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Tebbutt: L’apprentissage sur le gazon

18 Juin 2019
written by: Tom Tebbutt
written by: Tom Tebbutt

On ne gagne pas Wimbledon à sa première présence — ça ne se passe pas comme ça.
Le gazon est la surface la moins commune sur le circuit professionnel et même les meilleurs joueurs doivent faire un apprentissage avant de goûter au succès.

Les trois joueurs qui ont connu le plus de succès sur l’herbe depuis l’avènement de « l’ère ouverte » en 1968 sont le Suédois Bjorn Borg (cinq couronnes), l’Américain Pete Sampras (sept couronnes) et le Suisse Roger Federer (huit couronnes).

Borg a participé au tournoi de Wimbledon trois fois avant sa percée en 1976. Et ce triomphe pourrait bien être le résultat de sa défaite fortuite à Roland-Garros quelques semaines plus tôt. L’année 1976 est la dernière où il n’y avait qu’une semaine entre Roland-Garros et Wimbledon — il y a eu deux semaines à partir de 1977, puis trois semaines à compter de 2015 — et le double champion en titre de Roland-Garros a été surpris en quart de finale, à Paris. Borg, qui était alors âgé de 20 ans, a donc eu près d’une semaine de plus pour se préparer pour le gazon de Wimbledon. L’histoire veut que lui et son entraîneur Lennart Bergelin aient travaillé sur le positionnement de ses pieds au service, une amélioration qui a joué un rôle clé dans le premier de ses cinq titres consécutifs au All England Club.

Sampras s’est illustré sur le ciment en remportant les Internationaux des États-Unis de 1990 à l’âge de 19 ans, mais a dû attendre jusqu’en 1993 pour triompher à Wimbledon à sa cinquième tentative — à un mois de son 22e anniversaire de naissance.

Mauricio Paiz

Un mois avant de célébrer ses 22 ans, Federer a finalement mis la main sur le trophée de Wimbledon en 2003 à sa cinquième participation — il avait été couronné champion junior en 1998.

Parmi les multiples détenteurs du titre de Wimbledon depuis 1968, seul Boris Becker, à 17 ans, a conquis les grands honneurs à sa deuxième présence, en 1985. À Roland-Garros, en revanche, il y en a eu deux qui ont remporté la Coupe des Mousquetaires à leur premier essai : le Suédois Mats Wilander, à 17 ans en 1982, et Rafael Nadal, à 19 ans en 2005. Le Brésilien Gustavo Kuerten, 20 ans, a triomphé à Paris à sa deuxième présence en 1997 après avoir été éliminé au premier tour l’année précédente. Voici d’autres détenteurs de plusieurs trophées de Wimbledon depuis 1968 et le nombre d’années, entre parenthèses, qu’ils ont pris part au tournoi avant de mettre la main sur la couronne : Rod Laver (4), John Newcombe (6), Jimmy Connors (2), John McEnroe (4), Stefan Edberg (4), Nadal (4) et Novak Djokovic (6).

Il y a des leçons à apprendre sur l’herbe – une confiance dans le fait de frappe rune balle basse et glissante sur un rebond parfois peu orthodoxe, ainsi qu’une compréhension de la tactique à adopter.

Les joueurs doivent composer avec l’incertitude du rebond. Il y a quelques années, un groupe de joueurs américains discutait du sujet avant Wimbledon et parlait de l’importance de continuer à jouer normalement, sans hésiter, et sans s’inquiéter de faire un ajustement de dernière minute à cause d’un mauvais rebond.

Andre Agassi, champion en 1992, allait parfois frapper sur le ciment pendant Wimbledon. Sa raison était qu’il voulait retrouver le rythme de ses coups de fond en jouant sur un terrain qui procurait des rebonds constants.

Une fois qu’un joueur se sent à l’aise et qu’il a le « feeling » du gazon, il devient de plus en plus évident — à l’exception des 12 titres de Nadal à Roland-Garros — que c’est la surface la plus facile à maîtriser, comme l’ont prouvé Borg, Sampras et Federer.


Historiquement, à l’inverse des hommes, les femmes n’ont pas excellé sur une surface plus qu’une autre, les meilleures étant capables de gagner sur toutes les surfaces. Nous en avons encore eu la confirmation cette année avec la victoire d’Ashleigh Barty sur la terre battue de Roland-Garros. Considérée comme étant meilleure sur le ciment et le gazon, elle a remporté Roland-Garros après avoir cumulé une fiche de 2-5 à ses participations précédentes à Paris.

