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Tebbutt : Une période d’incertitude pour le tennis

10 Mar 2020
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Le choc de l’annulation de l’Open BNP Paribas 2020 a beaucoup à voir avec le moment choisi, car la nouvelle a été annoncée à peine 12 heures avant que les premières balles ne soient frappées lundi dans le cadre des épreuves de qualification à Indian Wells. Cela est survenu alors qu’il semblait que le tournoi allait se dérouler à plein régime et que toute inquiétude concernant le coronavirus s’était finalement dissipée.

Il est important de rappeler que ce ne sont pas les organisateurs de l’Open BNP Paribas qui ont annulé le tournoi à cause du coronavirus, mais essentiellement le département de la santé publique du comté de Riverside qui a déclaré une urgence de santé publique pour la région de la vallée de Coachella.

Presque tous les joueurs se trouvaient déjà dans la vallée de Coachella (autoroute 10 ci-dessus), Palm Springs étant la ville d’ancrage et un essaim d’autres collectivités, dont Indian Wells.

Les joueurs pourront rester et s’entraîner sur le site du tournoi jusqu’à lundi prochain. Ils pourront s’entraîner tout en demeurant dans les chambres d’hôtel payées par l’organisation.

En théorie, ils se rendront ensuite à Miami pour la deuxième moitié du « Sunshine Double » qui commencera dans 13 jours, soit le 23 mars. Mais après que le gouverneur de la Floride ait annulé le festival Ultra Music, qui devait avoir lieu du 20 au 22 mars à Miami, en raison d’une urgence de santé publique, le tournoi semble être dans une position très précaire.

Le fait que la vallée de Coachella soit passée d’un à six cas de coronavirus de dimanche à lundi montre à quel point ces situations peuvent être fluides et combien il sera difficile pour une ville comme Miami d’éviter la prolifération de ce que l’on appelle aujourd’hui une pandémie.

Il est facile de se laisser aller à penser aux moyens de compenser la perte d’un Masters 1000 (ATP) et d’un tournoi Premier obligatoire (WTA) comme l’Open BNP Paribas. Cela peut sembler tiré par les cheveux, mais si l’Open de Miami (aussi un Masters 1000 et un Premier obligatoire) se déroule, il pourrait éventuellement attribuer le double des points de classement — étant donné qu’il s’agit également d’un tournoi américain sur surface dure au mois de mars — pour compenser les points que les joueurs ont perdus parce qu’Indian Wells a été annulé.

Mais cela pourrait ne pas être réaliste si certains des tournois suivants sur la terre battue européenne étaient également annulés — doubler les points de classement ne peut pas être un processus continu pour essayer de rectifier les occasions perdues par les joueurs.

Quant au report d’Indian Wells, cela serait impossible avant l’automne, après les Internationaux des États-Unis, car la région de la vallée de Coachella Valley/Palm Springs est extrêmement chaude en été — les résidents permanents n’essaient généralement de sortir qu’au petit matin, avant que le soleil ne se lève.

L’automne serait également une période peu probable, car il y a des tournois en Europe et en Asie. De plus, l’Open BNP Paribas est un tournoi de deux semaines, ce qui le rend difficile à insérer dans un calendrier déjà très rempli. Une autre considération est que pour les joueurs inscrits à des épreuves en Europe ou en Asie, les vols vers la Californie ne sont pas seulement les sept ou huit heures qui séparent New York ou d’autres villes de la côte est. On parle plutôt de 12 heures. À une date possible en novembre, par exemple, c’est un voyage trop long, surtout si l’on considère que l’éreintante escapade annuelle en Australie n’est plus qu’une question de semaines.

L’Open BNP Paribas 2020 entrera ainsi dans les livres comme l’équivalent du DNP (n’a pas joué) qui apparaît parfois à côté du nom d’un athlète dans d’autres sports.

Une dernière idée au cas où les tournois devraient faire des ajustements à cause du coronavirus et envisagent de jouer dans des stades vides. Peut-être qu’un dixième de billets pourrait être vendu et que les spectateurs sont espacés dans les sièges pour éviter tout risque de contagion. De cette façon, il y aurait au moins des amateurs dans les gradins pour réagir, applaudir et ainsi mettre un peu d’ambiance pour les matchs.

L’effet de l’annulation de l’Open BNP Paribas sur les meilleurs joueurs canadiens, si en effet tous les points du tournoi de 2019 sont effacés du classement, comme c’est le cas chaque lundi à la fin du cycle de 52 semaines, sera variable.

À bien des égards, Milos Raonic (ci-dessus à l’entraînement avec Gilles Simon à Indian Wells en 2018) pourrait être le plus touché. L’Open BNP Paribas est, et de loin, sa meilleure épreuve du Circuit Masters 1000. Sa fiche au tournoi est de 23-8. Le plus grand nombre de victoires qu’il a signées dans les autres Masters 1000 est de 14 seulement.

