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Tebbutt : Milos y était presque

08 Juil 2019
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

Milos Raonic a frôlé la perfection lors des deux premières manches de son duel de huitième de finale contre Guido Pella, lundi, à Wimbledon. En fait, au premier acte, il a gagné ses 19 points au service — les 17e, 18e et 19e ayant été des aces. Puis la séquence s’est arrêtée lorsque, sur une balle de manche, il a été un peu trop audacieux sur sa deuxième balle (131 m/h) et a commis une double faute.

Cette manche, qui comprenait un bris au quatrième jeu, a duré 24 minutes et s’est terminée 6-3. Le deuxième acte a duré un peu plus longtemps (49 minutes), mais Raonic avait les rênes en main, Pella ne réussissant à gagner que six points lors des cinq premières présences du Canadien au service.

Raonic était le meilleur joueur en fond de terrain, mettant plus de poids dans ses balles en plus d’exceller au filet — gagnant 8/11 (73 %) à la première manche et 15/20 (75 %) à la deuxième. Pointage final : 6-4.

Mais le ciel s’est assombri au fur et à mesure que la troisième manche progressait et Raonic est devenu plus vulnérable — concédant son service alors qu’il servait à 1-2.

Pella a profité de ce bris pour arracher la manche 6-3. Raonic a rapidement rebondi au quatrième acte — gagnant son service trois fois à zéro et, après avoir comblé un déficit de 0-40 à 3-3 et effacé une autre balle de bris, il a brisé Pella pour prendre les devants 5-3. Logiquement, c’est là que tout aurait dû se terminer alors qu’il servait pour le match. Cependant, Pella est revenue à la charge, prenant une avance de 0-40 avant de forcer Raonic à commettre une erreur sur sa troisième et dernière balle de bris.

L’Argentin de 29 ans a conservé son service pour faire 5-5 et les deux joueurs se sont dirigés vers un jeu décisif. On a senti un mauvais présage dès le premier point lorsque Pella a effectué un retour dans les pieds de Raonic qui a frappé sa volée dans le filet. Pella a ensuite remporté ses deux services avant de gagner la manche 7-3.

Dans la cinquième manche, alors que ciel commençait à s’éclaircir vers 19 h 15, Raonic a eu deux occasions de bris dans le premier jeu, mais Pella est parvenu à lui fermer la porte.

Avec le recul, c’était vraiment la dernière chance de Raonic. Mené 5-4, il a effacé une balle de match, puis deux autres à 5-6 avant que Pella ne scelle l’issue de la rencontre après une bataille de trois heures et 42 minutes.

Photo par : Mauricio Paiz

Le pointage final était de 3-6, 4-6, 6-3, 7-6(3) et 8-6 en faveur de Pella, 26e mondial. Par la suite, Raonic a confirmé ce que plusieurs pensaient alors que sa forme physique semblait s’être dégradée après ses deux magnifiques premières manches.

Ses problèmes de dos avant Wimbledon ont dû réduire ses heures d’entraînement et de mise en forme alors qu’il faisait aussi l’impasse sur la saison sur terre battue — il n’a pas disputé de match entre le 24 mars (défaite contre Kyle Edmund à l’Open de Miami) et le 11 juin sur le gazon de Stuttgart (une victoire face à l’Australien Alexei Popyrin).

Il a pris part à six duels sur le gazon – trois à Stuttgart avant que son dos l’oblige à déclarer forfait contre Félix Auger-Alassime et trois au Queen’s Club où il s’est incliné en quart de finale face à l’éventuel champion Feliciano Lopez.

Le fait qu’il ait eu besoin d’une injection de cortisone avant le tournoi du Queen’s Club était une bonne indication qu’il y avait une inquiétude à propos de son dos.

Photo par : Mauricio Paiz

Tout semblait baigner dans l’huile, lundi sur le Court 3, jusqu’à ce que Pella reprenne du poil de la bête en troisième manche et qu’il devenait de plus en plus évident que Raonic perdait son emprise. La confiance et l’énergie des deux premières manches avaient diminué et continuaient de décliner.