Mauricio Paiz

Du côté des Canadiens, Milos Raonic a subi trois défaites au deuxième tour à Wimbledon — bien que la première en 2011 lorsqu’il a glissé et s’est blessé à la hanche droite ne compte pas vraiment — avant d’atteindre la demi-finale en 2014 et la finale deux ans plus tard.

Denis Shapovalov, 20 ans, participera à Wimbledon pour la troisième fois. En 2016, il était le champion junior, mais chez les pros, il a perdu au premier tour contre le Polonais Jerzy Janowicz en 2017, puis au deuxième tour contre le Français Benoît Paire l’an dernier.

La dernière fois que Félix Auger-Aliassime a pris part à Wimbledon était en 2016, alors qu’il était âgé de 15 ans. Il s’était incliné 5-7, 7-6(5) et 6-2 en quart de finale du volet junior contre Alex de Minaur (son partenaire de double cette semaine au Queen’s Club). En finale, l’Australien de 17 ans avait perdu 4-6, 6-1 et 6-3 contre Shapovalov. Un exemple du talent à cette édition du tournoi est que Shapovalov avait eu raison de Stefanos Tsitsipas 4-6, 7-6(5) et 6-2 au carré d’as.

Auger-Aliassime et Shapovalov possèdent tous les deux un style de jeu qui sied bien au gazon et ont le potentiel de remporter Wimbledon un jour. Maintenant que la base des terrains de gazon de Wimbledon est plus ferme, ce qui produit un plus haut rebond, les ajustements à apporter pour cette surface se font plus facilement. Toutefois, il faudra sûrement encore quelques années pour qu’Auger-Aliassime et Shapovalov maîtrisent parfaitement bien l’herbe et puissent soulever le trophée à la fin de la plus prestigieuse quinzaine du calendrier du tennis.

Mauricio Paiz

FÉLIX À STUTTGART

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La semaine dernière, Félix Auger-Aliassime a discuté son premier tournoi professionnel sur le gazon à Stuttgart et a atteint la finale avant de tomber aux mains de Matteo Berrettini. À ses trois premiers tours, il a indiqué la sortie à Ernests Gulbis, Gilles Simon et Dustin Brown (en effaçant une balle de match) et semblait à l’aise sur la surface gazonnée.

Sa défaite de 6-4 et 7-6(11) aux mains du 30e mondial Berrettini a été difficile à avaler. L’Italien de 6 pieds 5 était en parfait contrôle à la manche initiale, mais le deuxième acte a été chaudement disputé. Au jeu décisif, Auger-Aliassime a semblé produire un ace sur une balle de manche alors qu’il menait 6-5, mais la reprise a montré que sa balle était à l’extérieur par quelques millimètres.

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À 7-6 – une troisième balle de manche –, Auger-Aliassime frappé profondément en fond de terrain, plaçant son adversaire en difficulté. La balle a été appelée à l’extérieur, mais l’arbitre Carlos Bernardes a jugé qu’elle était bonne et le point a été rejoué. Berrettini a alors réalisé un service gagnant et la deuxième chance d’Auger-Aliassime s’est envolée en fumée.

Après cinq balles de manche contre lui, Berrettini a finalement remporté le jeu décisif à sa troisième balle de match sur une erreur du Canada au revers.

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Auger-Aliassime était évidemment déçu, d’autant plus que c’était sa deuxième chance en trois semaines (Benoît Paire en finale à Lyon le 25 mai) de mettre la main sur son premier titre de l’ATP Tour. Néanmoins, il mérite des félicitations pour la façon dont il a géré ces deux moments difficiles dans le jeu décisif contre Berrettini. Il n’a pas baissé la tête et ne s’est pas plaint, il a simplement disputé le jeu décisif avec un professionnalisme qui dépasse largement ses 18 ans.

« Il y a quatre ans, j’ai obtenu mon premier point ATP », plaisantait Berrettini, 23 ans, à propos de son adversaire précoce. « Il se débrouille incroyablement bien et il est dans le Top 20. C’est sûr qu’il va revenir et gagner des titres plus importants. »
Auger-Aliassime défendait 90 points obtenus il y a un an lors de sa victoire au Challenger de Lyon, en France. Les 150 points qu’il a accumulés en tant que finaliste à Stuttgart ont servi à consolider son 21e rang actuel.