Il y a un an, il a atteint la demi-finale dans le désert californien avant de s’incliner 7-6(3), 6-7(3) et 6-4 face à l’éventuel champion Dominic Thiem. Raonic perd 360 points et cela le fera chuter à mi-chemin entre le 40e et le 50e rang, soit son pire classement depuis le 14 février 2011.

Il y a un an, à Miami, Raonic a accédé au troisième tour (45 points) après une exemption au premier tour et un forfait (Maximillian Marterer) avant de tomber aux mains de Kyle Edmund en deux manches de 6-4 et 6-4 — il avait alors reçu des traitements pour problème au bas du dos/hanche à la deuxième manche.

Photo : Mauricio Paiz

Il semble que Bianca Andreescu, qui a fait sa magnifique percée en remportant Indian Wells l’an dernier, serait une grande perdante, car elle est incapable de défendre les 1000 points qu’elle a reçus en récolant le titre. Andreescu n’allait toutefois pas jouer — son genou gauche n’est pas encore à 100 pour cent — donc, alors qu’elle perd ses points et passe de la 6e à la 11e place environ, personne d’autre ne peut vraiment améliorer son classement cette année, car il n’y a pas de tournoi.

Après les 120 points qu’elle a obtenus pour son quatrième tour à Miami (elle a abandonné contre Anett Kontaveit), Andreescu n’a que les 70 points qu’elle a accumulés pour son deuxième tour à Roland-Garros entre mars et la Coupe Rogers du mois d’août. Cela représente quatre mois de tournois sur terre battue et la saison complète sur gazon sans points à défendre. Si elle est en santé, et si les tournois sont disputés, elle aura l’occasion d’améliorer son classement.

Photo : Mauricio Paiz

Il y a un an, Denis Shapovalov a participé au quatrième tour à Indian Wells avant de perdre 7-6(3), 2-6 et 6-3 contre Hubert Hurkacz. Cela lui a valu 90 points, mais son gros coup a été ses 360 points à Miami alors qu’il accédait à la demi-finale avant de s’incliner 6-2 et 6-4 face à Roger Federer. Shapovalov conservera probablement son 16e rang malgré l’annulation d’Indian Wells, mais Miami pourrait lui causer des problèmes. Une défaite hâtive ou l’annulation du tournoi pourrait le faire chuter au 23e échelon.

Félix Auger-Aliassime est dans la même position que Shapovalov. L’an dernier, dans le désert de la Californie, il a eu raison de Cameron Norrie et a surpris Stefanos Tsitsipas avant d’être éliminé 6-7(2), 6-4 et 7-6(5) par Yoshihito Nishioka, ce qui lui a valu 45 points. Il devrait rester à son 20e rang actuel, ou perdre une place, sans résultat de l’épreuve de cette année.

À l’instar de Shapovalov, il était demi-finaliste de l’Open de Miami — défaite de 7-6(3) et 7-6(4) face à John Isner. En tant que qualifié, Auger-Aliassime a 375 points à défendre et pourrait se retrouver au 28e échelon si le tournoi n’a pas lieu.

Photo: WTATV.com

Leylah Annie Fernandez doit être déçue d’avoir perdu la chance de participer à son premier tableau principal d’un tournoi Premier obligatoire à Indian Wells. Grâce à un laissez-passer, la Canadienne de 17 ans aurait eu l’occasion d’améliorer son 118e rang après avoir amorcé l’année au 209e échelon de la WTA. Il y a deux semaines, Fernandez (ci-dessus avec son entraîneur Romain Deridder) était finaliste à Acapulco, puis quart de finaliste la semaine dernière à Monterrey.

Il sera intéressant de voir si Fernandez, qui a quitté Montréal avec sa sœur Bianca et ses parents Irene et Jorge pour s’établir à Boynton Beach, en Floride, il y a un an et demi, recevra un laissez-passer pour l’Open de Miami.

UN CANADIEN FRAPPE DES BALLES

Lance Stroll est à Melbourne pour la course de Formule 1 et a profité de l’occasion pour frapper quelques balles avec Lleyton Hewitt, double champion de Grands Chelems. Le pilote de 21 ans, originaire de Montréal, était en grande forme.

VAS-Y POUR UNE BUD

À un triste moment de l’histoire du tournoi d’Indian Wells, voici un clin d’œil à une autre époque. En 1993, ce journaliste a couvert le tournoi, alors connu sous le nom de Newsweek Champions Cup, et a réussi à se faire prendre en photo pour son accréditation avec une canette de Budweiser.

(Photo de l’article : Richard Osborn)