Photo: Patrice Bériault

Si notre pays n’était pas représenté au dernier tour des qualifications, l’identité canadienne était tout de même bien présente, dimanche à Montréal, pour compléter ce Week-End de la famille dans le cadre de l’Omnium Banque Nationale (OBN) 2023.

Car nos trois compatriotes inscrites au tableau principal du simple ont participé activement aux différents points de presse.

Et l’une d’elles, Leylah Fernandez retrouvait sa jeune sœur Bianca au tournoi. Et pas seulement pour une réunion de famille, mais pour un entraînement préparatoire, de surcroit, devant une foule ravie.

Quant aux deux autres, la Torontoise Bianca Andreescu et la Britanno-Colombienne Rebecca Marino, elles se disent toujours heureuses de revenir au Centre national de Tennis Canada (TC), là où elles se sont entraînées jeunes.

Jorge et ses filles réunies

Dimanche après-midi, les sœurs Fernandez se sont retrouvées sur le court numéro quatre, à l’extrémité du site, pour un solide entraînement en compagnie de papa Jorge, qui est également l’entraîneur de Leylah. Et même s’ils devaient se tenir à distance, il y avait de nombreux amateurs qui se sont étirés le cou pour tenter de bien les apercevoir.

Photo: Paul Rivard

Compte tenu du nombre de joueuses de la WTA présentes, pourquoi avoir choisi sa jeune sœur pour cette séance ? Un coup de promotion pour plaire au public ? Ou sa propre décision ?

« C’est simplement parce que c’est la partenaire que je voulais pour mon entraînement d’aujourd’hui », répond-elle en souriant. Je n’ai pas vu ma sœur depuis longtemps et ça fait longtemps qu’on n’a pas joué ensemble. Ça me fera du bien de jouer avec elle et de voir ses améliorations et pour sentir une balle différente avec une très bonne joueuse. Ça fait longtemps qu’on s’entraîne ensemble et elle m’a donné confiance en mon jeu. »

De loin, on pourrait les confondre puisque leurs coiffures et leur corpulence se ressemblent. Là où on peut les différencier, c’est au niveau de la prise de raquette puisque Leylah est gauchère et Bianca, droitière.

Photo: Paul Rivard

De là à parler d’un« effet miroir » lorsqu’elles s’affrontent, il n’y avait qu’un pas ? « Pas vraiment ! »,rétorque-t-elle avec le sourire. Nous avons deux styles complètement différents. C’est ce qui complique les choses pour notre père. Il voit deux sœurs, mais deux sœurs différentes… »

Après sa défaite en qualifications, Bianca avait mentionné au quotidien La Presse qu’elle admirait beaucoup son aînée et qu’elle s’imposait beaucoup de pression en raison des succès de sa sœur. Qu’est-ce que Leylah dit à sa sœurette pour lui éviter les comparaisons et une telle pression ?

« Mes résultats et les siens, ce n’est pas important parce que nous avons un parcours complètement différent. Il se peut qu’elle mette quelques années de plus pour atteindre ses objectifs ou bien elle éclatera bientôt. Personne ne le sait. Le plus important, c’est de persévérer. »

Photo: Patrice Bériault

Outre cet aspect familial, il a bien sûr été question de sa saison.

Évidemment, elle est heureuse d’évoluer au pays et dit sentir de bonnes vibrations à Montréal. Malgré sa chute au classement (88e mondiale), et le fait qu’elle n’est plus admise automatiquement dans les tournois WTA 1000, Leylah reste positive.

« Mon jeu s’est amélioré, dernièrement. Je continue de travailler fort et même si les résultats ne sont pas encore là, on voit la progression et c’est ce qui est le plus important. C’est toujours un processus en développement. »

Photo: Patrice Bériault

« Bien sûr, je reste une fille impatiente et j’aimerais avoir des résultats rapidement (rire), mais je me discipline pour prendre les choses étape par étape. »

Comme toutes les autres joueuses, Leylah s’est également prêtée avec joie aux activités sur le site. Dans son cas, c’était d’embarquer dans ce petit train VIA Rail qui fait le bonheur des enfants et de leurs parents.

