Italien à Paris, en 1975) alors que Nadal (79-2) s’est incliné face au Suédois Robin Soderling en 2009 et Novak Djokovic en 2015.

Les deux ont aussi raté une occasion supplémentaire. En 1977, Borg a signé pour disputer le World Team Tennis aux États-Unis, ce qui l’a rendu inadmissible pour Roland-Garros. Quant à Nadal, une blessure en 2016 l’avait obligé à déclarer forfait avant le troisième tour.

Borg (ci-dessus en 1981 avec le Français René Lacoste, à droite) a conquis six des sept éditions de Roland-Garros auxquelles il a participé entre 1974 et 1981, tandis que Nadal en a remporté 10 sur 13 depuis son premier triomphe en 2005.

Voici leur fiche respective à Roland-Garros :

RAFAEL NADAL BJORN BORG

2017 : champion — bat S. Wawrinka (3 manches)

2016 : perd au 3e tour — forfait (poignet gauche)

2015 : perd en QF — N. Djokovic (3 manches)

2014 : champion — bat N. Djokovic (4 manches)

2013 : champion — bat D. Ferrer (3 manches) 1981 : champion — bat I. Lendl (5 manches) 25

2012 : champion — bat N. Djokovic (4 manches) 1980 : champion — bat V. Gerulaitis (3 manches)

2011 : champion – bat R. Federer (4 manches) 25 1979 : champion — bat V. Pecci (4 manches)

2010 : champion — bat R. Soderling (3 manches) 1978 : champion — bat G. Vilas (3 manches)

2009 : perd en 8e de finale — R. Soderling (4 manches) 1977 : pas joué – World Team Tennis

2008 : champion — bat R. Federer (3 manches) 1976 : perd en QF — A. Panatta (4 manches)

2007 : champion — bat R. Federer (4 manches) 1975 : champion — bat G. Vilas (3 manches)

2006 : champion — bat R. Federer (4 manches) 1974 : champion — bat M. Orantes (5 manches)

2005 : champion — bat M. Puerta (4 manches) 1973 : perd au 3e tour — A. Panatta (4 manches)

Il est intéressant de noter qu’à l’âge de 25 ans, tous les deux avaient remporté six trophées de Roland-Garros. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Borg, en 1981, après avoir perdu la finale des Internationaux des États-Unis face à John McEnroe, il a pris part à deux autres tournois à l’automne — Genève (un titre) et Tokyo (défaite au 2e tour) — et a décidé, à 25 ans, de prendre une pause de cinq mois. Cela signifiait qu’il ne respectait pas son engagement de tournois pour la saison 1982. Au moment de son retour, l’instance dirigeante de l’époque — the Men’s International Professional Tennis Council (MIPTC) — a statué qu’il devait se soumettre aux épreuves de qualifications, notamment, à Roland-Garros.

Il voulait alléger son calendrier et estimait que la rigidité du MIPTC était injuste compte tenu de son statut dans le sport — six titres de Roland-Garros ainsi que cinq triomphes consécutifs à Wimbledon entre 1976 et 1980 — et a refusé de céder. En 1982, il n’a donc disputé que le tournoi de Monte-Carlo, où il avait une résidence, et a perdu au troisième tour contre le Français Yannick Noah.

L’année suivante, il n’a pris part qu’à l’épreuve de Monte-Carlo — une défaite au deuxième tour contre un autre Français, Henri Leconte — et en 1984, il a subi un autre revers contre Leconte au premier tour de Stuttgart, son seul match de la saison.

Pour quelque raison que ce soit, y compris ce qui semblait être une période sans gouvernail dans sa vie personnelle, ce fut fondamentalement la fin de sa carrière. Nous ne saurons donc jamais si Borg, eut-il été autorisé à revenir au jeu sans restriction, serait retourné à sa grandeur passée et aurait peut-être augmenté sa récolte de titres à Roland-Garros.

Toutefois, cela semble peu probable, car deux joueurs redoutables émergeaient et allaient gagner six des sept prochaines éditions de Roland-Garros — son compatriote Mats Wilander et le Tchécoslovaque Ivan Lendl, l’homme qu’il avait battu 6-1, 4-6, 6-2, 3-6 et 6-1 en finale de son dernier triomphe à la porte d’Auteuil, en 1981.

En dernière analyse, presque tous les chiffres soutiennent Nadal en tant que joueur supérieur — il a conquis 55 de ses 77 titres sur la terre battue et pour Borg, 30 de ses 55 sur l’argile.

Pour ce qui est du pourcentage de victoires de tous les temps sur terre battue, Nadal est numéro un à 91,9 pour cent (401-35) alors que Borg est à 85,9 pour cent (251-41). Mais après que Borg a essentiellement quitté le sport à l’âge de 25 ans, en 1981, il n’avait plus vraiment le cœur à l’ouvrage lors de ses brefs retours entre 1982 et 1984. Puis, il y a eu un hiatus complet de 1985 à 1990, suivi d’un retour malheureux en 1991, à 34 ans, quand il a perdu les 12 matchs auxquels il a pris part avant de prendre définitivement sa retraite à l’automne 1993.

Le pourcentage de victoires du Suédois sur terre battue est probablement plus précis si on ne se fie qu’aux données de 1972 à 1981. Au cours de cette période, il était à 88,2 pour cent (248-33).

Borg n’avait pas une personnalité aussi extravertie que Nadal sur le terrain, mais il était très populaire parmi ses pairs. L’oncle Toni Nadal était un très grand admirateur de Borg et parlait souvent de lui avec son neveu/protégé.

Récemment, sur ATPWorldTour.com, Borg, maintenant âgé de 61 ans, a noté l’évolution du jeu de l’Espagnol de 31 ans : « Nadal a travaillé tellement fort pour développer son revers, en particulier son revers en croisé, qui n’est pas seulement un coup gagnant, mais aussi un coup offensif en défense. Il joue avec beaucoup d’intensité, comme si chaque point était une balle de match. Son service donne souvent le ton à l’échange alors que le rythme et le placement de son coup droit lui permettent de terminer les points. »

L’une des rares choses pour lesquelles Borg surpasse encore Nadal dans le livre des records est de gagner Roland-Garros et Wimbledon la même année. Il a réussi cet exploit à trois reprises — en 1978, 1979 et 1980, alors que Nadal n’y est parvenu que deux fois — 2008 et 2010.

Borg n’a jamais vraiment exprimé du regret au sujet de la fin prématurée de sa carrière exceptionnelle. Cela contraste avec Nadal, qui se rapproche de son 32e anniversaire de naissance. Il semble aussi déterminé à essayer d’exceller dans son sport.

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