Cette semaine, à Québec, Félix Auger-Aliassime fera un retour au bercail à l’occasion de la rencontre du deuxième tour des qualifications de la Coupe Davis opposant le Canada à la France. Sa première participation à la Coupe Davis dans sa province natale se déroulera, comme il se doit, là où il a grandi et où il est tombé amoureux du tennis.
Avant de sauter sur le terrain du Centre Vidéotron, Auger-Aliassime a gracieusement accepté de nous parler de son enfance, de ses parties de tennis avec son père et de ce que représente pour lui cette occasion. Voici ce qu’il a souhaité confier aux partisans d’Équipe Canada, dans ses propres mots.
J’ai grandi dans un milieu paisible, sain et équilibré, où le monde me semblait être un endroit sûr. Je faisais du vélo dans mon quartier. J’allais à l’école, puis aux terrains de tennis et au parc avec mes amis. Tout était positif et j’avais l’impression que toutes les possibilités s’offraient à moi. Je ne garde que de très bons souvenirs de mon enfance.
Mon père était passionné de tennis bien avant ma naissance. Quand un père est non seulement capable de vous enseigner ce sport, mais aussi de transmettre sa passion à ses enfants, c’est quelque chose d’extraordinaire. Cela nous a permis d’être très proches, d’être animés par la même flamme et d’en parler très souvent. Oui, cela peut créer des tensions dans certaines familles, mais pour nous, c’était très sain. Nous avions pour règle de rentrer à la maison pour le souper sans parler de ce qui s’était passé sur le terrain. Cela nous a permis d’entretenir deux relations distinctes : l’une entre père et fils, et l’autre entre entraîneur et joueur. Il était très juste avec moi. Il me poussait à fond ; il essayait de m’inculquer la discipline et l’éthique du travail. Il voulait que je sois ambitieux et que je me fixe de grands objectifs. En même temps, il m’a toujours beaucoup soutenu et s’est montré très positif lorsque je faisais de bonnes choses. Tout allait de pair. À mesure que je progressais en tant que joueur, mon père développait également sa carrière d’entraîneur et son académie. Je lui en suis très reconnaissant, car son parcours au tennis a commencé bien avant que je ne frappe ma première balle.
Le tennis à Québec a connu un essor fulgurant au cours des 20 dernières années grâce à tous les excellents joueurs canadiens. Les gens s’y intéressent davantage, ils connaissent mieux ce sport, et de plus en plus d’enfants sautent sur les terrains. Aujourd’hui, tous les clubs de tennis, les académies et les camps d’été affichent complet.
J’allais souvent voir le tournoi de la WTA qui avait lieu autrefois à Québec, et ce sera formidable d’accueillir la Coupe Davis dans la vieille capitale. J’ai vraiment très hâte. J’ai toujours adoré participer à la Coupe Davis. Tous les joueurs de cette génération sont d’abord des amis avant d’être des collègues, avant d’être des adversaires sur le court. Créer des liens avec eux, jouer en équipe, essayer de gagner ensemble, c’est le meilleur sentiment qui soit. J’aime jouer pour quelque chose de plus grand que moi. Par le passé, cela m’a permis de donner le meilleur de moi-même, et j’espère qu’il en sera de même ce week-end. Tout va dépendre de ma capacité à gérer les moments de pression, à jouer à mon meilleur niveau quand il le faut et à être solide sous pression. Je suis motivé et je me trouve à un bon moment de ma vie et de ma carrière. J’ai l’impression d’avoir une vision claire de la façon dont je veux jouer et de la direction que je prends.
Si vous découvrez la Coupe Davis, préparez-vous à vivre une expérience inoubliable. Vous verrez le tennis sous un autre angle. Vous découvrirez la relation entre les joueurs et le capitaine, leur énergie. Des matchs garantis, des émotions garanties, et vous serez aux côtés des joueurs du premier au dernier point. Ce n’est pas comme regarder un tournoi quelconque. Nous jouons pour notre pays contre un autre. Vous pouvez crier et encourager les joueurs aussi bruyamment que vous le souhaitez dès le premier point. Je me souviens avoir assisté à une rencontre à Montréal, sur le Court Rogers, quand j’étais plus jeune, et c’était le meilleur moment de ma vie.
Alors, préparez-vous, amateurs de Québec ! Vous nous donnez l’avantage du terrain et nous avons hâte de puiser dans votre énergie.
À bientôt !
Allez, Canada !
Félix
Photos par : Mathieu Bélanger/Tennis Canada