« (J’ai) simplement commencé à manquer de jus », commentait-il à propos de ses ressources au fur et à mesure que le match progressait. « Je n’étais pas efficace et je n’arrivais pas à jouer comme il le fallait. C’est évident qu’il était le plus en forme des deux vers la fin. »

Les statistiques au service, surtout les deuxièmes balles gagnées, montrent le déclin de Raonic au fil du match. À la première manche, il a remporté 80 pour cent de ses deuxièmes balles et 64 pour cent au deuxième acte avant que les chiffres ne tombent à 38 pour cent, 43 pour cent et 50 pour cent par la suite.

« Je ne servais pas, c’est tout », ajoutait-il. « Les chiffres étaient beaucoup plus bas au fil du match. Je n’avais pas la même puissance dans les jambes pour servir avec autant de conviction et pour le forcer à deviner où irait ma balle. Je suis devenu un peu prévisible. Je ne poussais pas avec mes jambes. J’ai commencé à servir des balles un peu plus coupées au lieu d’y aller à plat et en puissance comme je devrais normalement le faire. »

À savoir si le dos posait un problème, il a répondu : « Oui, mais je pense que ce n’était pas le même problème que les autres semaines. Je pense que c’est davantage quand mes jambes étaient fatiguées, j’ai essayé de bouger avec d’autres parties de mon corps. »

Photo par : Mauricio Paiz

Wimbledon est le point central de la saison de Raonic et il était visiblement déçu lors de sa conférence d’après-match. « J’ai cru en mes chances jusqu’à la fin, mais j’ai bien senti que je perdais le momentum. Il a eu des balles de match lors des trois derniers jeux et a réussi à convertir la dernière. »

C’est maintenant le deuxième Grand Chelem de suite — après une défaite de 7-6(4), 6-3, 6-7(2) et 6-4 aux mains de Lucas Pouille en quart de finale des Internationaux d’Australie, en janvier — que Raonic amorce le match en grande forme avant de défaillir. « C’est frustrant », admettait-il. « C’est la deuxième fois que cela se produit cette année. J’ai manqué de jus en Australie et ici. Cela m’est arrivé quelques fois au début de ma carrière. Je pensais alors que c’était inacceptable et c’est ce que je pense encore aujourd’hui. »

En ce qui concerne sa préparation pour Wimbledon, il mentionnait : « Je pense que j’ai eu assez de semaines à la maison pour m’entraîner, pour me mettre en forme. Je dois maintenant revoir ce que j’ai bien fait et surtout ce que je n’ai pas bien fait. »

« Je crois qu’il s’agit de la façon dont j’utilise mon temps à l’extérieur des courts — à quels moments je reviens. J’ai l’impression d’avoir commis quelques bévues sur ces décisions et sur la façon dont je passe mon temps lorsque je m’entraîne. Je crois que tout doit être pris en considération. »

Photo par : Mauricio Paiz

Pella mérite d’être félicité pour avoir survécu aux bombardements de Raonic en début de match — Raonic a produit 33 aces comparativement à six pour l’Argentin — et pour avoir ensuite joué de façon constante et ingénieuse lorsque le niveau du Canadien a commencé à chuter.

« Je savais qu’il avait eu des problèmes dans le passé », a mentionné Pella quand on lui a demandé s’il savait que Raonic éprouvait des difficultés au fil du match. « Mais je ne savais pas qu’il avait des problèmes à ce moment-là. Mais mon jeu est comme ça. Je dois disputer de longs matchs. C’est comme ça. J’essaie toujours de me battre pour chaque point. Pour moi, le moment difficile a été quand j’étais en déficit de deux manches, parce qu’il jouait vraiment très bien. »

Pella, qui a maintenant franchi deux tours de plus que l’an dernier, a ri un peu quand on lui a parlé des trois premières balles de match qu’il a ratées. « C’était tellement mauvais. Je pense que je voulais pleurer quand j’ai manqué la troisième. Il servait tellement bien à ce moment-là que je ne pouvais rien faire. »

Il y a eu un moment émouvant lors de la conférence d’après-match de Pella quand il s’est entretenu en espagnol avec des journalistes argentins et qu’il a dit : « C’est la première fois que je me sens si important. »

Photo par : Mauricio Paiz

Raonic tentera maintenant de rebondir pour la saison nord-américaine sur surface dure. Il mentionnait que son premier tournoi serait probablement l’épreuve de Washington, D.C., à compter du 27 juillet. Ensuite, ce sera la Coupe Rogers à Montréal et le Masters 1000 de Cincinnati.