Le regard que lui porte cette petite fille se passe de commentaire.

Photo: Mathieu Bélanger

Bianca Andreescu n’était pas en reste.

En plus d’avoir dirigé une séance de yoga avec le public présent sur le site, la native de Mississauga s’est prêtée à une séance d’autographes du livre qu’elle a créé Bibi’s got game. Un moment fort couru comme on pouvait le constater.

Photo: Paul Rivard
Photo: Paul Rivard

Lancé en juin 2022, Bibi’s Got Game est un livre pour enfants dans lequel il est question de tennis, de méditation et de persévérance. Fruit de ses réflexions et du passage difficile qu’elle venait de traverser, Andreescu a coécrit ce livre en compagnie de Mary Beth Leatherdale.

Source: Amazon

Par la suite, elle s’est rendue à la salle d’entrevue. Comme elle le répète sans cesse depuis un an, elle n’aime pas voir le chiffre 44 lorsqu’elle regarde le classement WTA. Mais c’est la réalité du tennis. Sauf qu’elle préfèrerait se trouver plus haut pour des raisons évidentes. « Je ne me concentre pas nécessairement sur ça, mais lorsque vous vous retrouvez contre quelqu’un comme Iga (Swiatek) au premier tour, ça peut devenir un petit peu compliqué », avoue-t-elle avec humour.

Photo: Paul Rivard

Andreescu a changé au cours des dernières années et elle fait attention à sa vie hors du tennis. Elle se sent plus équilibrée. Ce qui ne l’empêche pas de regarder en avant et d’être confiante en l’avenir, sur le court, avec son équipe.

« Je crois que l’important, c’est une communication constante au sein de l’équipe et je crois que nous en sommes là, maintenant. Rien n’est parfait, mais nous sommes très ouverts les uns envers les autres. Si quelque chose me dérange, je leur dis et vice versa. Nous sommes dans une période où nous essayons quelque chose de nouveau et je pense que ça fonctionne. Je ne veux pas vous livrer le secret (sourire), mais disons que tout réside dans la communication. »

Sans oublier l’incontournable question sur son corps. Elle semble maintenant épargnée par les blessures. « Oui, je joue sans blessure ! », répond-elle sans attendre. Même si, chaque jour, nous avons quelques petits bobos, il n’y a RIEN-DE-SÉRIEUX. »

Cinq Canadiennes en double

Outre la présence canadienne en simple, il ne faut pas oublier le tableau de double ou nous aurons cinq représentantes.

Évidemment, il est question de Gabriela Dabrowski, 20e mondiale de la spécialité et détentrice de 13 titres WTA. La joueuse d’Ottawa fera équipe avec Erin Routliffe, une Néo-Zélandaise d’origine canadienne, classée 44e.

Par ailleurs, le public sera peut-être intrigué par la paire canadienne formée de Rebecca Marino et… Eugenie Bouchard.

Photo: Pascal Ratthé

Et il ne s’agira pas du seul tandem canadien. Une équipe alliant expérience et jeunesse tentera de surprendre l’ordre établi alors que Carol Zhao s’alliera à Marina Stakusic.

Un très grand succès

En terminant, ce Week-End de la Famille demeure une activité immensément populaire comme en fait foi l’assistance totale de 61 000 personnes pour la fin de semaine. Déjà, samedi, un record avait été établi avec près de 26 000 personnes. « C’est un départ canon pour notre tournoi ! », déclarait la directrice Valérie Tétreault. L’assistance démontre à quel point Montréal est une ville de tennis. Nos chiffres en qualifications sont comparables avec l’assistance que d’autres tournois obtiennent pour leur match de tableau principal. »

Et la belle journée de dimanche en a été une réplique identique au niveau de l’affluence.

Outre les matchs de qualifications, les entraînements multiples des joueuses, les personnes présentes sur le site pouvaient se réunir et se sustenter ou se désaltérer. Et surtout, participer aux multiples activités mises à leur disposition pour se divertir tout en amusant les enfants.

Un happening réussi !

Photo: Pascal Ratthé
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