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Dans la finale du double de Stuttgart, Denis Shapovalov et son partenaire indien Rohan Bopanna ont subi un revers de 7-5 et 6-3 aux mains des favoris John Peers, d’Australie, et Bruno Soares, du Brésil.
Cela a permis à Shapovalov de disputer plus de matchs après sa défaite de 7-5 et 6-4 aux dépens de l’Allemand Jan-Lennard Struff au premier tour du simple.

Cette semaine, au tournoi du Circuit 500 de l’ATP Tour au Queen’s Club, à Londres, Shapovalov aura comme premier adversaire Juan Martin del Potro, troisième tête de série de l’épreuve. Ce sera leur troisième duel — Shapovalov ayant battu l’Argentin au deuxième tour de la Coupe Rogers de Montréal il y a deux ans alors que del Potro a eu raison du Canadien à Auckland, en Nouvelle-Zélande, au début de 2018.

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Quant à Auger-Aliassime — ci-dessus sa sœur Malika, le physio Nicolas Perrotte et l’entraîneur Fred Fontang —, il se mesurera à Grigor Dimitrov, champion au Queen’s Club en 2014, mais qui en arrache cette année, en partie à cause d’une blessure à l’épaule. Le Bulgare de 28 ans occupe actuellement le 45e échelon mondial.

Milos Raonic, qui a déclaré forfait pour sa demi-finale face à Auger-Aliassime à Stuttgart samedi en raison d’une blessure au bas du dos, est la sixième tête d’affiche au Queen’s Club et affrontera Marco Cecchinato. Raonic possède une fiche parfaite de trois victoires contre l’Italien, 40e meilleure raquette du circuit — ses trois gains ont été obtenus sur la terre battue.

Du côté féminin, la numéro un canadienne Bianca Andreescu s’est retirée de l’épreuve d’Eastbourne de la semaine prochaine. Il semble donc peu probable qu’elle participe à Wimbledon la semaine suivante. Elle est revenue au jeu pour Roland-Garros après une absence de neuf semaines sans avoir pris part à un tournoi préparatoire et sa blessure à l’épaule droite est réapparue dès son premier match. Il est donc douteux qu’elle tente de disputer un tournoi aussi important sans préparation. Quant à Eugenie Bouchard, qui occupe maintenant le 78e rang, elle avait toujours prévu ne prendre part qu’au tournoi d’Eastbourne avant Wimbledon.

EUGENIE ET DRAKE

Photo: @Geniebouchard/Instagram

Bouchard s’est jointe à la Raptors-mania alors que l’équipe torontoise a remporté le championnat de la NBA. On la voit ici à un match au Scotiabank Arena la semaine dernière avec Drake.

LUCIE REMERCIE ROB

Photo : @lucie.safarova/Instagram

La Tchèque Lucie Safarova, qui, à 32 ans, s’est retirée du tennis professionnel après Roland-Garros, a connu une magnifique carrière au cours de laquelle elle s’est hissée au 5e rang du simple, a remporté sept trophées de simple, était finaliste de Roland-Garros en 2015 en plus d’occuper le sommet du classement du double et de récolter cinq couronnes de double en Grands Chelems.

Le Torontois Rob Steckley a entraîné Safarova pendant les années les plus prolifiques de sa carrière. C’était donc sympa de voir la publication suivante dans Instagram :

lucie.safarova

Devinez qui mérite une place spéciale dans mon histoire? @robsteckley… Il n’est pas seulement un entraîneur avec qui j’ai mes meilleurs souvenirs de tennis, mais il fait aussi partie de ma famille ! Il est un peu fou et la personne la plus drôle que j’ai rencontrée… nous avons eu d’innombrables rires ensemble sur le terrain et à l’extérieur des courts ! Il a un bon œil et beaucoup de connaissances et peut rendre amusants les exercices les plus difficiles ! Beaucoup de gens croient qu’un entraîneur devrait être sérieux, mais il prouve qu’un entraîneur peut être sérieux quand il le faut et aussi amusant et fou ! Nous avons parcouru beaucoup de chemin ensemble et cela n’a pas toujours été facile, mais nous avons réussi à surmonter tout cela et à atteindre nos objectifs avec un sourire aux lèvres ! Nous avions confiance l’un dans l’autre et nous pouvions toujours compter sur l’autre ! Ça, c’est #teamsafi !!