Bianca Andreescu (left) closes her eyes and meditates during a yoga session designed to help with stress and anxiety.

Photo : Pascal Ratthe

La santé mentale n’est pas quelque chose qu’on possède ou qui nous manque, mais un aspect universel de l’expérience humaine, selon Marie-Josée Bellemare, directrice du mieux-être à Tennis Canada. Une grande partie de la gestion en santé mentale consiste à reconnaître les symptômes de stress et d’anxiété. 

Bien que le stress, estime-t-elle, puisse avoir un effet positif déclenchant souvent une productivité et une concentration accrues, il peut également avoir des effets négatifs et générer de l’anxiété et des souffrances inutiles. L’apparition du stress est liée à un élément extérieur et disparaît lorsque la cause disparaît, mais l’anxiété, ajoute-t-elle, ressemble davantage à une réaction au stress qui provoque des pensées négatives en spirale. 

« Disons que je veux traverser la rue et que je vois une voiture arriver, explique Mme Bellemare. La réponse au stress me fait reculer, mais quand la voiture est passée, mon stress disparaît. Si je deviens plus anxieux, c’est que je pense trop : peut-être que les voitures sont dangereuses ou peut-être que je ne devrais plus traverser la rue. Vos pensées persistent même lorsque la menace a disparu. » 

Lorsque l’anxiété persiste, elle peut avoir un effet significatif sur votre santé globale. Vous pouvez ressentir une susceptibilité accrue, une patience réduite, une baisse de la concentration et des difficultés à dormir. Il se peut que vous vous sentiez fatigué, éprouviez des troubles digestifs et de la tension dans vos relations avec les autres. 

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Mme Bellemare, dont le rôle consiste à aider les athlètes, les entraîneurs, les parents et le personnel à mettre en œuvre des stratégies de bien-être et à leur trouver des ressources nécessaires en cas de besoin, reconnaît que le stress et l’anxiété sont des aspects inévitables de la vie. Une partie de la gestion de la santé mentale consiste à prendre conscience de ses pensées et de ses sentiments, à identifier les schémas de pensée douloureux et à travailler à les recadrer. 

« Un moyen de recadrer ses pensées est d’imaginer un meilleur ami ou quelqu’un qu’on aime vraiment vivre la même situation, explique Mme Bellemare. Que diriez-vous à cet ami ? Il est probable que vous lui enverriez des pensées positives et utiles. Cette méthode peut aider les gens à recadrer leurs pensées, même ceux qui ont tendance à être négatifs envers eux-mêmes. » 

Si le bien-être mental est négligé, des mécanismes d’adaptation négatifs, tels la suralimentation, le surentraînement, la procrastination, l’évitement et l’utilisation excessive des médias sociaux, peuvent apparaître. Plutôt que de se contenter de récompenses occasionnelles comme le massage, les stratégies efficaces consistent à intégrer des habitudes qui influencent positivement la vie quotidienne. Ces stratégies peuvent inclure de prévoir du temps pour socialiser avec des personnes qui vous font sentir bien, de prendre de brèves pauses tout au long de la journée pour vous étirer et être attentif, et de cultiver la conscience de bonnes habitudes de sommeil, d’alimentation et d’influences environnementales, dit-elle. 

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Si vous avez tenté de mettre en œuvre des stratégies, mais que les symptômes persistent et perturbent votre vie quotidienne, il est temps de demander l’aide d’un professionnel. Cela peut se manifester par des difficultés à maintenir des relations saines avec la famille, à se concentrer sur son travail ou à être ponctuel. 

Dans tout le pays, diverses organisations peuvent vous orienter vers des praticiens de la santé mentale agréés, répondant à la fois aux besoins liés au sport et à ceux de la population en général. De plus, de nombreux lieux de travail offrent des programmes d’aide aux employés. Cependant, le point de départ le plus accessible est souvent votre médecin de famille que vous connaissez déjà et qui peut vous référer à des ressources précieuses. Trouvez plus de ressources sur la santé mentale en cliquant sur ce lien. 

En fin de compte, Mme Bellemare explique qu’il s’agit de se rendre compte de la situation quand les choses sont hors de contrôle. Bien que nous ne puissions pas influencer les problèmes mondiaux actuels, nous pouvons gérer quand et de quelle façon nous interagissons aux eux. De même, nous ne pouvons pas dicter la météo, mais nous pouvons nous habiller en conséquence. Il est crucial de reconnaître les éléments déclencheurs du stress, qu’ils proviennent de situations nouvelles et imprévisibles comme la grossesse, ou de menaces à notre ego comme quand quelqu’un doute de nos capacités. 

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Se permettre de ressentir des sentiments et de mettre les facteurs de stress en perspective, c’est créer de la distance avec ses problèmes et les gérer plus facilement. 

« Refouler les émotions peut rendre plus difficile l’autocontrôle, explique Mme Bellemare. Lorsque notre corps nous parle avec des symptômes, il faut saisir l’occasion de l’écouter. » 

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