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Tebbutt : Leylah enflamme la Fed Cup

10 Fév 2020
written by: Tennis Canada

En regardant Leylah Annie Fernandez jouer au tennis, on se demande parfois si quelqu’un a déjà pratiqué ce sport avec autant d’intensité, de détermination et d’engagement.

Elle effectue une routine précise et réfléchie avant chaque point, se lance à corps perdu dans ses coups et court sur le terrain avec une vitesse et un équilibre exceptionnels.

Samedi, au Swiss Tennis Arena de Bienne, la cinquième mondiale Belinda Bencic a ressenti toute la force de cette dynamo qu’est Fernandez et a subi une défaite de 6-2 et 7-6(3) au troisième match de la rencontre de qualification de la Fed Cup.

La prestation de Fernandez a suscité l’admiration et l’appréciation des amateurs suisses, mais cette Victoire a été la seule du Canada dans cette rencontre disputée au meilleur de cinq matchs. Jil Teichmann a scellé l’issue de l’affrontement lors du quatrième match, signant un gain de 6-3 et 6-4 aux dépens de Gabriela Dabrowski, ce qui donnait à la Suisse une avance insurmontable de 3-1.

La capitaine canadienne Heidi El Tabakh a peut-être semblé un peu sévère vendredi quand elle a suggéré, après la défaite de 7-6(4) et 6-4 de Fernandez aux mains de la 68e mondiale Teichmann, que la jeune joueuse de 17 ans aurait pu jouer de manière plus agressive.

On lui a donné raison le lendemain lorsque Fernandez a fait fi de toute prudence dans une bataille en fond de terrain dès le début du match — les deux premiers points ayant été un puissant coup droit pénétrant, puis un coup droit gagnant.

« Je pense que la différence aujourd’hui est que j’étais plus agressive », analysait Fernandez en comparant son duel de samedi contre Bencic à celui de vendredi face à Teichmann. « J’ai pris la balle plus tôt et j’ai laissé aller mes coups. »

Quand on lui a demandé s’il avait été difficile d’être plus agressive, la 185e mondiale a répondu : « Ce n’était pas facile, mais comme dit mon père (Jorge), c’est un état d’esprit. Après une discussion avec mon père, qui est aussi mon entraîneur, et mon entraîneur (le Français Romain Deridder), ils m’ont tous les deux dit que peu importe si je gagne ou si je perds, d’y aller avec mes coups gagnants, de commettre mes erreurs et de continuer à jouer. »

Elle a produit 25 coups gagnants, comparativement à 17 pour Bencic, lors de ce duel d’une heure et 27 minutes et la plupart d’entre eux étaient des coups droits dans l’ouverture et des revers le long de la ligne hors d’atteinte pour Bencic.

« Je dois tout d’abord la féliciter », a dit Bencic lors de son point de presse d’après match. « Elle a vraiment disputé un match extraordinaire. Elle était vraiment la meilleure des deux. Je n’arrivais pas à trouver de solutions pour la battre. Elle a pris la balle tôt et m’a posé des problèmes. »

« J’aurais sans doute pu mieux jouer ici et là et lors des points importants, j’aurais aussi pu mieux servir (elle n’a remporté que 32 pour cent de ses deuxièmes balles de service comparativement à 52 pour cent pour Fernandez). Mais elle était simplement vraiment solide et forte mentalement. À 17 ans, c’est déjà une excellente joueuse. »

Fernandez a un rythme effréné sur le terrain entre les points et s’exhorte parfois avec des éclats de voix généralement indéchiffrables. « Honnêtement, je ne sais pas », a-t-elle répondu quand on lui a demandé ce qu’elle disait. « Je pense qu’il s’agit juste de rester positive et de me motiver. »

« Je ne sais pas ce que je dis entre les points — parfois vamos, c’mon, allez — cela dépend et ça varie en fonction de ce que je ressens à ce moment-là », ajoutait la multilingue (français-anglais-espagnol) d’une mère philippine et d’un père équatorien.

La capitaine El Tabakh s’est réjouie de voir évoluer sa joueuse. « Leylah s’est présentée sur le terrain avec rien à perdre. Elle a très bien géré les choses et elle est restée forte. C’est une grosse victoire contre une Top 5. Vaincre Belinda en Suisse — c’est la plus grosse victoire de sa carrière. »

« Le plan de match était d’être agressive aujourd’hui », poursuivait El Tabakh. « C’était le seul moyen de gagner pour Leylah et elle a parfaitement exécuté ce plan de match du début à la fin. J’espère qu’elle adoptera ce style de jeu, car je pense que quand elle joue comme ça, elle produit du très bon tennis. »

La superbe prestation de Fernandez a permis au Canada de combler un peu l’écart (2-1) dans cette rencontre disputée au meilleur de cinq matchs. Dabrowski, qui remplaçait Eugenie Bouchard, se devait donc de battre Teichmann dans le quatrième simple afin de conserver les espoirs du Canada de se qualifier pour les nouvelles Finales de la Fed Cup en Hongrie, au mois d’avril.

