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Tebbutt : Wimbledon dans la mire

19 Juin 2018
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Cela commence dès la fin de Roland-Garros – les joueurs, lors des cérémonies d’après-match, souhaitant à leurs adversaires bonne chance pour Wimbledon.

Cela s’est poursuivi le week-end dernier alors que Roger Federer offrait ses encouragements à Milos Raonic pour Wimbledon après l’avoir vaincu 6-4 et 7-6(3) en finale du tournoi sur gazon de Stuttgart.

Chaque année, il n’y a qu’une fenêtre de cinq semaines sur le gazon – sans compter le tournoi de Newport, R.I., la semaine après Wimbledon – où les joueurs ont la chance de retourner aux racines du sport. Tout cela culmine avec le nec plus ultra des tournois – la quinzaine des Championnats au All England Lawn Tennis Club.

Goran Ivanisevic a conquis Wimbledon en 2001 et connaît mieux que la plupart des autres – surtout après avoir terminé finaliste à trois reprises – la valeur, au tennis et dans le monde du sport, associée au fait d’être un champion de Wimbledon. Plus tôt cette année, lorsqu’il a commencé à entraîner Raonic, le Croate de 46 ans avait une importante consigne pour le joueur de Thornhill Hill, en Ontario. « La première chose qu’il m’a dit, c’est que tout le travail que j’allais accomplir maintenant était dans le but de bien jouer à Wimbledon. Tout ce qui précède est un bonus. »

Les bonus se sont faits rares, sauf pour une demi-finale à Indian Wells, principalement parce que Raonic a été embêté par une blessure au genou et qu’il a dû faire l’impasse sur Roland-Garros.

Toutefois, la sagesse des conseils d’Ivanisevic a résonné la semaine dernière lorsque Raonic a remporté quatre matchs sur l’herbe à Stuttgart – y compris des victoires aux dépens de Lucas Pouille (17e) et de Tomas Berdych (19e) – pour atteindre la finale contre Federer.

Raonic a disputé cette finale de façon impressionnante, à l’exception de deux petits moments – une partie au service à 1-1 de la première manche et une double faute à 3-4 du jeu décisif du deuxième acte.

Perdre contre Federer, le meilleur joueur de tous les temps sur le gazon, n’est pas une honte et Raonic semble en forme pour le tournoi de cette semaine au Queen’s Club, à Londres, avant Wimbledn dans moins de deux semaines. Il a aisément franchi le premier tour, mardi, au Queen’s Club, en battant le qualifié Yuki Bhambri 6-1 et 3-1, abandon, lorsque ce dernier a été stoppé par une blessure à la jambe. Le prochain adversaire du Canadien sera David Goffin ou Feliciano Lopez.

L’an dernier, Raonic avait perdu (Thanasi Kokkinakis) au premier tour, au Queen’s Club, sa seule épreuve préparatoire en vue de Wimbledon, et n’avait jamais semblé avoir atteint sa vitesse de croisière à Wimbledon, même s’il s’était taillé une place en quart de finale avant de tomber aux mains de Federer.

Disputer cinq matchs à Stuttgart et peut-être quelques autres cette semaine serait une bien meilleure préparation que celle de l’an passé.

Finaliste à Wimbledon en 2016 (Andy Murray) et demi-finaliste en 2014 (Federer), un Raonic en forme et en bonne santé serait parmi les sérieux prétendants au titre, un groupe qui comprend Federer, le finaliste de 2017 Marin Cilic ainsi que les

anciens champions Rafael Nadal et Novak Djokovic, bien que la forme du Serbe reste incertaine après ses récentes prestations.

Denis Shapovalov s’est incliné au tour initial de ses deux premiers tournois sur gazon de la saison – 7-6(6), 2-6, 6-3 face à l’Indien Prajnesh Gunneswaran, à Stuttgart, et 7-6(7), 7-6(6) contre Gilles Muller, lundi, à Londres. Ce dernier duel a été un match extrêmement serré, Shapovalov menant 4-1 au premier jeu décisif et détenant une balle de manche à 7-6. Le talentueux Muller, un gaucher de 35 ans, sait comment se débrouiller sur l’herbe, lui qui a éliminé Nadal 15-13 à la cinquième manche, il y a un an, à Wimbledon.

Il ne fait aucun doute que Shapovalov possède ce qu’il faut pour réussir sur le gazon, mais il n’est âgé que de 19 ans et a encore beaucoup à apprendre.

Entre 1989 et 1991, le grand Pete Sampras n’a remporté qu’un seul match à ses trois premiers Wimbledon, mais a signé une fiche de 5-1 en 1992 (demi-finale) puis de 7-0 au cours de sept des huit années suivantes et avoir accumulé sept couronnes en 2000.

Pour le moment, il serait présomptueux de suggérer que Shapovalov sera un autre Sampras. Il est cependant réaliste de penser qu’il est dans une phase d’apprentissage sur le gazon. De nombreux observateurs croient que ce sera finalement sa meilleure surface – peut-être plus tôt que tard.

Il participera à un troisième tournoi préparatoire la semaine prochaine, à Eastbourne.

