Le deuxième tour des qualifications de la Coupe Davis à Québec a été un retour aux sources pour Félix Auger-Aliassime à plus d’un titre.
Bien qu’il ait été choisi pour la première fois au sein de l’équipe canadienne de la Coupe Davis en 2018 et qu’il ait disputé son premier match pour son pays en 2019, Auger-Aliassime n’avait encore jamais défendu les couleurs de son pays à la maison dans le cadre de la Coupe Davis. Cette première sélection en 2018 concernait une rencontre à domicile à Toronto, mais le jeune joueur, alors âgé de 18 ans, n’avait pas eu l’occasion de sauter sur le terrain.
Son attente a pris fin cette semaine. Non seulement Auger-Aliassime a-t-il enfin pu disputer un match de la Coupe Davis au Canada pour la première fois, mais il a pu le faire dans la ville où il a grandi, à quelques minutes à peine du club où il jouait quand il était enfant.
« C’est très important, a commenté le numéro un canadien à propos du fait de pouvoir jouer à la maison. Oui, on va peut-être se rappeler du niveau joué, des hauts et des bas du match, mais je pense qu’on se rappelle le plus des émotions que l’on a vécues en équipe. Le public aussi. »
Et quel début ! Le cinquième mondial a remporté deux matchs, dont le simple décisif entre les numéros un samedi contre Arthur Rinderknech, devant un public en délire au Centre Vidéotron (plus de 22 000 supporters en deux jours), permettant ainsi au Canada de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe Davis grâce à une victoire de 3-1 contre la France.
Ces deux jours n’ont toutefois pas été de tout repos pour le joueur de 26 ans. Il a dû disputer trois manches lors de chacun de ses deux duels de simple et s’est retrouvé à trois points de la défaite, tirant de l’arrière 2-4 alors que Rinderknech servait au jeu décisif de la deuxième manche samedi. Il a également vu sa série de 13 victoires consécutives à la Coupe Davis (en simple et en double) prendre fin.
Mais tout cela n’a pas d’importance. Une victoire est une victoire, et les deux gains d’Auger-Aliassime ont contribué à cette belle victoire du Canada.
Et quand les choses se compliquent, les coéquipiers sur le banc peuvent faire toute la différence avec leurs encouragements.
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« Disputer un match de tennis, c’est un peu comme entrer dans l’arène : tu y vas avec tes tripes et tu essaies de trouver des solutions. C’est vrai qu’en équipe, il y a un capitaine, mais je garde la communication très limitée. Avec le reste de l’équipe, je vais chercher des encouragements. Il y a un esprit positif, ça peut aider à remonter le moral quand ça ne va pas bien. Je pense que le message est que, dans les moments difficiles, on a plus de ressources qu’on le pense, et on essaie de se faire confiance. »
L’assistance totale pour cette rencontre de deux jours s’est élevée à 22 340 spectateurs, un record pour une rencontre de la Coupe Davis disputée au Canada. Et l’énergie du public a joué un rôle déterminant dans la victoire de son pays.
« Nous étions 11 000 sur le court », s’est réjoui Auger-Aliassime lors de son interview sur le terrain.
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Il a développé cette idée lors de sa conférence de presse : « C’est l’énergie que tu veux dans un pays, dans une communauté. Tout le monde s’encourage à faire de belles choses et on encourage la réussite aussi. Puis là on assiste à une réussite du tennis au Canada depuis plusieurs années. Donc, je suis content que les gens viennent nous encourager dans ces moments-là. Puis j’ai vraiment senti une fierté tout au long de cette fin de semaine, que peu importe ce qui se passait sur le terrain, les gens étaient derrière nous. »
« Le public de Québec a été formidable. J’ai vraiment ressenti son énergie au moment où j’en avais besoin, a expliqué Duncan Chan, qui a fait ses débuts à la Coupe Davis samedi lors du match de double aux côtés d’Auger-Aliassime. Nous tirions de l’arrière dans certains jeux à la première manche et leur énergie nous a aidés à surmonter ces moments difficiles. Sans eux, ce match aurait été bien plus compliqué. »
Bien qu’il ait été la vedette du week-end, Auger-Aliassime a tenu à souligner que cette rencontre ne tournait pas autour de lui, ni même vraiment autour d’Équipe Canada. Elle concernait avant tout les partisans et le développement du sport au pays.
« L’objectif d’avoir la Coupe Davis à la maison, c’est aussi de faire rêver les plus jeunes et les moins jeunes, et de promouvoir le tennis, qui est un sport que j’adore depuis que je suis tout petit. Évidemment, tous mes coéquipiers, le capitaine, on est tous passionnés de tennis, mais on essaie de vibrer avec plusieurs autres personnes », a poursuivi Auger-Aliassime. J’espère que la signification sera qu’une rencontre comme celle-ci aura des retombées un peu plus grandes. Si cela peut inspirer un jeune à jouer au tennis, à aller à l’université grâce au tennis ou même à devenir professionnel dans son sport, ce serait magnifique que ça donne de l’espoir ou, en tout cas, que ça montre un exemple positif. »
Maintenant, cap sur Bologne, en Italie, en novembre. La composition de l’équipe canadienne pour les quarts de finale ne sera annoncée que peu avant la compétition, et rien ne garantit qu’Auger-Aliassime sera disponible. Il n’avait pas pu jouer pour le Canada lors de leur dernier déplacement en Italie en 2023 pour une semaine de Coupe Davis que les Canadiens avaient dominée même sans lui en remportant leurs trois rencontres du tournoi à la ronde.
Toutefois, la dernière fois que le numéro un canadien a participé à l’étape finale de la Coupe Davis, il a mené son pays vers le titre.
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Photo vedette : Pascal Ratthe