Il semble que son classement ATP devrait passer du 17e au 21e rang, soit deux de mieux que le 23e d’Auger-Aliassime.

Photo PAR : Mauricio Paiz

DRAXL AU DEUXIÈME TOUR

Photo par : Mauricio Paiz

Liam Draxl, de Newmarket, en Ontario, a atteint le deuxième tour du simple chez les garçons grâce à une victoire de 6-3 et 6-3 aux dépens du Britannique Jack Pinnington Jones, lundi.

Draxl, 12e tête de série, a remporté la première manche, puis a brisé son rival pour faire 3-2 en produisant un magnifique coup droit gagnant en pleine course. « J’ai pratiqué ce coup », confiait le jeune joueur de 17 ans. « Surtout pour le gazon. » Pinnington Jones, 16 ans, était un peu inégal, mais réussi à produire des séquences de coups gagnants. « C’est un joueur dangereux », mentionnait Draxl. « Il frappe la balle à plat, ce qui est bon sur le gazon. »

Même s’il ne dispute que son premier tournoi sur l’herbe, Draxl se sent à l’aise. « J’aime vraiment jouer sur le gazon. C’est la première fois, mais je pense que cette surface convient à mon jeu. »

Au deuxième tour, il sera opposé au Tchèque Dalibor Svrcina, qui est âgé de 16 ans.

DABROWSKI EN QUART DE FINALE

Photo par : Mauricio Paiz

Gabriela Dabrowski et sa partenaire chinoise Xu Yifan ont atteint les quarts de finale du double de Wimbledon après avoir signé un gain de 7-5 et 6-3 face aux Chinoises Duan Yingying et Zheng Saisai.

Les quatrièmes têtes de série croiseront maintenant le fer avec les Américaines Danielle Collins et Bethanie Mattek-Sands qui ont profité du forfait des dixièmes têtes d’affiche Ashleigh Barty et Victoria Azarenka.

Le match de deuxième tour du double mixte de Dabrowski et du Croate Mate Pavic contre Mattek-Sands et le Britannique Jamie Murray a été suspendu en raison de la noirceur, Dabrowski et Pavic menaient 4-3 à la troisième manche.

CHAPEAU À FÉLIX

Photo par : Mauricio Paiz

Félix Auger-Aliassime s’est montré très sévère envers lui-même après sa défaite de 6-4, 7-5 et 6-3 aux mains du Français Ugo Humbert, au troisième tour, vendredi.

« J’ai craqué sous la pression… C’en est même arrivé à un point où c’était gênant », confiait-il. « C’était difficile. Je pense qu’il a fait ce qu’il avait à faire. Il était solide. De mon côté, c’était plutôt embarrassant. »

Pour mettre les choses en perspectives, Auger-Aliassime était âgé de 17 ans et occupait le 152e rang mondial il y a un an. Il a maintenant 18 ans et est le 21e mondial. Il y a un an, certains observateurs, dont moi, pensaient qu’il avait commis une erreur en disputant des Challengers sur terre battue en France et en Allemagne, ratant ainsi l’occasion d’acquérir de l’expérience sur le gazon.

Eh bien, ces gens se trompaient, car il a accumulé de précieux points de classement sur l’argile et n’a pas ralenti le rythme quand il a fait la transition sur le gazon à Stuttgart (finale), au Queen’s Club (demi-finale) et à Wimbledon (troisième tour).

Bien que sa défaite contre Humbert, 66e, a été un peu décevante, voici un résumé important. Il y a un an, dans les cinq semaines qui ont suivi Roland-Garros, il a accumulé 167 points ATP en disputant des Challengers. Au cours de la même période cette année, il a amassé 420 points ATP. Il ne fait aucun doute que c’est un progrès.

CARTE POSTALE DE WIMBLEDON

Si vous regardez de près la colonne de brique à gauche de l’entrée de cette imposante résidence de l’avenue Parkside, en face de Wimbledon Common, vous verrez une petite plaque métallique. Voici ce qui est écrit dessus :

(Photos de l’article : Mauricio Paiz)