Eugenie Bouchard a été éliminée au troisième tour des qualifications du tournoi Premier de Birmingham, en Angleterre – elle est tombée en trois manches de 7-6(7), 4-6 et 6-4 aux mains de l’Américaine Jennifer Brady, 77e mondiale.

Même si ce n’est pas le résultat qu’espéraient ses partisans, Bouchard avait quand même gagné deux matchs – une première depuis le tournoi de Taipei, après les Internationaux d’Australie, en février.

À Birmingham, elle a eu raison de l’Américaine Caroline Dolehide, 111e, en des comptes de 7-5 et 6-4 avant d’indiquer la sortie à l’Australienne Priscilla Hon par 6-3 et 6-4. La semaine précédente, Hon était demi-finaliste du Challenger de Surbiton, sur le gazon.

À moins qu’elle ne reçoive un laissez-passer de Wimbledon, Bouchard participera aux qualifications du tournoi de Roehampton, la semaine prochaine.

Ce sera une expérience qui donne à réfléchir, car la plupart des terrains sont alignés les uns derrière les autres et la qualité du gazon n’est pas exactement à la hauteur des normes exigeantes de Wimbledon. Néanmoins, ses prestations à Birmingham – y compris le fait d’avoir eu deux points pour faire 5-5 à la manche finale contre Brady – nous ont montré une Bouchard plus engagée et plus compétitive, une nette amélioration comparativement à plusieurs de ses plus récents tournois.

Un classement à deux chiffres pour Peter ?

Depuis le 15 août 2016 – un total de 97 semaines – le classement ATP de Peter Polansky a été étrangement cohérent. Il est toujours resté entre le 164e rang et le 112e qu’il occupe en ce moment.

Polansky a disputé son premier tournoi Futures en juillet 2004, alors qu’il était âgé de 16 ans. Il avait battu l’Américain Mirko Pehar avant de s’incliner face à Thomas Blake, le frère aîné de James Blake.

Le discret Polansky, qui a célébré son 30e anniversaire de naissance vendredi passé, possède une armée de partisans qui aimerait bien le voir finalement franchir la barre du Top 100 après 15 ans sur le circuit.

Au cours de cette période, il a récolté deux titres du Circuit Challenger et 15 trophées du Circuit Futures et vient d’atteindre le 112e échelon mondial. C’est essentiellement à huit places de se qualifier pour le tableau principal des Internationaux des États-Unis. Il a pris part à 33 épreuves de qualification de tournois du Grand Chelem et a réussi sept fois (y compris en tant que joueur repêché) à se tailler une place au grand tableau – signant sa seule victoire aux Internationaux des États-Unis de 2010 contre l’Argentin Juan Monaco, alors 32e mondial.

Le seul tournoi qui manque à sa feuille de route est Wimbledon. Il s’est qualifié pour les Internationaux d’Australie à trois reprises, puis deux fois à Roland-Garros et à Flushing Meadows, mais jamais à Wimbledon.

Dans sa quête d’une place au Top 100, il aura l’occasion d’accumuler des points au cours des prochaines semaines, car il n’a que 116 points à défendre provenant de sa présence au troisième tour des qualifications de Wimbledon, l’an dernier.

Cependant, cette fenêtre pourrait se refermer rapidement, parce qu’il aura bientôt à défendre des points de juillet passé alors qu’il était finaliste trois semaines consécutives aux Challengers de Winnipeg, de Gatineau et de Granby.

Mardi, il a fait quelque chose d’inhabituel au tennis – il (avec son partenaire australien Matt Reid) a disputé son match de double contre l’Indien Purav Raja et l’Australien John-Patrick Smith avant son match de simple. Polansky et Reid ont perdu 6-1 et 6-4, avant que le Canadien ne retourne sur le terrain pour y affronter le qualifié Akira Santillan.

Athlète consciencieux et travailleur, Polansky a payé son dû et a gagné le droit de voir deux chiffres dans la colonne du classement à côté de son nom.

Père et fils ?

Lorsque Daniel Nestor, 45 ans, et Denis Shapovalov, 19 ans, se sont présentés sur le terrain du Queen’s Club, mardi, pour affronter les deuxièmes têtes de série Henri Kontinen et John Peers en double, l’écart de 26 ans entre eux était le plus grand enregistré sur le circuit depuis celui entre le Chilien Patricio Rodriguez (43) et l’Espagnol Emilio Sanchez (17) à Barcelone, en 1982.

Enfin 18 ans

Parmi les joueurs de tennis canadiens, Bianca Andreescu un des tempéraments les plus joyeux, c’était donc amusant de lire son gazouillis célébrant son 18e anniversaire, le 16. Andreescu, qui occupe le 187e rang mondial, prend part cette semaine à un Challenger sur le gazon d’Ikley, en Angleterre. Mardi, elle a obtenu sa place au tableau principal grâce à un gain de 6-2 et 6-2 aux dépens de l’Australienne Jaimee Fourlis, au dernier tour des qualifications.

Bien joué!

Les médias sociaux sont surchargés de vidéos proclamant montrer de magnifiques points au tennis. Certains d’entre eux sont mérités, d’autres ne sont simplement pas si exceptionnels.

Voici un vrai retour en arrière – sur le gazon – de la finale entre Andy Roddick et Nicolas Mahut au Queen’s Club, en 2007.