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40 ans de tennis à Montréal où l’histoire d’un scoop

03 Août 2019
written by: Mario Brisebois
written by: Mario Brisebois

Un matin d’avril 1980, le téléphone sonne et une personne très, très fiable m’informe : « Mario, j’ai une nouvelle. De fait, j’en ai deux. Il va y avoir un grand tournoi de tennis à Montréal dès cet été au Stade Jarry qu’on va faire revivre à la suite d’une entente avec le maire Drapeau et la ville. Tu peux publier l’information tout de suite ; l’annonce ne devra pas tarder. »

Présent à Montréal ces jours-ci dans le cadre du 40e anniversaire de la Coupe Rogers, John Beddington revit quelques étapes importantes de ce tournoi devenu un méga succès ovationné autant ici que sur l’ensemble de la planète tennis.

« J’étais ici à la même période en 1979 », rappelle John en marchant sur le site du Stade IGA.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il était en mission commandée.

« S’il y a du tennis à Montréal, c’est grâce à Paul Paré, alors président d’Impérial. Tennis Canada était à la recherche d’un commanditaire principal pour les Internationaux (qui se déroulaient exclusivement à Toronto) et il avait imposé comme première condition que Montréal obtienne aussi la présentation de son grand tournoi international si on désirait vraiment que l’entreprise participe », explique John, qui a créé l’alternance WTA-ATP entre les deux villes, un concept encore unique.

COURAGE ET FOI 

Alors que les Expos avaient déménagé au Stade olympique après les Jeux de 1976, il est facile de deviner l’état abandonné des lieux. Disons que la place avait un urgent besoin d’amour.

« Nous marchions dans le foin et la friche jusque-là », se rappelle-t-il en riant et en pointant sa ceinture. En passant, le Britannique d’Oxford fait près de six pieds.

Disons qu’il fallait du courage pour croire que l’on pouvait y organiser un tournoi de tennis à si brève échéance. La vision a prévalu.

Photo : Patrice Bériault

Dans une course sans répit contre la montre, quatre courts, dont un central avec l’ajout d’estrades amovibles, ont été aménagés. On a sorti des barils de peinture pour rafraîchir les bureaux et les vestiaires de Coco Laboy, Mark Jones, Rusty Staub, John «Bocabeeeeeeellllllllla » et notre Claude Raymond.

Une armée d’exterminateurs avait été mise à contribution pour chasser les visiteurs (marmottes et autres bibittes) indésirables.

Trois mois plus tard, il y avait bel et bien eu un tournoi à la mi-juillet avec Martina Navratilova en vedette.

« Nous avions accueilli 8 000 spectateurs. Nous n’avions pas le choix de meilleures dates peu après Wimbledon et les vacances de la construction », révèle-t-il pour montrer à quel point le tennis est parti de loin.

À la détermination, la foi s’avérait une autre valeur nécessaire.

On connaît la suite. Montréal devrait d’ailleurs éclipser un autre record mondial d’assistance pour un rendez-vous d’une semaine avec plus de 200 000 personnes.

UN RÊVE DEVIENT RÉALITÉ… ET HOMMAGE AU SAVOIR-FAIRE D’ICI 

Après avoir fonctionné dans des installations de baseball, le tennis à Montréal a enfin eu des installations adéquates à compter de 1996.

« On avait un rêve et voilà qu’on a maintenant un stade ! », avait alors déclaré John Beddington lors de l’inauguration.

Bien qu’il soit retourné vivre à Londres, celui qui a longtemps œuvré auprès des Jimmy Connors, Chris Evert, Evonne Goolagong, Martina et autres étoiles de cette époque à titre de vice-président des sports de raquette chez le géant IMG garde une affection particulière pour Montréal.

« Au cours de ma carrière, j’ai dû participer à l’organisation de plus de 150 tournois. Mon préféré d’entre tous reste… celui de Montréal », admet-il.

On est vendredi soir. En direction vers la rencontre que Tennis Canada a eu la bonne idée d’organiser pour réunir tous les artisans depuis quatre décennies, John observe le développement sans cesse constant du Stade IGA.

« Fantastique » et « formidable » sont des compliments qui reviennent souvent durant la promenade.

« Une autre grande fierté, c’est que des gens d’ici comme Richard (Legendre), à qui j’ai laissé ma place et avant qu’il fasse de même avec Eugène, ont accompli plein de choses formidables », de conclure John Beddington.

Permettez-moi de remercier de nouveau mon informateur. Ses initiales sont L.B et il va se reconnaître.

« A STAR IS BORN! »

Tel est le titre de la photo de Félix Auger-Aliassime qui fait la une du journal pancanadien The Globe and Mail dans sa parution de la fin de semaine.

Une autre preuve que le tennis au Québec va très bien, Leylah Annie Fernandez a aussi droit à sa page complète de reportage dans le Globe avant sa première expérience au tableau principal de la Coupe Rogers à seulement 16 ans et demi, faut-il rappeler au sujet de son talent précoce.

À LA TÉLÉ…

Puisque le tennis passe aussi beaucoup par nos salons, mentionnons que la Coupe Rogers sera diffusée à TVA Sports. Comme Valérie Tétreault est bien occupée dans ses fonctions de directrice des communications de Tennis Canada, elle passera le micro à Marie-Ève Pelletier à Montréal et à Séverine Tamborero pour les femmes à Toronto, à TVA Sports 2.

Paul Rivard et Frédéric Lord sont à la description et Félix Séguin à l’animation.

Réjean Genois reste comme expert à la table de contrôle.

Les heures de retransmission durant la semaine sont 12 h, 18 h et 23 h pour les hommes ainsi que 11 h, 17 h et 23 h pour le volet féminin.

SHAPO COMPTAIT LES DODOS 

Deux ans après sa demi-finale qui avait fait vibrer la métropole, Denis Shapovalov n’a pas oublié son monde à Montréal.

« Mettez-en que j’avais hâte (de revenir). Juste me promener en ville m’inspire », a-t-il affirmé en interrompant ce qu’il faisait pour saluer le journaliste.

ALEXIS GALARNEAU AVAIT UN LOURD DÉFI 

Toute la bonne volonté n’a pas suffi à Alexis Galarneau, battu 6-2 et 6-4 samedi par Ricardas Berankis au premier tour des qualifications.

Il n’y a surtout pas de honte à avoir. Le Lavallois de 20 ans, encore étudiant à l’Université de la Caroline du Nord, occupe le 388e rang de l’ATP comparativement au 78e du Lituanien.

Les fervents de tennis, et plus particulièrement ceux de Drummondville, ont raison de penser que le nom de Berankis n’est pas si inconnu. Le vétéran de 29 ans a transité par Drummondville en mars pour y remporter le titre du simple du Challenger Banque Nationale.

SOUVENIR DU 40e EN COMPAGNIE DE MARTIN

« Mes parents habitaient pas très loin du Stade Jarry et je me souviens que nous étions venus à pied au tournoi de 1980. ».

– Martin Laurendeau