La tâche n’allait jamais être de tout repos pour la spécialiste du double Dabrowski contre Teichmann (ci-dessus). Elle a bien amorcé le match en prenant les devants 2-0, mais la Suisse de 22 ans s’est vite reprise, remportant huit des neuf jeux suivants pour mener 2-0 à la deuxième manche. Dabrowski était en difficulté, mais a tenu bon en fond de terrain dans de nombreux échanges. Elle a comblé l’écart pour faire 4-5 avant que Teichmann ne ravisse son service lors du dernier jeu du match pour conclure après 81 minutes de bataille.

Quand on a mentionné à Dabrowski qu’elle avait disputé de beaux points de simple au cours du match, elle a répondu : « Super, mais ce n’était pas assez. Je suis déçue. »

« J’aurais aimé avoir joué plus de matchs de simple, j’aurais aimé m’être entraînée davantage en simple, j’aurais aimé que nous ne soyons pas toutes malades ou blessées cette semaine, j’aurais aimé que nous ayons une cinquième joueuse. J’ai fait du mieux que j’ai pu, mais ce n’était pas assez. Mes coups n’étaient pas assez bien exécutés, assez précis. »

Bianca Andreescu n’étant pas encore remise de sa blessure au genou gauche et Bouchard s’étant blessée au poignet gauche — elle a passé une IRM, une échographie et une radiographie et, selon El Tabakh, elle sera sur la touche pour au moins deux ou trois semaines — le Canada ne pouvait compter que sur deux joueuses.

El Tabakh résumait ainsi sa semaine à titre de capitaine : « Nous avons vécu une de ces semaines où presque tout va mal, à commencer par Bianca. Nous espérions que son genou allait tenir le coup et qu’elle pourrait au moins jouer le double, et je pense qu’il a un peu régressé quand elle est arrivée ici. Ç’a été un coup dur, puis il y a eu cet accident bizarre avec Eugenie qui s’est fait mal au poignet dans les cinq dernières minutes de son entraînement. »

« Et nous arrivons d’habitude une semaine plus tôt pour pratiquer beaucoup de double et de simple, mais les filles étant malades cette semaine (tout le monde, sauf Fernandez, a souffert d’un virus grippal et Dabrowski a eu une infection à streptocoques), nous n’avons pas pu nous entraîner beaucoup. »

À propos du concept d’une équipe à cinq joueuses, comme celle de la Suisse, El Tabakh a répondu : « Nous aurions pu, nous aurions dû, mais malheureusement, toutes nos joueuses sont blessées à la maison. Nous n’avions donc pas le choix pour une cinquième joueuse. Nous avions l’une de nos meilleures équipes, mais deux d’entre elles sont blessées. Il n’y avait rien d’autre à faire que d’essayer de nous battre. Et c’est exactement ce que nous avons fait. »

Un tirage sera effectué mardi à Budapest, site des Finales de la Fed Cup en avril, déterminera contre qui et où jouera le Canada les 17 et 18 avril. Les Canadiennes devront gagner cette rencontre si elles veulent avoir la chance de se qualifier pour les Finales.

En attendant, il sera fascinant de suivre les progrès de Fernandez, alors qu’elle tente de se hisser au sein du Top 100 cette année et il est tout à fait réaliste de penser qu’elle puisse réussir avant son 18e anniversaire de naissance le 6 septembre.

Elle est aussi professionnelle et engagée que n’importe quelle joueuse de son âge, et elle est obsédée par le fait de rester sur la bonne voie.

« Je pense que c’est un grand pas en avant », déclarait Fernandez après sa Victoire aux dépens de Bencic. « Mais même si j’ai gagné aujourd’hui, je dois retourner à la maison (Boynton Beach, Floride), repartir à zéro, repartir de zéro et apporter les ajustements nécessaires avant d’affronter une autre joueuse de la WTA. »

Après Andreescu l’an dernier, les amateurs de tennis canadien auront peut-être une autre prodige à suivre, une personne tout aussi sympathique et modeste en dehors du terrain qu’elle est dynamique et motivée sur le court.

CARTE POSTALE DE LA SUISSE

Si le temps n’était pas particulièrement clément à la maison, surtout à Montréal, on n’aurait pas pu demander beaucoup mieux à Bienne ou à Soleure où l’équipe canadienne a séjourné. Tous les jours, à partir du mercredi, ont été ensoleillés avec des températures avoisinant les 10 degrés et sans aucun vent — comme le montre la surface lisse de l’Aar, à Soleure.